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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 07:37

 

Suite-francaise.jpgSuite française - Irène Némirovsky

 

Quatrième de couverture

Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard… Peu à peu l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent…


Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque Français pendant l'Occupation, enrichi de notes et de la correspondance d'Irène Némirovsky, Suite française ressuscite d'une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire.

    -------

J’ai acheté ce roman dès sa sortie en 2004 (son auteure venait d'obtenir le prix Renaudot à titre posthume). En effet, la médiatisation autour de la publication d’un texte écrit en 1940 au moment même où les événements se déroulaient, les circonstances de cette publication et le destin tragique de son auteure (déportée et assassinée à Auschwitz en 1942), m’avaient poussée à m’intéresser à Irène Némirovsky et à cette œuvre en particulier.

J’ai essayé par deux fois de le lire, en vain. L’occasion d’une lecture commune avec Syl. m’a fait penser que cette fois serait la bonne et que comme tout le monde, j’allais être bouleversée par le sujet, et par la plume.

Et voilà, je suis allée presque au bout de cette lecture mais franchement, si ça n’avait pas été pour une LC, j’aurais abandonné une troisième et dernière fois ce roman.  

Il est des rencontres qui ne se feront jamais…


Suite française est construit en deux parties, Tempête en juin qui met en scène différents types de Français lors de l’exode en 1940, et Dolce, qui met en avant le comportement des Français durant l’Occupation.

Tempête en juin : L’armée française est en déroute, la population cherche à fuir l’arrivée des Allemands. Pour certains il faut partir coûte que coûte, pour d’autres il n’y a pas nécessité de tout quitter. On croise toute une galerie de portraits, dont les Péricand, famille bourgeoise, conservatrice, catholique et pas vraiment attachée aux valeurs républicaines. Sûre d’exercer une charité chrétienne à toute épreuve et de faire œuvre de bonté, la mère est constamment condescendante avec ses domestiques. Elle est toute dévotion, tout sacrifice pour son beau-père infirme dont elle s’occupe elle-même car elle est persuadée que « …les vieillards infirment souffrent d’être touchés par les mains des domestiques ».

 Ces domestiques qui ne sont pour elle que des enfants ignares, c’est pourquoi elle leur permet exceptionnellement d’écouter la radio sur le pas de la porte du salon lors de l’annonce de la défaite française. Ou des enfants ingrats. A peine un petit remerciement d’une bonne qu’elle réveille pour lui apporter un remède en pleine nuit parce qu’elle ne pouvait pas le faire avant d’aller au théâtre.

Autre personnage détestable, Gabriel Corte, écrivain riche et capricieux. Egoïste, il ne supporte pas de côtoyer la populace qui le dégoûte. 

La plupart des personnages montrent l’aspect le moins reluisant de l’ être humain. Bassesse, compromission,  lâcheté…un bien triste portrait d’une population qui refuse d’admettre qu’elle n’est plus la meilleure du monde. Seul un couple échappe à cette description peu flatteuse, les Michaud, des gens simples et inquiets pour leur fils qui est au front.

 Même s'il s'agit d'un roman et donc de personnages fictifs, on a bien conscience qu’ils existent ces Péricant et ces Corte, et qu’à cette époque il semblait y avoir bien peu de Michaud.

Et c’est sans doute là que ça m’a posé problème : à aucun moment je n’ai cru à ces personnages. A aucun moment je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, même les Michaud. J’ai eu constamment l’impression d’avoir des caricatures sous les yeux.

Tout le monde s’accorde à dire que ce roman est un chef-d’œuvre, mais je n’arrive vraiment pas à trouver le souffle épique qui traverse ce récit.

J’ai été beaucoup plus intéressée et émue par les notes et les courriers du mari de l'auteure tentant désespérément de savoir où elle est après son arrestation, et comment la faire libérer.

De Dolce je ne dirai rien, je n’ai fait que survoler cette partie, sans que mes yeux ou mon cerveau n’accroche sur quoi que ce soit.

Déception donc, j’aurais tellement voulu aimer.

 

L'avis de Syl. ici

 



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Published by somaja.over-blog.com - dans Romans
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commentaires

Syl. 29/09/2011 08:49


Alors toi aussi, tu as eu cette distance ? Je croyais qu'elle venait de moi. C'est peut-être parce que l'auteur se positionne en tant que rapporteur et qu'elle n'a pas eu le temps de mettre du
sentiment dans ses écrits.


somaja.over-blog.com 30/09/2011 08:28



Peut-être. Il faudrait voir avec ses autres romans, aboutis.



Syl. 29/09/2011 08:23


Waouh ! Un superbe billet ! Je suis bien contente de l'avoir lu avec toi. Moi aussi, je ne l'aurais jamais ouvert ! Il y a des thèmes que je n'aime pas lire.
Bisous


somaja.over-blog.com 29/09/2011 08:38



Merci. Personnellement le thème ne me rebute pas, mais franchement je ne suis pas rentrée dans cette écriture. Trop de distance avec les personnages. J'ai besoin d'empathie moi madame ! 
Heureusement il y a d'autres belles choses à venir.



Asphodèle 29/09/2011 08:21


Je n'arrive pas à laisser un commentaire chez Syl qui visiblement a été bouleversée ! Mais je ne suis pas tentée plus que ça... Les atrocités des guerres sont toujours barbares et nous n'y entrons
pas de gaieté de coeur, ces lectures remuent notre conscience...


somaja.over-blog.com 29/09/2011 08:42



En fait cette lecture n'a été que cérébrale pour moi, et a manqué d'émotion. Et je n'arrive pas à savoir si cette mise à distance vient de moi et de mon approche ou si c'est véhiculé par
l'écriture qui ne me touche pas.



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