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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 07:18
 
 
Un petit peu de musique pour ce dimanche de mois anglais. 
   
 
 Vous connaissez certainement Dido Florian Cloud De Bounevialle O'Malley Armstrong, mais sous son premier prénom seulement.
Je crois qu'elle a bien fait de racourcir ce charmant nom pour faire carrière.
Quatre albums seulement à son actif,  des textes poétiques  servis par une très belle voix (enfin, ce n'est que mon avis !).
Laissez-vous charmer.
 
Girl who got away - 2013
     
  No angel - 1999 
 

   No angel - 1999
             
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:06

 

Pour ce rendez-vous anglais des livres dont je n'ai pas parlé, voici deux romans de la très prolixe Anne Perry.

 

Un Étranger dans le miroir, et Un Deuil dangereux, traduits par Elisabeth Kern.

 

Il s'agit des deux premiers volumes de la série qui met en scène un nouvel enquêteur très particulier, William Monk.

 

J'avais découvert Anne Perry grâce à Syl. qui m'avait mis dans les mains le premier volume de la série des  Pitt. J'avais aimé, mais pas tant que cette rencontre avec William Monk;

 

Dire que j'ai aimé est peu dire.

un étranger 

 

Dans le premier épisode, Un Étranger dans le miroir, William Monk se réveille à l'hôpital, en 1856, après un accident de cab. Il ne sait plus qui il est, n'a plus aucun souvenir de ce qui lui est arrivé. Il apprend juste qu’un policier est venu à l’hôpital et a donné son identité . Serait-il possible qu’il soit un criminel recherché par la police ? En fait il est lui-même inspecteur de police.

 

La mémoire toujours aux abonnés absents, il retourne au commissariat et cache son amnésie, mais il doit faire des efforts surhumains pour ne pas se faire prendre en défaut par son supérieur qui ne le porte pas dans son cœur, et c’est bien réciproque.

 

Ce qu’il apprend petit à petit de lui ne lui plaît pas du tout. Il est un excellent enquêteur, intelligent, mais il est craint, peu aimé, prétentieux, aime à paraître dans ses costumes impeccables et bien trop chers pour un simple inspecteur et s’est éloigné de sa famille modeste et sans doute pas assez bien pour lui.

 

Rapidement on lui donne à mener une enquête sur le meurtre d’un jeune aristocrate, sauvagement battu à mort le jour même où Monk a eu son accident.

 

L’intérêt de ce roman c'est qu'il nous fait découvrir le personnage principal en même temps que lui. Il n’en sait pas plus que nous, s’interroge sur ce qu’il a pu faire avant son accident, et redécouvre les personnes avec qui il travaillait mais aussi les lieux.

 

C’est donc avec son regard nouveau que nous entrons dans le monde de l’aristocratie anglaise victorienne et que nous y décodons les mœurs de la noblesse et de la petite bourgeoisie.

 

Pour son enquête on lui adjoint Evan, un jeune policier que Monk se prend à apprécier et personnage qui reviendra dans les épisodes suivants, tout comme Lady Callandra Daviot, femme intelligente et indépendante et Esther Latterly, jeune bourgeoise qui a été infirmière durant la guerre de Crimée.

 

Autant dire qu’elle ne craint pas grand chose et surtout pas l’irascible Monk. Leurs échanges seront souvent haut en couleurs.

 

Finalement l’enquête sur la recherche de la mémoire est plus intéressante que celle de meurtre à proprement parler si ce n’est qu’elles sont toujours chez Anne Perry l’occasion de d’aller fouiner dans cette époque victorienne si particulière et que j’adore.

 

 un deuil

 

 

 

Dans Un Deuil dangereux, Monk est toujours amnésique, il fait face comme il peut.  

L’affaire qui l’occupe est le meurtre d’une jeune aristocrate, veuve d’un officier mort pendant la guerre de Crimée. Le problème c’est que tout semble faire penser que l’assassin fait partie de la maisonnée. Les soupçons se portent sur les domestiques car un noble ne peut pas s’abaisser à pareil horreur bien sûr. Ce volume permet à Anne Perry de faire entrer le lecteur dans le fonctionnement d’une maison telle que celle de Sir Basil Moidore, la hiérarchie des domestiques, les usages des maîtres. C’est passionnant !

 

En parallèle de cette enquête, on retrouve Hester Latterly, engagée comme infirmière dans un hôpital londonien. Elle a été infirmière pendant la guerre de Crimée, aux côtés de la célèbre et progressiste Florence Nightingale, et habituée à être indépendante. C’est peu de dire qu’ elle souffre de son statut à l’hôpital. Les infirmières y sont aussi peu considérées que des prostituées et ne sont là que pour changer les bandages et vider les seaux. Hester n’en peut plus de ces médecins obtus et ses nerfs sont souvent mis à rude épreuve. Elle sera amenée à aider Monk dans son enquête et ces deux-là passeront leur temps à se chamailler pour notre plus grand plaisir. Tous les deux ont un vrai problème avec l’injustice et l’autorité, ils se ressemblent trop pour ne pas s’opposer sans cesse.

 

Dans ce deuxième volume, les personnages principaux prennent de l’ampleur, leurs caractères sont plus fouillés et il est passionnant de se promener en leur compagnie dans cette société victorienne que l’auteur décrit avec précision. Elle aborde ici le problème d’une société rigide et ancrée dans ses certitudes, ses habitudes et ses privilèges, que ce soit dans l’armée, en matière de médecine ou de justice. C’est d’ailleurs là l’occasion de faire entrer un nouveau personnage auprès de Monk et Hester : Rathbone, brillant avocat qui ne laissera pas Hester indifférente. Hum, hum…à suivre !

 

Tous les avis des participants au challenge Anne Perry chez Syl.

 

anneperry2-copie-1                   Challenge thriller                 keep-calm-and-read  

 

 

  Pour ce rendez-vous  Missbouquinaix nous parle de E.M. Forster, Edith Wharton et Michel Zévaco. 

 

 

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 06:50
 
emma afficheEmma  - série BBC de Jim O'Hanlon 2003 - avec Romola Garaï / Jonny Lee Miller  
      http://joliscoeurs.j.o.pic.centerblog.net/otwy3n86.gif
    
 A tout seigneur tout honneur pour ce mois anglais. Je débuterai par une adaptation de la grande Jane Austen. Et cette adaptation, je l'ai découverte chez Eliza, lors du dernier mois anglais.
Quel sens de la transition, je m'étonne parfois !
Mais revenons à ce petit bijou.
 
Je suppose que tout le monde connait l'histoire, celle du roman.
 
Emma Woodhouse est une jeune fille vive, belle, intelligente, mais qui a un très vilain défaut : elle se mêle de tout et surtout de la vie sentimentale des autres.
Elle est certaine d'être à l'origine du mariage de sa gouvernante et persuade la naïve Harriet de laisser tomber son amour de jeunesse pour une proie plus avantageuse. Elle se sent une âme d'entremetteuse sans se soucier de ce que veulent vraiment les gens autour d'elle et sous le regard désapprobateur de Mr Knightley qui la connait depuis l'enfance.
Bref, je ne révèle aucun secret en disant que ces deux-là vont se tourner autour pendant toute l'histoire et qu'il faudra quelques péripéties et attendre qu'Emma soit un peu moins écervelée pour que l'issue soit heureuse.
 
Ne tournons pas autour du pot : c'est un coup de coeur que cette mini-série de la BBC. J'avais aimé le film avec Gwyneth Paltrow et Jeremy Northam, mais encore une fois le fait d'avoir un peu plus de temps pour développer les personnages et les situations donne une coudée d'avance à la série.
 
Romola Garaï est l'Emma que j'avais imaginée à la lecture du roman il y a des années. Elle est tour à tour malicieuse, sûre d'elle, naïve, pétillante, boudeuse... Elle a un charisme fou et on comprend que Mr Knightley soit sous le charme.
Jonny Lee Miller est crédible dans le rôle de l'ami et confident qui n'ose dire tout ce qu'il ressent sauf lorsqu'Emma dépasse les bornes et qu'il se comporte alors plus comme un père que comme un homme amoureux.
 
La qualité de l'interprétation de tous les acteurs, le soin donné à la reconstitution de l'époque avec des costumes et des décors magnifiques, tout cela fait de cette série la meilleure adaptation que j'aie pu voir à ce jour.
Si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à me le signaler.
Encore merci Eliza pour cette belle découverte.
 
Pour vous mettre dans l'ambiance, la fameuse scène du bal (spéciale dédicace pour  Mind The Gap (warf !) ).
       
 
Ce DVD peut voyager si ça vous tente.
 
Les trois couples Emma / Mr Knightley
Emma   emma 1 bis
 Gwyneth Paltrow et Jeremy Northam – film de Douglas McGrath - 1996
Emma 2   emma 2 bis
    Kate Beckinsale et Mark Strong - film de Diarmuid Lawrence - 1996 
emma 3   emma 3 bis
Romola Garaï et Jonny Lee Miller  - série de Jim O'Hanlon - 2003
Vous auriez envie de réorganiser les couples ?
Première participation au mois anglais 
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 07:00

Dès que je m'ennuieDès que je m’ennuie je sauve le monde – Guillaume Guéraud

Non, ne croyez pas que je vais vous parler de moi. Quoi que…parfois, je me dis que je ne ferais peut-être pas plus mal que certains. Mais là n’est pas le sujet, et puis, le collant bleu, la cape rouge, j'avoue...

Non, je veux vous parler d’un petit roman dont le titre m’a attirée. Et quand en plus j’ai vu que l’auteur en était Guillaume Géraud dont je n’ai lu que le très beau mais très sombre Je mouurai pas gibier , je n’ai pas résisté un seul instant. Et j’ai bien fait !

J’y ai rencontré Eugène, un petit garçon qui s’ennuie en classe. Banal, me direz-vous ! Ce qui l’est moins c’est l’univers dans lequel Eugène se réfugie pour échapper aux tables de multiplication et à la maîtresse pas franchement rigolote.

Fréquemment son esprit dérive vers des aventures où il a toujours le beau rôle. Dark Vador a la chair de poule à mon approche. Et les vampires claquent des dents quand ils me voient. Vous voyez, c’est quand même plus palpitant que la table de 7 ! Une fois parti dans sa lutte contre les monstres ou les méchants envahisseurs, il se sent tellement bien Eugène.  Certes, c’est moins génial quand la maîtresse le ramène à la réalité et que les autres se moquent de lui.

Ses parents s’inquiètent, l’emmènent consulter un psy, oui, parce que ce n’est pas normal d’être constamment dans la lune comme ça. Mais la réponse du psy ne sera pas celle que les parents attendent, et on en est bien content pour le petit Eugène .

Quand on voit tous ces gamins hyperactifs qui passent leur temps entre l’école, le conservatoire, le match de foot ou la danse, la télé, l’ordi et autres écrans, et qui au final ont un emploi du temps plus chargé que celui de leurs parents, on souhaiterait qu’ils puissent s’ennuyer un peu et devenir comme Eugène, juste un instant, sauveur du monde !

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 12:54
 
Rocknrolla afficheRockenrolla - De Guy Ritchie - Avec Gerard Butler, Idris Elba, Tom Wilkinson, Thandie Newton ( 2008)

              

Caïd londonien, Lenny travaille à l'ancienne. Ce qui ne l'empêche pas de savoir à qui graisser la patte et de pouvoir faire pression sur n'importe quel ministre, promoteur immobilier ou malfrat en vue. D'un simple coup de fil, Lenny est capable de soulever des montagnes. Mais comme le lui dit Archy, son fidèle lieutenant, Londres est en train de changer : les mafieux des pays de l'Est, comme les petits voyous, cherchent tous à bouleverser les règles du milieu. Désormais, c'est toute la pègre londonienne, des gros bonnets aux petits poissons, qui tente de se remplir les poches en se disputant le coup du siècle. Mais c'est Johnny Quid, rock star toxico qu'on croyait mort, qui a les cartes bien en main... (source  allociné

 

Je n'avais vu ni Snatch, ni Arnaques, crime et botanique du même Guy Ritchie, je ne connaissais donc pas son univers,

Et bien, je peux vous dire que c'est déjanté !

Cette histoire alambiquée, c'est le moins qu'on puisse dire, met en scène des escrocs de tous niveaux . De Lenny, parrain londonien (le génial Tom Wilkinson) qui n'hésite pas à faire boulotter par des écrevisses ceux qui font obstacle à ses magouilles immobilières, au mafieux russe flanqué de ses tueurs sans scrupules. Sans parler d'une bande de bras cassés (dont Gerard Butler et Idris Elba) qui dérobe un tableau pour rembourser les dettes qu'ils ont envers Lenny.

anciens    anciens + nouveau

magouilleurs, anciens et modernes

 

bras cassés 2   bras cassés 1

Des bras cassés en veux-tu en voilà 

Je n'oublie pas une ex-star du rock cocaïnomane, censée être morte, et qui revient mettre la pagaille là où il n'y en avait pas besoin, et cerise sur le gâteau, une comptable véreuse qui manipule tout ce petit monde allègrement.   

femme     addict

 Les deux trouble-fête

 

Tout cela est bien alambiqué, je vous le disais, et même si le film se regarde sans déplaisir, il ne restera pas dans mon top 10.

Le rythme, soutenu, tient plus du clip, et l'effet poupées russes avec histoire qui en cache une autre, qui en cache une autre, qui en..., finit un peu par lasser.

Il n'en reste pas moins que certaines scènes sont assez drôles, notamment une course poursuite à pieds qui n'en finit pas, entre un des bras cassés et un tueur russe, et une autre scène supposée être une scène de sexe torride et qui, filmée d'une façon assez étonnante, finit par être vraiment très drôle.

Un autre bon point : Londres. Tout est filmé dans la capitale londonienne et c'est un vrai plaisir que d'y suivre tous ces personnages.

 

 
Encore une participation au mois anglais
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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 23:13
 
 
 
C'était tellement bien qu'il faut que je vous en parle tout de suite.
Je viens de voir une artiste exceptionnelle en concert.
 
Youn Sun Nah, vous connaissez ?
  youn sun
 Personnellement,  je n'avais jamais entendu parler d'elle avant de l'entendre dans Encore un matin la géniale chroniqe matinale de Didier Varrod sur France Inter. Et quelle chance, cette surprenante chanteuse coréenne passait ce soir près de chez moi.
Avec ses trois excellents musiciens, elle nous a fait passer un moment de pur bonheur, entre émotion et humour.
Et quelle voix !  
Alors pour plagier Asphodèle avec ses dimanches "hommage aux chanteurs morts", je vous fait partager ma découverte d'une chanteuse bien vivante.
 
 Une version de Jockey full of boubon de Tom Waits qui m'a collé un sourire béat pendant près de 8 minutes.
   
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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 07:22

 

 La Couronne verte La Couronne verte – Laura Kasischke – traduction de l'américain de Céline Leroy         http://idata.over-blog.com/0/20/28/80/amour/coeur-gif-090.gif

C'est une tradition. Les lycéens partent s'éclater au soleil en attendant les résultats des examens de fin d'année. Leurs parents ont fait la même chose, ce qui ne les empêche pas de mettre leur progéniture en garde contre les excès de soleil, d'alcool, les dérives de consommation de produits de toute sorte et surtout les mauvaises rencontres. Anne et Michelle, qui se connaissent depuis la crèche, ne font pas exception. Leurs mères respectives leur rebattent les oreilles des dangers potentiels. La mère de Michelle tente de leur suggérer de faire quand même un peu de tourisme et de visiter la pyramide de Chichtèn Itzà, témoin de rites Mayas envers le dieu Quetzalcoatl.

                  pyramide            serpent à plumes

Pas de problème, Anne et Michelle sont deux adolescentes raisonnables.

Elles partent donc avec Terri, qui a rejoint l'inséparable duo quelques années auparavant.

Dans ce récit, on n'entendra pas Terri, plus délurée et qui a opté dès leur arrivée à Cancun, Mexique, pour la plage, les cocktails et les garçons.

On pourrait croire qu'on va lire un énième roman sur la jeunesse américaine écervelée, à la recherche de soit-disant sensations et de jeunes filles en quête de leur première relation sexuelle. On est bien loin de là.

Dès le départ l'auteur annonce qu'il y a eu un drame. Ce drame, le lecteur n'en aura connaissance qu'à la fin du roman, et quel choc ! Impossible à deviner, en tout cas pour moi.

Malgré toutes les recommandations maternelles, on sent bien qu'il va y avoir transgression. N'est-ce pas le passage obligé pour grandir ?

Dans le cas de Terri, on ne sait pas si elle a eu les mêmes mises en gardes de la part de ses parents. Si c'est le cas, elle n'en a cure et dès leur arrivée, elle plonge dans tous les interdits. On sait alors que le drame ne la concernera pas, car elle n'a aucune culpabilité et semble bien dans sa tête et son corps.    

Non, le drame se joue avec Anne et Michelle. D'ailleurs seules leur voix se font entendre en alternance dans de courts chapitres. Anne qui parle à la première personne, Michelle à la troisième. C'est déjà un indice.

Ces jeunes filles si raisonnables vont malgré tout assez rapidement se laisser entraîner au temple de Chichtèn Itzà par un parfait inconnu rencontré au bar de l'hôtel. Cet homme, Ander,  qui se dit archéologue fascine littéralement Michelle. Est-ce le fait qu'elle croit deviner en lui un père potentiel , elle qui n'a jamais connu le sien et dont sa mère ne lui a jamais parlé ?

Au moment d'escalader la pyramide, Anne refuse d'aller plus loin et laisse son amie partir avec Ander. Son angoisse monte alors que le temps passe et qu'elle ne les voit pas revenir. Son imagination lui fait penser au pire, celle du lecteur fait de même.

De son côté, Michelle vit une expérience mystique intense.

Laura Kasischke maîtrise parfaitement le suspense en menant le lecteur ailleurs avant que le drame n'éclate. C'est tout l'avant du drame qui est intéressant, tout comme l'état d'adolescence parfaitement analysé.

Elle parle ainsi de l'émancipation et de ses risques. Elle insinue le doute partout et de ce voyage initiatique qui a viré au cauchemar, elle réussit à tirer une vraie poésie. Il y a beaucoup de sensualité dans ce récit, que ce soit dans la description de la nature ou des corps. On ressent la chaleur, la brûlure du soleil, la soif. On sent les odeurs de la jungle, de la mer. On prend les couleurs des corps brûlés par le soleil ou de la végétation luxuriante en plein dans les yeux. Une des plus belles scènes où l'auteur sait parfaitement faire émerger les sensations se passe dans la pyramide dans le noir total. Michelle y voit, entend et sent tant de choses qu'elles prennent presque vie sous nos yeux. Cette scène est également très anxiogène. Elle précède le drame qui ne sera encore une fois pas là où on l'attend.

Je ne peux donc que recommander ce roman pour sa construction – l'auteur nous plonge dans la tête des protagonistes, pas d'explications, pas de pathos - , et pour l'écriture maîtrisée et poétique.

C'est un beau roman d'apprentissage.

C'est le premier roman que je lis de Laura Kasischke, mais pas le dernier.  

 

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 07:03
La commissaire n'a pointLa Commissaire n'a point l'esprit club – Georges Flipo
 
Viviane Lancier n'est pas du genre « commissaire athlétique, sûre d'elle, bien dans son corps, et cultivée », loin de là. Elle est plutôt du genre solitaire, toujours mal fagotée et un peu enrobée. Quant à sa culture … autant ne pas en parler.
J'ai découvert Viviane chez  Liliba, et franchement, je ne regrette pas de m'être laissé tenter. Viviane mène de main de fer son équipe mais craque sur le jeune lieutenant Augustin Monot, blond et poète à ses heures. C'est pourquoi quand son supérieur l'envoie mener une enquête incognito dans un club de vacances à Rhodes , elle se voit déjà partager la chambre avec son cher Augustin. Son imagination va bon train sur les crèmes à passer dans le dos et tout le reste, mais voilà, ce n'est pas Augustin qui va l'accompagner, mais Willy Cruyff.
Elle est dépitée notre pauvre Viviane. Elle qui avait acheté Alcools d'Apollinaire pour partager de longues soirées poétiques avec le jeune Monot ! Et bien non ! Il va falloir qu'elle supporte de passer une semaine avec Willy, vice-champion de décathlon, beau comme un dieu et toujours d'humeur égale. On se demande bien ce qu'elle a à ronchonner tout le temps, franchement !
Arrivés à Rhodes, ils se font passer pour une cinéaste et son assistant, et tentent ainsi d'approcher l'ensemble des résidents du village de vacances. Les indices sont très minces, et d'après ce qu'ils apprennent ici et là, nombreux sont les cocos et les kikis (comprendre les animateurs), les hétoilas (comprendre les intérimaires), voire même peut-être les chéris (comprendre les vacanciers) qui auraient pu en vouloir à King, le directeur du village, et victime pas vraiment sympathique.
L'enquête, somme toute classique est menée par une Viviane Lancier renfrognée, qui jette son dévolu sur le buffet, et un Willy Cruyff jovial qui profite comme un gamin des possibilités sportives et « artistiques » proposées par le club.
Et c'est bien là l'intérêt de ce roman. Les personnages et ce milieu très particulier de club de vacances où tout est si artificiel. Viviane traîne sa mauvaise humeur, ses envies de chocolat et sa silhouette pas tout à fait conforme au lieu, en évitant à plusieurs reprises un chat empaillé, un jardinier inquiétant et des cadavres sur la plage. Son air peu avenant ne lui amène pas beaucoup de confidences, ce qui n'est pas le cas du charmant Willy qui se fait rapidement des amis et va recueillir bien des indices. Il trouve malgré tout le temps d'aller danser tous les soirs la salsa sous l'œil étonné et … finalement intéressé de notre commissaire.
Va-t-elle finir par oublier son beau lieutenant Monot ?
J'ai beaucoup ri pendant cette lecture. Ri de ce couple improbable, de l'enquête parfois hasardeuse, de cette Viviane Lancier qui se comporte souvent comme une adolescente, mais surtout de la critique que fait Georges Flipo du monde des clubs de vacances. Croyez-moi, ça ne donne pas vraiment envie de s'inscrire !
Allez, pour le plaisir !
Pour le challenge chez Liliba  Challenge thriller
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 07:52

La Peine du MenuisierLa Peine du menuisier – Marie Le Gall

 

Roman gagné à la sueur de mon front chez dame Asphodèle.

 

La Peine du menuisier est un texte autobiographique dans lequel Marie Le Gall met en scène son double – Marie-Yvonne – de l'enfance à l'âge adulte.

Non désirée, elle naît malgré tout – malgré tous – dans la rudesse du Finistère nord des années 50, et dans la rudesse d'une famille enfermée dans les silences, les non-dits et peuplée de fantômes.

Née en 1955 de parents déjà âgés, elle a une sœur de 19 ans son aînée, Jeanne, malade mentale.

L'ambiance est lourde, c'est peu de le dire. La mort est partout : dans les photos de ceux dont on ne parle pas, dans les silences, jusque dans la proximité géographique du cimetière. Cette petite fille ne sait pas mais a l'intuition d'un drame ou d'un secret lié au passé.  

Son père, ouvrier à l'arsenal de Brest est un taiseux, un taciturne. L'aime-t-il ? Impossible à dire. Ce taciturne qu'elle n'appellera jamais autrement que le Menuisier ne lui parle jamais, ne la touche pas.

Finalement, pour comprendre son histoire, l'auteur devra comprendre l'histoire de ce père et de tous les morts de sa famille. 

Ce n'est que bien plus tard, après la mort de son père, qu'elle découvrira la vérité, en lisant le livret militaire du Menuisier. Alors qu'elle n'a jamais eu connaissance que de 9 enfants, il y est fait mention de 10 enfants. Qui est cet oncle dont personne n'a jamais parlé ?

Elle finira par comprendre pourquoi parler était impossible pour son père.

L'auteur décrit très bien la rudesse de la vie dans la France rurale des années 50. Il y a également de très belles descriptions de la Bretagne, de son climat. On sent son attachement à cette terre familiale.

Pourtant, j'ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire, si intime qu'elle met le lecteur légèrement à distance. J'ai souvent eu l'impression d'être voyeuse. J'ai regardé avec étonnement et souvent incompréhension cette petite fille tellement fascinée par la mort qu'elle va jusqu'à passer des heures à regarder des os dans un cimetière. Cette obsession morbide, celle du personnage et donc de l'auteur, m'a frustrée d'empathie pour les personnages.

Bizarrement, ce récit qui livre une intimité familiale à des étrangers (les lecteurs), semble dénué d'émotion. C'est sans doute dû au style, dans fioriture, presque clinique.

Il n'est reste pas moins qu'il s'agit là d'une très belle évocation de la figure paternelle, et que Marie Le Gall lui rend un bel hommage.

 


 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 07:00
 
La Cage dorée afficheLa Cage dorée – de Ruven Alves, avec entre autres Rita Blanco, Joaquim de Almeida, Roland Giraud, Chantal Lauby.
 
 Maria et José Ribeiro sont arrivés du Portugal il y a plus de trente ans et leurs enfants, Paula et Carlos, sont nés en France.  Ils vivent dans les beaux quartiers de Paris mais dans une simple loge de concierge.
Maria et José sont appréciés de tous, et pour cause. Ils travaillent sans relâche, prêts à faire toujours plus sans rien demander en retour. Les habitants de l'immeuble en profitent bien, demandant des services à toute heure, services que José ne facture jamais bien sûr !
Mais un jour ils reçoivent un héritage au Portugal et leur vie va changer. Maria devra quitter son immeuble, José son chantier. Évidemment, tout ne va pas se passer aussi simplement.
Ils vont être les victimes d'un complot qui a pour but de les empêcher de partir et lorsqu'ils s'en rendront compte, leur réaction sera à la hauteur !
 
Quel beau moment que ce film !
C'est émouvant, chaleureux, ça pétille ! Les personnages sont attachants et le réalisateur, Ruven Alves, pose une caméra bienveillante sur eux sans sombrer dans la caricature.
Il s'amuse avec les stéréotypes, et fait de cette histoire (certainement inspirée d'une façon ou d'une autre de son histoire personnelle car il dédie son film à ses parents) une charmante comédie  familiale.
Ce film parle aussi des liens entre les différentes communautés : la famille, la communauté portugaise, les collègues de chantier... Autant de personnages qui m'ont semblé proches parce qu'ils nous invitent souvent à leur table. On parle beaucoup de cuisine et les scènes autour d'une table sont nombreuses - le rituel de la ricoré pour Maria, sa sœur Lourdes et la redoutable et très drôle Rosa, le repas de famille dans la cour de l'immeuble, le déjeuner sur le chantier, le dîner dans la loge avec le patron, sa femme et son fils, le petit restaurant portugais. Autant de scènes très touchantes, et souvent drôle.
Beaucoup d'humour dans cette jolie comédie sur la famille et sur l'intégration, notamment avec la femme du patron, jouée par l'excellente et très décalée Chantal Lauby. Toutes ses apparitions sont hilarantes. Elle est à la fois complètement foldingue et émouvante.
Ce premier film a reçu le Prix du Public et Chantal Lauby a reçu le  prix d'interprétation féminine au festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez.
Pour vous mettre dans l'ambiance portugaise, une chanson de Amalia Rodiguez qu'on entend dans la scène du petit restaurant portugais. Un fado qui donne des frissons.
 
   
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