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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 07:52

La Peine du MenuisierLa Peine du menuisier – Marie Le Gall

 

Roman gagné à la sueur de mon front chez dame Asphodèle.

 

La Peine du menuisier est un texte autobiographique dans lequel Marie Le Gall met en scène son double – Marie-Yvonne – de l'enfance à l'âge adulte.

Non désirée, elle naît malgré tout – malgré tous – dans la rudesse du Finistère nord des années 50, et dans la rudesse d'une famille enfermée dans les silences, les non-dits et peuplée de fantômes.

Née en 1955 de parents déjà âgés, elle a une sœur de 19 ans son aînée, Jeanne, malade mentale.

L'ambiance est lourde, c'est peu de le dire. La mort est partout : dans les photos de ceux dont on ne parle pas, dans les silences, jusque dans la proximité géographique du cimetière. Cette petite fille ne sait pas mais a l'intuition d'un drame ou d'un secret lié au passé.  

Son père, ouvrier à l'arsenal de Brest est un taiseux, un taciturne. L'aime-t-il ? Impossible à dire. Ce taciturne qu'elle n'appellera jamais autrement que le Menuisier ne lui parle jamais, ne la touche pas.

Finalement, pour comprendre son histoire, l'auteur devra comprendre l'histoire de ce père et de tous les morts de sa famille. 

Ce n'est que bien plus tard, après la mort de son père, qu'elle découvrira la vérité, en lisant le livret militaire du Menuisier. Alors qu'elle n'a jamais eu connaissance que de 9 enfants, il y est fait mention de 10 enfants. Qui est cet oncle dont personne n'a jamais parlé ?

Elle finira par comprendre pourquoi parler était impossible pour son père.

L'auteur décrit très bien la rudesse de la vie dans la France rurale des années 50. Il y a également de très belles descriptions de la Bretagne, de son climat. On sent son attachement à cette terre familiale.

Pourtant, j'ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire, si intime qu'elle met le lecteur légèrement à distance. J'ai souvent eu l'impression d'être voyeuse. J'ai regardé avec étonnement et souvent incompréhension cette petite fille tellement fascinée par la mort qu'elle va jusqu'à passer des heures à regarder des os dans un cimetière. Cette obsession morbide, celle du personnage et donc de l'auteur, m'a frustrée d'empathie pour les personnages.

Bizarrement, ce récit qui livre une intimité familiale à des étrangers (les lecteurs), semble dénué d'émotion. C'est sans doute dû au style, dans fioriture, presque clinique.

Il n'est reste pas moins qu'il s'agit là d'une très belle évocation de la figure paternelle, et que Marie Le Gall lui rend un bel hommage.

 


 

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Published by somaja.over-blog.com - dans Romans
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commentaires

claudialucia 16/05/2013 06:03

Elle doit avoir besoin de cette froideur pour tenir à distance une enfance aussi terrible!

somaja.over-blog.com 18/05/2013 23:13



Certainement ! Je ne pense pas le faire tout de suite, mais j'aimerais quand même voir ce qu'elle a écrit d'autre.



l'or des chambres, L'or rouge 15/05/2013 13:15

Pour moi aussi ça n'avait pas fonctionné du tout. Pourtant les livres traitants de ce sujet, l'enfance, les secrets, les non dits, me plaisent en général. Mais comme tu dis, l'écriture est froide,
clinique et je n'ai pas pu m'immerger. C'est dommage mais ça arrive :0) Et puis l'atmosphère est si lourde, si dramatique que ça m'a étouffé !! Je ne l'avais même pas fini il me semble.
Bisous Somaja, bonne journée

somaja.over-blog.com 18/05/2013 23:12



Je pense qu'elle a écrit ce livre pour elle et que cette mise à distance lui était nécessaire mais du coup elle met quand même aussi le lecteur à distance. Malgré tout je suis allée au bout,
comme fascinée par toute cette noirceur. Bises et bon week-end



Mind The Gap 15/05/2013 12:13

Ben moi je veux du lourd je lis Philippe Claudel, c'est noir de chez noir...je dois être un grand malade...

somaja.over-blog.com 18/05/2013 23:08



C'est toi qui le dis !



Syl. 14/05/2013 18:50

Je n'aime pas les romans autobiographiques. De plus en ce moment je veux du léger...
Bisou

somaja.over-blog.com 15/05/2013 09:46



Moi aussi je veux du léger !!! Ce roman, je l'ai lu il y a quelque temps déjà et le billet traînait...traînait... Bises



Asphodèlepas top ce 14/05/2013 11:24

Je ne me rappelais même plus que je t'avais offert ce roman !!! Visiblement tu as souffert, ma pôvre... Je n'ai pas trop envie de lire ça en ce moment du coup...
Bises^^

somaja.over-blog.com 15/05/2013 09:45



Non, je n'ai pas souffert ! C'était une découverte intéressante mais je n'ai pas réussi à être en empathie avec les personnages. Visiblement un roman nécessaire pour l'auteur.


Par contre l'évocation de la Bretagne des années 50 m'a beaucoup plu, et m'a bien sûr fait penser à notre Korrigane...en moins rigolo !



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