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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 14:45

C'est avec beaucoup d'émotion  que j'ai lâché (un peu) la main de Syl. pour me lancer, toute seule, comme une grande dans la grande blogosphère... Et je vous livre donc mon premier billet indépendant. J'avais lu tous mes cadeaux de Noël jeunesse (oui, je ne peux pas m'empêcher de lire ce que j'offre à tous ces chers petits et grands bambins). J'ai attaqué mes cadeaux d'anniversaire jeunesse (comment ça vous trouvez que je manque d'imagination en ce qui concerne les cadeaux ? il faut bien que ces jeunes se constituent des PAL aussi, non ?)

 

 

La Maison du scorpionLa Maison du scorpion -  Nancy Farmer


Matteo a six ans et vit avec Célia, cuisinière, qu’il appelle parfois maman, même si elle lui rappelle à chaque fois quelle n’est pas sa mère. Matteo reste seul, enfermé dans la petite maison de Célia, loin de tout, lorsque cette dernière part travailler. Il n’a jamais rencontré personne d’autre.


Un jour pourtant, des enfants en promenade le voient à travers les fenêtres, et pour les rejoindre il brise une fenêtre et se blesse. Les enfants le transportent dans une grande maison où on commence à le soigner jusqu’à ce qu’on comprenne qui il est et qu’on le jette dehors comme un animal. C’est qu’il est un clone, le clone de l’homme le plus puissant du monde :  Matteo Alacran, el Patron, ou encore le Scorpion,  cent  quarante ans.  Ce vieillard est à la tête d’Opium, pays qu’il a créé entre le Mexique et les Etats-Unis au XXIème siècle et qui vit de la culture intensive et légale du pavot. El Patron, comme d’autres trafiquants vieillissants dans ce pays,  n’a pas l’intention de mourir, et c’est là que les clones interviennent. Ils sont des réservoirs d’organes sains, décérébrés à la naissance.  Mais ce n’est pas le cas du jeune Matt car El Patron, orgueilleux, a exigé que son clone grandisse avec son cerveau et il décide aussi qu’il sera éduqué (point faible d’El Patron, cet orgueil va permettre à Matt de penser…). Il s’attache à lui, ce qui vaut à Matt la haine des héritiers et des habitants de la Grande Maison. Durant toute sa vie au sein de cette famille, il ne connaîtra que l’affection de  Célia, de Tam Lin son garde du corps et de la petite Maria.


On suit Matt de son enfance à son adolescence, dans sa fascination d’El Patron tout d’abord, puis dans quête de reconnaissance, dans sa douloureuse prise de conscience de sa nature de clone et l’impossibilité d’être considéré comme un être humain. On découvre en même temps que lui Opium où l’humain a moins de valeur que le pavot et l’argent (dans l’espoir d’une vie meilleure, les populations qui ont traversé le pays pour rejoindre les Etats-Unis ou le Mexique ont été arrêtées par la police d’Opium et réduites à l’état de machines dociles et infatigables grâce à un implant dans le cerveau). On assiste à sa prise de conscience de sa  condition de fournisseur d’organes et à sa fuite du pays. Mais sa fuite le mène dans un autre pays totalitaire où l’individu n’a pas de statut  et où les enfants sont exploités, tels des esclaves, dans des usines.

Après bien des péripéties, il finira par revenir à Opium. Je vous laisse découvrir la suite du destin de Matt (je sais, c'est frustrant, mais c'est comme ça !).


Ces quelque quatre cent pages d’un récit haletant proposent à la fois aventures et réflexion – sur les dérives du clonage bien sûr, mais aussi  sur ce qui fait qu’on est humain ou non, sur la différence, la perversion par l’argent,  l’utilisation de l’autre (des thèmes finalement assez contemporains). Mais l’amitié, le courage, l’amour, l’envie de justice sont autant de qualités humaines sont loin d’être oubliés.

Si les découvertes faites par Matt peuvent être dérangeantes (le sort réservé aux clones, la souffrance des clones décérébrés, le sort fait aux ouvriers réduits à l’état de machines ou celui des enfants esclaves), jamais le mot « sordide » ne m’est venu à l’esprit durant la lecture. Il y a de l’espoir dans cette histoire et un message essentiel : quand on a un cerveau, on pense ! Le fait de penser, complété par l’éducation, permet des choix personnels, et pouvoir choisir veut dire être libre. Matt, même si par admiration pour El Patron, a voulu un temps lui ressembler aussi dans ses actes, a su faire le choix – grâce aussi au soutien et à l’affection de quelques-uns – de ne pas être l’exacte réplique d’un tyran. Il a pu faire son propre chemin et décider de ce qu’il allait devenir, sans que son origine soit une entrave.


Vous l’aurez compris, j’ai aimé ce roman d’aventures prenant, militant, et bien écrit.

Ne vous laissez pas rebuter par la dureté des thèmes abordés. S’il y a effectivement beaucoup de noirceur et de la violence, rien de cela n’est gratuit, et c’est contrebalancé par beaucoup de scènes tendres et de l’espoir. Les ados auxquels je l’ai proposé (de 14 à  17 ans) ont été un peu déroutés au début mais ils se sont laissés prendre par les aventures de Matt.


Comme une lecture me fait toujours penser à une autre, ce roman dont le personnage central est un clone, m’a bien sûr ramenée vers mon cher Ishiguro, et je me suis replongée avec d’autant plus de délectation dans Auprès de moi toujours que j’ai appris récemment qu’une adaptation ciné allait sortir cette année. Déception à venir ou ravissement ? A suivre…

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Published by somaja.over-blog.com - dans Romans dits jeunesse
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Ys 09/02/2011 21:28


Il y a bien longtemps que je n'ai plus entre 14 et 17 ans et pourtant, j'ai trouvé ce livre vraiment très bien, ambiance, construction, façon d'aborder le thème : quasi parfait !


somaja.over-blog.com 09/02/2011 22:06



Il n'y a pas d'âge pour apprécier les bons romans. Je découvre et aime de plus en plus les romans dits "jeunesse", et en plus j'ai la chance d'avoir une libraire absolument géniale qui me fait
découvrir de belles choses. Et puis ça nous fait rester jeune, non ?



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