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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 07:36

 

 

Les lieux infidèlesLes Lieux infidèles – Tana French Coup de coeur

 

 

 

1983. Dublin. Franck Mackey a 19 ans et il est amoureux. Avec Rosie ils décident de s'enfuir pour Londres où la vie sera sûrement meilleure. Ils ont tout prévu en cachette, leurs pères ne pouvant se supporter, ne les autorisent pas à se fréquenter. La nuit de leur départ, Franck attend dans une maison abandonnée où ils avaient rendez-vous, mais Rosie ne viendra jamais. Déçu, Franck, part quand même, seul, il quitte ce quartier pourri et cette famille de dingues qu'il ne supporte plus. Il n'ira toutefois pas jusqu'en Angleterre.

 

Vingt-deux ans plus tard, Franck, toujours à Dublin, il est devenu flic chez les infiltrés. Divorcé, père d'une fillette de 9 ans, il n'a gardé de lien avec son ancienne vie qu'à travers sa plus jeune sœur. Cette dernière l'appelle un jour, affolée. Lors de travaux dans une ancienne maison abandonnée, on a retrouvé la valise de Rosie.

C'est alors qu'il doit replonger dans son passé, revoir sa famille, et que les anciennes blessures se rouvrent, car il n'a jamais pu oublier Rosie, son premier amour.

 

Le récit à la première personne nous met directement en empathie avec Franck, qui se réfugie derrière son rôle de flic pour ne pas se laisser envahir par la haine ou l'amour (?) pour ce quartier, sa famille et son ancienne vie.

 

On retrouve avec lui le quartier pauvre de son enfance, si proche pourtant de l'université et des quartiers plus favorisées – c'est si petit Dublin ! Un quartier où on vit les uns sur les autres, où les femmes passent leur temps à épier les voisins, où le seul avenir possible est un emploi à la brasserie Guiness, cette Guiness que les pères passent leur temps à boire … Les cris, les bagarres, le chômage, l'alcoolisme, les violences conjugales ou le tabassage des enfants quasi quotidiens, les filles qui rêvent de se marier et d'avoir un chez soi et finissent par tomber enceinte et se retrouvent seules à élever des gamins qui reproduiront le même schéma. Une religion et des traditions plus fortes que tout.

C'est ça que Franck a fui et qu'il doit à nouveau côtoyer parce que la découverte de la valise de Rosie l'y ramène. Cette enquête, on ne lui donne pas, il est trop impliqué. Mais un peu border-line, il la suit en parallèle et s'approche tout doucement de la vérité difficile à encaisser, car elle le touche de près.

 

Cette enquête on la suit aussi, sans décrocher un instant. Mais le plus intéressant dans ce thriller psychologique, c'est la personnalité de Franck, son cheminement dans cette histoire, la façon dont il renoue quelques liens avec ses frères et sœurs et ses relations si difficiles avec sa mère, son rapport avec son passé et les lieux de son enfance. 

Le va-et-vient entre l'enquête criminelle et le passé de Franck et de sa famille permet petit à petit d'amener à la compréhension de la disparition de Rosie.

 

J'ai assez rapidement eu l'intuition de l'identité du coupable, mais ce n'est pas là le plus important, et cela n'a en rien gâché ma lecture et le plaisir que j'ai eu à lire ce roman.

 

Tana French pose la question de la famille et de ce lien qui , quoi qu'on fasse, ne se rompt pas, mais aussi de la difficulté de construire sa propre vie quand on a voulu tirer un trait sur ses origines, sa famille, son éducation.

Elle dresse là un portrait terrible - sans jamais sombrer dans la misérabilisme - mais attachant de l'Irlande et des Irlandais. Elle a le sens du dialogue et sait avec justesse camper un personnage, lui donner corps, et les moments de réunion familiale, même s'ils sont souvent durs, sont très touchants.


J'ai donc vraiment aimé ce roman bien construit, très humain, et qui nous laisse le temps de rencontrer les personnages, de les écouter, et d'écouter le malaise de ce pays et de ses habitants.

 

J'aurai malgré tout une petite critique, qui n'a rien à voir avec la qualité de l'histoire ou de l'écriture d'origine.

Encore une fois, des erreurs de traduction, et plus souvent des coquilles (mots en double, mots qui manquent, confusion dans les prénoms des personnages...) m'ont parfois arrêtée dans le plaisir de la lecture.

Mesdames et messieurs les éditeurs, de grâce, embauchez de vrais lecteurs-correcteurs !!!

   

Grand merci à Sharon qui a fait voyager ce roman et m'a fait découvrir une auteure que je vais sans nul doute suivre.

 

 

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commentaires

Asphodèle 26/05/2011 10:11


Naan !! Pas vraiment, mais tant que je suis encore là, on va dire que ça va !!^^


Asphodèle 25/05/2011 10:09


C'est bien ça le problème !! C'est qu'en général ce qui te plaît m'enchante !! Oïe Oïe !! Et à propos de temmps, je suis à bout de souffle !! Je vais demander du rab d'oxygène...si ça continue !!
;)


somaja.over-blog.com 26/05/2011 09:08



Allez ! on se pause ! on inspire, on expire... on inspire, on expire... on inspire, on expire.....


ça va mieux ?



Asphodèle 23/05/2011 21:59


Il me semble, il me semble seulement avoir déjà lu une critique de ce livre et là tu viens de m'achever !! En plus, je viens de vérifier il n'était pas noté dans mon carnet, arrgh, je ne viens plus
chez toi !!^^


somaja.over-blog.com 24/05/2011 13:00



Si, si, continue à venir !!! C'est quand même pas ma faute si je repère du bon sur les blogs ! Je promets de trouver des nanars qui ne t'intéresseront pas... Et en ce moment je ne trouve plus ni le temps de lire ni d'écrire les billets, alors tu vas pouvoir souffler un peu.



 



Ys 22/05/2011 21:49


Je n'ai jamais lu cette auteur mais tu me donnes vraiment très envie, d'autant plus que je suis dans une période polars.


somaja.over-blog.com 24/05/2011 12:55



C'est une auteur à suivre je pense. J'en ai un autre d'elle dans ma pile, mais pas pour tout de suite. J'espère que tu vas nous trouver des pépites en polar.



bladelor 22/05/2011 16:32


Embauchez de vrais lecteurs-correcteurs ou payez-les correctement ou donnez-leur le temps nécessaire de faire leur boulot correctement, je ne crois pas qu'il faille forcément remettre en cause la
compétence des correcteurs, mais surtout leurs conditions de travail... Idem pour les traducteurs.


somaja.over-blog.com 22/05/2011 20:14



On est bien d'accord ! Quand je parle de "vrais" correcteurs, je veux dire que des logiciels ne remplaceront jamais la lecture intelligente de professionnels.Et tu as raison, à force de vouloir
aller vite et être soi-disant rentable, on frustre tout le monde : le correcteur ou traducteur et le lecteur. S'il faut vraiment aller plus vite, il faut embaucher plus de monde, mais là je
rêve...



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