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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 07:13

 

Aujourd'hui, premier jeudi du mois.

Mais je ne vous dirai rien des Livres dont je n'ai pas parlé.

Pas de rendez-vous avec les Sophie (Hérisson et Missbouquinaix). Désolée les filles mais je n'ai pas trouvé une minute pour écrire quoi que ce soit.

C'est comme ça pour tout en ce moment. Trop de travail, trop de stress, trop de fatigue, trop de questions, trop de tout.

Alors j'ai décidé de fermer ce blog. Ce n'est peut-être pas définitif, mais j'ai vraiment besoin de souffler.

Je me rends compte que je n'ai plus le temps de me promener chez vous, c'est frustrant. C'est donc décidé, j'arrête de publier, mais je reprendrai mes visites, mon butinage, les échanges.

J'honorerai quand même la Ronde belgo-centro-bretonne le 7 octobre, comme prévu, pas de panique !

 

Avant fermeture, je réponds à Asphodèle qui m'a gentiment taguée (elle sait que j'adore ça ! ).

Book and Tag, c'est sympa comme nom ?

Et elle veut en savoir des choses la bougresse ! 

 

Le livre que j'ai particulièrement aimé :

Il y en a tellement ! Dans ceux que j'ai lus en 2012 et dont j'ai fait le billet, je garde le souvenir très présent de Bord de mer et de Le Premier été.

   Bord de mer       Le premier été



Le livre qui ne t’a pas plu

Sans hésitation  je dirai Le Bus que j'ai trouvé racolleur.

le bus

Le livre qui est dans ta PAL

Oh ! Malheur ! Comment choisir parmi les 200 qui traînentdans ma Pal, entre les miens, et tous ceux qu'on me prête ou ceux que je lis pour le travail ? Allez, pour faire plaisir à Jeneen je vais dire Nord et Sud qui attend patiemment que les images du film s'estompent pour que je commence à tourner les pages du roman d'E. Gaskell.

Nord et Sud

Le livre qui est dans ta wish-list

Le Sillage de l'oubli de Bruce Machart , conseillé par ma super libraire qui m'en parle à chaque fois avec des petites étoiles dans les yeux.

Le Sillage de l'oubli

Le livre auquel tu tiens

A part mes BD, il n'y en a pas vraiment. Forcément, j'ai une relation particulière aux livres qui m'ont été offerts, mais c'est plus pour les amis qui ont pensé à moi que pour le livre lui-même. Et dans les BD, c'est la série Les Passagers du vent qui remporte le prix. J'adoooooooore !

couverture Le Bois d'ébène Le comptoir de JudaLe Ponton

L'heure du serpent

 

Le livre que tu voudrais vendre ou troquer

Troquer plutôt que vendre. En fait il y en a très peu quer je garde. Je donne , je troque, et si jamais j'ai une envie subite d'en relire un, je peux toujours le racheter ou le retrouver à la médiathèque. Franchement ??? Qui relit tous ses livres ?

 

Le livre que tu n’as pas réussi à terminer

Il y en a beaucoup !

Si je n'entre pas dans un roman au bout de quelques chapitres, je passe à autre chose. Parfois j'aimerais tant aimer, mais je n'y arrive pas. C'était le cas pour Belle du Seigneur. Désolée Mind The Gap !

Belle du seigneur
Le livre dont tu n’as pas encore parlé sur ton blog

Je ne les compte plus ! Je prends tellement de temps pour écrire, c'est désolant ! C'est d'ailleurs pour ça que je vais arrêter le blog pour un temps indéterminé.

J'ai eu récemment trois coups de coeur dont les billets sont en attente :

Le Faire ou mourir / En vieillisant les hommes pleurent / La Couronne verte

En vieillissant les hommes  Le-faire-ou-mourir.jpegLa Couronne verte

 

Le livre que vas-tu lire en Lecture Commune ?

Pour l'instant rien, mais si je reprends le blog, il y a deux ou trois Kate Atkinson qui nous attendent avec Asphodèle. J'avais adoré La Souris bleue, la suite est sûrement aussi bien.La souris bleue

 

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 14:33

 

J'ai reçu mon prix ! J'ai reçu mon prix !

J'ai reçu mon prix ! J'ai reçu mon prix !!!

 

Vous vous souvenez peut-être que j'avais été la super gagnante du très difficile jeu-concours chez Mind The Gap (les mauvais esprits se disent en ce moment qu'à ce concours on ne m'a - a priori - pas décerné un premier prix de modestie !).

Je disais donc, pour celles et ceux qui ne suivent pas que j'avais reçu mon cadeau, et quel cadeau ! Que des douceurs qu'il a trouvées ici et là lors de son périple montagnard et provencal. J'étais tellement heureuse de recevoir un colis que j'ai tout ouvert sans prendre le temps de faire des photos des magnifiques paquets qui recellaient un sens artistique des plus..comment dire....original ? audacieux ? (mais non, je ne me moque pas !)

Vous voulez les voir ces douceurs ? 

 

DSCF7593  De la confiture de myrtilles (j'adore tous les fruits rouges, les baies de toute sorte...hmmmmmmmmmmm ! mes papilles commencent à frétiller). Et de bons petits gâteaux aux framboises, à la myrtilles encore et aux noix.....que des choses bonnes pour le moral aussi, et en ce moment c'est vraiment bienvenu.DSCF7605

 

 Il y a aussi un beau sachet de lavande, de la vraie, de là-bas, c'est apaisant, exactement ce qu'il me faut !

 

 Mais ce n'est pas tout, j'ai aussi trouvé une chose étrange dans le colis. J'ai d'abord pensé que j'étais encore plus fatiguée que je ne le pensais et qu'il fallait d'urgence que je consulte un ophtalmo. Mais en faisant une petite vérification (je suis aussi scientifique à mes heures!) j'ai vu que tout allait bien : quand on fabrique des contenants, il ne faut pas abuser du contenu ! Hips ! "j'ai l'genépi qui penche, j'me souviens plus très bien..."

DSCF7611

 Merci encore Mind The Gap pour ces attentions charmantes, et je crois que je vais suivre tes conseils...commencer par une dosette de genépi chaque matin !  

 

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 07:21

La couleur des sentimentsLa Couleur des sentiments– (The Help) – Kathryn Stockett – Traduction de l'américain de Pierre Girard

 

Le Mississippi n'est pas connu pour sa grande tolérance à l'égard des Noirs dans les années 60, et Jackson, petite ville où tout le monde connaît tout le monde et où tout le monde vit dans le plus grand conformiste ne fait pas exception. C'est là que vivent Skeeter, jeune bourgeoise blanche revenue de l'université, Aibileen, une femme noire aimante et discrète, domestique d'une amie de Skeeter, et la beaucoup moins discrète Minny, elle aussi bonne chez des blancs.

A cette époque et dans cette partie du monde les vies de chacun sont programmées : les blanches doivent se marier (de toutes ses amies d'enfance Skeeter est la seule à ne pas l'être), avoir des enfants, ne s'intéresser qu'à la tenue de la maison (les hommes en sont exclus), faire plaisir à leurs maris, ne lire que des romans décents ou des magazines féminins, et surtout faire partie de clubs, organiser des ventes de charités bref, tout ce qui fait qu'une femme remplit son rôle et s'épanouit, Enfin, c'est ce qu'on dit !

Les hommes, eux, doivent travailler, rapporter de l'argent et ne pas s'impliquer dans la vie domestique.

Quant aux noirs, quand ils ont du travail, ils sont ouvriers et leurs femmes deviennent domestiques, elles le savent depuis leur plus jeune âge.

Le décor est planté. La vie coule ainsi depuis des lustres et tout semble se passer au mieux. Certes, certaines femmes ne sont pas très contentes de leurs bonnes, elles en ont parfois même peur, et les bonnes ne disent rien mais n'en pensent pas moins.

Prenons Aibileen par exemple. Elle aime sincèrement les petits blancs qu'elle élève. Ils l'aiment eux aussi peut-être même plus que leurs mères biologiques. Tant qu'elle le peut, discrètement, elle leur parle, au travers « d'histoires secrètes », d'égalité entre Noirs et Blancs. Mais elle sait bien qu'une fois adultes, voire même avant, ils se comporteront comme leurs parents. L'école les aidera bien d'ailleurs, comme cette ignoble Miss Taylor, institutrice de la petite Mae Mobley au jardin d'enfants qui affirme à la petite que les Noirs sont sales. Alors, quand ils deviennent un peu plus grands, Aibileen va dans une autre famille, pour ne pas les voir changer.

Skeeter est un peu différente dans ce paysage. Trop grande, pas très jolie, elle n'est pas revenue de l'université avec un mari mais avec un diplôme, au grand désespoir de sa mère. Skeeter voudrait écrire, devenir journaliste mais tout ce qu'elle décroche c'est un emploi de chroniqueuse dans le journal local. Elle doit répondre aux questions des lectrices sur la bonne tenue d'une maison . Qu'est-ce qu'elle en sait elle, de la façon de bien récurer une casserole brûlée ou de tenir propre les cols de chemises de son mari ? Elle a une bonne pour ça, elle ne s'est jamais posée ces questions. C'est ainsi qu'elle entre en contact plus étroit avec Aibileen. Cette dernière lui donne les conseils et Skeeter n'a plus qu'à rédiger.

La relation deviendra plus étroite quand Skeeter se mettra en tête d'écrire un témoignage de ce que peut être la vie d'une bonne dans une famille blanche à Jackson, Mississippi. Il leur faudra convaincre d'autres bonnes, vaincre leurs peurs et leurs réticences. Skeeter devra mentir à sa famille, à ses amies, qui montreront leur vrais visages au fil des pages.

Ce roman à trois voix se laisse lire avec plaisir. L'alternance des chapitres donnant tour à tour la parole à Skeeter, Aibileen et Minny imprime un rythme au récit et on veut savoir comment les relations vont évoluer, comment leurs vies vont changer, peut-être...sûrement.

L'écriture est agréable et chacune des trois femmes a sa voix bien personnelle. Je me suis attachée à ces trois personnages bien différents qui vont se découvrir avec méfiance d'abord, avec défiance parfois, dans un projet commun.

Certes, ce roman n'est pas une thèse sur la ségrégation. D'ailleurs le contexte politique du moment - la montée en puissance des idées d'un certain Martin Luther King , et l'évolution politique quant à la question Noire – n'est montré qu'en filigrane.

Par contre, l'originalité vient justement de l'entrée qu'a trouvé l'auteur pour parler de cette période. Par le petit bout de la lorgnette, elle nous montre une société étriquée, guindée, engluée dans le conformisme et la certitude d'être supérieure. Des générations de racisme basé sur l'ignorance font affirmer par les Blancs que les Noirs sont sales, porteurs de maladies, ce qui les pousse à exiger de leurs employés d'utiliser des toilettes à part ou de ne pas manger à leur table ni dans les mêmes assiettes.

Une société qui s'était (le passé est peut-être un peu trop optimiste) fait un tel carcan qu'elle avait aussi réduit les Blancs en esclavage (toute proportion gardée bien sûr !). Impossible d'être intégré si on ne pensait pas de la même façon, impossible aussi si on ne venait pas du bon milieu, si on n'avait pas eu la même éducation.

Les femmes de cette société ne sont pas montrées sous leur meilleur jour, loin s'en faut. Elles sont les garants de la bienséance et des traditions, elles font et défont les réputations, capables de mettre d'anciennes amies telles que Skeeter au ban de leur groupe quand elles ne veulent plus adhérer à la pensée unique, ou comme Celia, parce qu'elle ne vient pas du bon milieu. Elles sont d'une cruauté incroyable entre elles, à commencer par l'infecte Hilly. La peur de ne plus faire partie du groupe leur fait renoncer à leur liberté de penser. Ce n'est qu'à la fin que certaines révèleront leur désaccord, mais jamais en public, toujours de peur de l'exclusion. Et finalement on les plaint.

On sent bien en lisant les dernières pages, que Kathryn Stockett, elle-même originaire du Mississippi, a mis beaucoup d'elle-même dans le personnage de Skeeter, et beaucoup de la bonne de sa grand-mère, dont elle était très proche, dans le personnage d'Aibileen. Elle semble vouloir excuser l'ignorance dans laquelle elle a été élevée, et montrer que tout n'était pas tout blanc ou tout noir (pardon pour le jeu de mots !), que certaines bonnes travaillaient dans de bonnes familles.

De bonnes familles, oui, mais qui refusaient quand même de partager leurs toilettes avec leur employée de maison !

Ce roman a été porté aux nues, il a été présenté comme un livre engagé...je suis loin de partager cette opinion. J'ai pris plaisir à cette lecture pour les personnages attachants et pour l'humour souvent présent, notamment avec le personnage de Minny. Mais je n'y ai rien appris sur l'époque ni sur la vie des Noirs au Mississippi. J'ai parfois été un peu gênée par les clichés, et j'aurai préféré que la tentative d'utiliser une langue différente pour les deux femmes noires aille plus loin dans l'approche de la réalité.

Drenière remarque : le titre original – The Help - est de loin meilleur que la traduction française que je trouve un peu cul-cul.

Pour en savoir un peu plus sur l'auteur et ce roman c'est  ici.

Pour le mois américain chez Titine.

 

Mois américain

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 07:33

 

loving frankLoving Franck – Nancy Horan

 

Tout début du XXème siècle. Mamah, jeune femme intelligente, a fait des études supérieures, parle plusieurs langues et a un caractère bien trempé.  Alors qu’elle a atteint une trentaine d’années, elle finit par épouser un homme charmant qui la vénère. Ils ont deux enfants, et élèvent aussi une nièce de Mamah. Lorsqu’ils désirent faire refaire leur maison, ils font appel à un architecte connu, Frank Lloyd Wright. Mamah découvre en Wright un homme qui l’attire,  intellectuellement d’abord, puis….

 

Là, j’avoue mon inculture crasse : je ne connaissais pas Frank Lloyd Wright. S’il n’y avait pas eu les billets lus ici et là sur les blogs pour m’apprendre qu’il était entre autre l’architecte du musée Guggenheim à New-York, je n’aurais pas su que ce roman était en fait le « fictionnement » (ça ne se dit pas ? ha !bon !) d’une histoire vraie, avec des personnages ayant vraiment existés.

 

Autre aveu (que j’ai déjà fait sur ce blog), j’ai une mémoire de poisson rouge en ce qui concerne les fins de romans, mais aussi en ce qui concerne le contenu de vos billets ami(e)s blogueurs/euses. Je m’explique : si je lis un billet dithyrambique sur un roman et que je pense me le procurer sous peu, je ne lis qu’en diagonale, histoire de ne pas gâcher mon plaisir de découverte, et j’y reviens une fois mon billet écrit.

 

Pour ce roman, ça a très bien fonctionné, j’avais complètement oublié que Mamah et Frank n’étaient pas des personnages de fiction. Comme au bout d’un certain nombre de pages je commençais sérieusement à m’ennuyer – je trouvais l’écriture un peu plate, les personnages pas très sympathiques – je suis retournée sur les blogs pour voir ce qui avait rendu  Jeneen quasiment hystérique ou  Theoma aussi lyrique. 

J’ai bien vérifié sur mon exemplaire : rien ne laisse penser qu’il ne s’agit pas de personnages de fiction. Mais peut-être que j’étais la seule sur cette planète à ignorer qui est Wright. Voilà ce qui m’a gênée je crois. Ne pas savoir où me situer, où situer cette histoire, comme si j’avais été escroquée.

 

Mais passons ce petit agacement et revenons à l’histoire, celle de Mamah Borthwick Cheney et Frank Lloyd Wright. Le roman retrace la vie de ce couple qui a défrayé la chronique de l’Amérique puritaine et bien pensante. En 1909 ils ont eu l’audace de quitter leur conjoint respectif et leurs enfants (3 pour elle, 6 pour lui) pour vivre pleinement leur amour. La presse s’est déchaînée, surtout sur elle. Car s’il était courant pour un homme d’avoir des maîtresses et d’abandonner le foyer, il était inconcevable pour une femme de quitter son mari et encore moins ses enfants. Remarquez, je ne suis pas sûre que ce soit beaucoup mieux accepté aujourd’hui.

 

Ils ont eu le courage de vivre en accord avec leurs convictions, préférant vivre leur amour au grand jour, plutôt que dans l’hypocrisie d’une relation adultère secrète. Pourtant tout n’est pas simple. Non seulement ils sont mis au ban de la société, mais ils sont harcelés par la presse et leurs enfants leur manquent terriblement. Leur vie à travers l’Europe – Berlin, Florence, Paris – autant de lieux où ils n’étaient pas si loin du bonheur, l’esprit étant un peu plus large à cette époque dans cette partie du monde – ne leur fait pas oublier ce qu’ils ont laissé aux Etats-Unis.

 

Mamah est une figure particulière pour son époque. Intellectuelle, je l’ai dit, considérée comme d’une intelligence exceptionnelle, toujours avide de liberté elle se lancera dans les Mouvements pour l’émancipation des femmes mais s’y ennuiera vite, trouvant les unes trop timorées et les autres trop extrémistes. La société d’alors laissait peu de choix aux femmes, le mieux accepté étant celui d’épouse et de mère. Mamah a essayé mais là encore elle s’ennuyait et aspirait à autre chose. Pourtant j’ai eu l’impression qu’elle a sacrifié une partie de sa vie à suivre Frank Wright et qu’elle a vécu dans son ombre. Malgré la grande complicité intellectuelle qu’il y avait entre eux, il ne considérait pas ses activités comme étant aussi importante que les siennes.

 

On peut ne pas être d’accord avec ses choix, notamment celui de laisser ses enfants, mais Mamah est une femme qui ne triche pas ,qu’elles qu’en soient les conséquences pour elle et son entourage. On peut appeler cela de l’égoïsme, mais on peut aussi y voir là une grande intégrité.

 

Dans son parcours, une autre rencontre a été décisive, c’est la rencontre avec la féministe suédoise Ellen Key dont elle est devenue la traductrice. Grâce à ce roman j’ai aussi découvert les théories de cette femme.

 

Quant à Frank Wright, il apparaît comme un bourreau de travail, obsédé par ses créations, sûr de sa supériorité en ce domaine, imbu de son génie. Car il était réellement génial. Je suis allée fouiller sur le net et j'ai pu admirer ses réalisations très bien décrites d’ailleurs par Nancy Horan, et j’ai adoré ce que j’ai découvert : les « Prairies Houses » dans la banlieue résidentielle de Oak Park, Fallingwater house, le musée du Guggenheim de New York, et tout particulièrement Taliesin où se déroulera un événement tragique.

 

Un génie donc, qui a fait passer son travail et ses réalisations avant le reste, prêt à trahir ses amis pour un de ses projets, menant un train de vie bien au-dessus de ses possibilités financières, continuellement endetté.

 

Malgré tout, Mamah et lui seront toujours proches, leur amour et leur connivence intellectuelle, leur intérêt commun pour l’art leur feront supporter les épreuves, le rejet de leurs proches, le manque de leurs enfants, les ennuis financiers, pour partager un destin hors du commun, jusqu’à cette fin –que je tairai ici – digne effectivement de celle d’une fiction.

 

J’ai donc apprécié de nombreux éléments  lors de cette lecture : les début du féminisme dans l’Amérique puritaine et en Europe, la découverte de l’œuvre de Wright, celle de la personnalité exceptionnelle de Mamah.

 

Mais au final, si j’ai aimé apprendre beaucoup sur l’architecte et sur cette femme, je n’ai ressenti aucune empathie pour cet homme à l’égo surdimensionné ni pour cette femme qui n’a à mon sens pas réussi à aller au bout de ses choix – mais peut-on lui en vouloir vu le contexte ?  Elle est allée très loin dans son refus des conventions et du dictat imposé aux femmes de son époque, et malgré tout elle n’a vécu que dans l’ombre de cet homme. Oui, je sais, l’amour….

 Loving Frank -Frank

 Loving Frank -Mammah

Bref, si je ne savais pas maintenant qu’il s’agit d’une histoire vraie, je dirais que le personnage n’est pas très cohérent. Mais je crois finalement que c’est la platitude du style qui m’a laissée à la porte de l’histoire de ces deux personnages extraordinaires. J’ai eu l’impression que l’auteur n’avait pas réussi à faire le choix entre fiction et documentaire, s’attardant sur de longues descriptions (très bien documentées) sur les théories du féminisme, ou sur les théories et les réalisations de Wright, ce qui rompait le rythme du récit. On sent bien toute l’admiration de Nancy Horan pour ces deux personnes et pour leur travail, mais j’ai eu et j’ai encore la sensation que la fiction n’était peut-être pas la forme la plus appropriée pour en rendre compte.

D'autres billets plus enthousiastes chez Kathel, l'Or des chambres, Zarline, Lystig

 

 

    Pour le mois américain chez Titine.

Mois américain 

 

 

 

 

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 07:03

 

Sauver sa peauSauver sa peau– (Hide) - Lisa Gardner- Traduction de l'américain de Cécile Deniard

 

Quatrième de couverture

Sally, Cindy, Lucile… Depuis l’enfance, Annabelle Granger s’est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d’histoire… sans que ses parents lui donnent la moindre explication. Bien plus tard, la découverte, dans une chambre souterraine de l’ancien hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes fait la une des journaux. L’une d’elles porte un médaillon au nom d’Annabelle Granger. L’heure n’est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l’ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l’attend. Depuis vingt-cinq ans. Le début surprenant d’un suspense qui ne l’est pas moins…

Toujours difficile de parler d'un polar sans trop en dévoiler alors que l'intérêt de ce genre de lecture est justement de faire des hypothèses, de jouer au fin limier, de démasquer le vilain...

Dans ce roman on commence par un mystère, celui d'Annabelle qui raconte sa vie à la première personne, ce qui nous rapproche forcément d'elle. C'est d'ailleurs le seul personnage de cette histoire qui se raconte ainsi. Il faut dire que sa vie est peu banale. S'adapter dès le plus jeune âge à changer de nom, à appeler ses parents par un nom différent, à de nouvelles villes, de nouvelles écoles , et tout ça sans en connaître la raison.

Son père l'a élevée dans la méfiance, la crainte d'un agresseur potentiel, ils ont constamment vécu sur la défensive. Mais pourquoi ? Maintenant qu'elle a 32 ans, Annabelle ne le sait toujours pas. Son père est mort dans un accident de la circulation et elle n'a jamais subi aucune agression. Pourtant, elle continue à vivre en essayant de passer le plus inaperçu possible, et à part un livreur d'UPS qui lui apporte régulièrement du matériel pour son travail, elle n'a aucune vie sociale. Elle en veut à son père, qu'elle soupçonne d'avoir été un paranoïaque de haut niveau, de lui avoir gâché la vie, sans parler d'avoir provoqué la mort de sa mère.

L'annonce de la découverte des corps de petites filles dont une porterait son nom l'oblige à sortir de sa réserve habituelle et c'est le début d'une suite de rencontres de personnages tous potentiellement coupables, de rebondissements surprenants et de fausses pistes trimbalant le lecteur d'une hypothèse à une autre jusqu'au final.

Annabelle ne sait plus si elle doit se sentir victime, mais ce qui est sûr c'est que son histoire est liée à celles des enfants découverts dans l'ancien hôpital psychiatrique.

Les deux policiers qui vont s'occuper de l'enquête forment un duo assez classique, toutefois j'ai aimé que l'auteur n'en fasse pas des super-flics rentre-dedans. Ils sont souvent montrés avec leurs fêlures et leur part d'ombre.

L'intrigue est suffisamment bien menée pour amener à tourner les pages et ne pas pouvoir s'arrêter à la fin d'un chapitre en se disant, « je reprendrai demain ». Non, l'auteur applique une règle d'écriture qui a fait ses preuves et qui veut qu'à la fin d'un chapitre un élément nouveau fasse tourner la page pour connaître les conséquences de cet élément.

On n'a pas là un grand roman, ni une grande écriture – l'importance est donnée à l'intrigue plutôt qu'au style – mais on passe un bon moment à essayer de démêler tous les fils de cette histoire assez glauque.

J'aurai quand même une petite réserve sur la fin que je n'ai pas trouvée aussi bien que le reste. Mais finalement je me rends compte que rares sont les romans policiers qui me scotchent à la fin.

Malgré tout je ne boude pas mon plaisir d'avoir passé un peu de temps jusqu'à une heure avancée de la nuit avec ce roman.

Pour le challenge Thrillers et Polars chez Liliba et le Mois Américain chez Titine. 

                Challenge thriller            Mois américain 

 

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 07:19

 

L'école des massacreurs de dragonsL'Ecole des massacreurs de dragonsT. 1 Le Nouvel élève 

Auteur : Kate Mc Mullen – Illustrateur : Bill Basso – traductrice : Vanessa Rubio

 

Voici une nouvelle série (enfin, nouvelle, parce que je viens de la découvrir !) qui devrait plaire aux amateurs de dragons et d'aventures teintées de médiéval à lire en autonomie à partir de 7/8 ans.

Dans ce premier épisode, on fait donc la connaissance de Wiglaf. Il est petit pour son âge – troisième d'une fratrie de 13 garçons, on pourrait croire qu'il est le petit dernier. La famille est très pauvre et tous s'entassent dans une misérable masure. Les frères de Wiglaf n'arrêtent pas de le martyriser et ses parents ne lui prêtent attention que pour lui faire faire toutes les corvées les plus pénibles.

Wiglaf a un rêve : devenir un héros légendaire , d'ailleurs un ménestrel de passage le lui a prédit. Alors que la famille arrive à la foire de Pinwick, Wiglaf voit une affiche très intéressante : une petite annonce pour inciter les familles à inscrire leurs fils à l'école de massacreurs de dragons. C'est décidé, Wiglaf va intégrer cette école. D'ailleurs les parents voient là l'occasion de se débarrasser de ce fils qui les encombre.

Il y a juste un petit problème : comment être capable de massacrer un dragon quand on ne supporte pas l'idée d'écraser une araignée ?

Un récit très agréable, plein d'humour où on accompagne Wiglaf dans son apprentissage et dans ses aventures avec ses nouveaux amis de l'école de massacreurs de dragons.

Il y a déjà 16 épisodes publiés par Gallimard jeunesse (Folio cadet). Autant dire que Wiglaf et ses copains n'en ont pas fini avec leurs aventures dragonnesques.

Pour le challenge Littérature jeunesse/Young adult et le mois américain

challenge-jeunesse-2   Mois américain

  Ce roman est ma 24ème et dernière participation au challenge Littérature jeunesse /Young adult.  Je m'étais inscrite pour 10 ouvrages, puis je suis passée dans la catégorie 20 ouvrages et je suis heureuse de voir que finalement je Vis dans un conte de fées avec 24 ouvrages (Youpiiii !) 

 

 

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 07:33

 

Reprise du rendez-vous avec Hérisson et Missbouquinaix si elles sont toujours partantes.

Aujourd'hui deux romans jeunesse très différents mais qui parlent à leur manière tous les deux de quête d'identité, et de libre arbitre.

 

 

La société des S T1La Société des S  T.1 – (The Society of S) - Susan Hubbard - Traduction de l'américain de Marion Danton

 

Quatrième de couverture

Pendant longtemps, Ari a cru que son père, Raphael Montero, était végétarien et souffrait d’une maladie de peau. Pendant des années, elle a trouvé normal de passer ses journées cloîtrée dans un manoir, avec des milliers de livres. Il a suffi d’une soirée, la première de sa vie dans une famille ordinaire, avec des ados de son âge, des flots de couleurs, de sons, d’odeurs et une télé branchée sur un film de vampires… pour qu’Ari comprenne qu’on lui avait menti. Et si son père, beau comme un prince gothique, n’était pas un simple mortel, s’il appartenait à un autre monde ? Elle est prête à le découvrir, au péril de sa vie... et de son âme.

 

Raphaël Montero refuse de répondre aux nombreuses questions de sa fille sur leur vie pour le moins particulière. C'est en côtoyant une famille qui ne vit pas comme au 19ème siècle – c'est-à-dire des gens qui ont des ordinateurs, qui font les boutiques, des enfants qui font du vélo, qui ont une vie sociale – que Ari se rend compte qu'elle vit sans doute dans le mensonge depuis 13 ans. La boîte de Pandore est ouverte, les questions se font de plus en plus nombreuses.

Ce roman reprend le mythe des vampires mais il est loin de ressembler aux autres que j'ai pu lire. Tout d'abord il y a l'écriture très soutenue de Susan Hubbard, et les nombreuses références littéraires. Raphaël Montero est extrêmement cultivé et il transmet à sa fille une culture et une érudition littéraire qui fait rêver. Shelley, Thoreau, Walden entre autres sont souvent convoqués dans leurs discussions, mais surtout Poe dont le père est un grand spécialiste.

Ici le vampire n'est pas un être sanguinaire qui court après les jeunes filles pré pubères. Il est érudit, scientifique (il travaille sur les propriétés du sang, ben oui, c'est un vampire quand même !), recherche une vie paisible. Mais sa fille ne va pas vouloir continuer à vivre ainsi, elle se sauvera et partira à la recherche de sa mère, disparue à sa naissance.

C'est donc un roman d'apprentissage qu'on a là, une quête d'identité. Un roman sur l'adolescence, sur l'acceptation de sa différence, sur les choix de vie (Ari sera-t-elle humaine ou vampire ?).

Bref, un roman qui change de la littérature habituelle sur les vampires et qui aborde intelligemment la quête d'identité d'une adolescente pas si différente dans ses interrogations que les jeunes filles dont les parents sont banalement humains.

Il s'agit du premier roman d'une trilogie.

 

 

 

Après la première mortAprès la première mort - (After the first death) - Robert Cormier - Traduction de l'américain de Michèle Poslaniec

Quatrième de couverture

D'un côté, les méchants : quatre hommes masqués, armés jusqu'aux dents, des preneurs d'otages, des terroristes, des monstres.

En face, les bons : l'armée américaine, généraux, agents secrets, tireurs d'élite, des humains.

Au milieu, les victimes. Seize enfants de cinq ans dans un bus détourné, arrêté sur un pont, et la jeune fille remplaçante, morte de peur, qui les conduisait au centre de loisirs, ce matin d'août.

Mais si les choses n'étaient pas aussi simples ?

Si les monstres étaient aussi des humains, des rebelles avec une cause, des hommes de beaucoup de foi, des êtres prêts à sacrifier leur propre vie pour qu'un jour leur pays renaisse de ses cendres ?

Et si les humains étaient aussi des monstres, des patriotes calculateurs et brutaux, des professionnels insensibles, dépourvus d'imagination, qui eux aussi, font passer l'intérêt général avant l'amour de la vie ?

Ben est le fils d'un général américain. Il est le messager choisi par les terroristes. Lui seul connaît la réponse, de l'intérieur.

On a peine à penser que ce roman a été écrit en 1979 tellement il résonne dans l'actualité de ces dernières années. Ce texte était épuisé, l'École des loisirs a eu l'excellente idée de le rééditer en 1985.

On est en présence de terroristes qui prennent en otages des enfants de 5 ans qui auraient dû passer leur journée dans un centre de loisirs. Ces enfants sont innocents, qui voudrait leur faire du mal ? Des monstres bien sûr ! Ces terroristes veulent échanger ces enfants contre des prisonniers politiques. Un échange inégal s'il en est car on ne peut comparer ces petits à des adultes engagés dans une lutte politique et armée.

Pourtant tout n'est pas si simple et c'est avec un vrai talent d'écriture que Robert Cormier amène à réfléchir à la situation. Rien n'est manichéen, comme souvent dans ce genre de récit (plutôt au cinéma d'ailleurs) où les bons et les méchants sont bien identifiés.

C'est au travers des points de vue de différents protagonistes que l'auteur nous entraîne vers cette réflexion sur le terrorisme . Il y a Kate la conductrice du bus et la seule véritable adulte dans ce bus au départ, Miro, le jeune terroriste et Ben le fils d'un militaire américain qui sera envoyé dans le bus comme messager. Ben et Miro ont de nombreux points communs finalement , et particulièrement dans leur relation au père ou à la représentation du père.

Sans jamais juger ni condamner, Robert Cormier nous fait entrer dans la vie et les pensées de chacun des protagonistes et nous laisse nous faire notre propre opinion. Si l'écriture est apparemment simple, la construction du récit est complexe et demande plus d'attention.

Il s'agit d'un roman dur, sans complaisance, qui n'épargne pas les personnages, ni le lecteur, mais qui a le mérite d'amener à se poser des questions sur la vie, la construction de l'individu, la complexité de l'être humain, l'importance - le poids ? - des origines et la difficulté de choisir son existence.

Un auteur dont j'avais déjà apprécié l'intelligence et l'écriture dans La Guerre des chocolats, Je suis le fromage, Après la guerre des chocolats.

 

Ces deux romans entrent dans le challenge Littérature jeunesse/Young adulte et dans le mois américain.

challenge-jeunesse-2Mois américain   

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:41

 

 

Chez Titine, septembre sera américain.

J'avais adoré le mois anglais en décembre, et ma Pal regorge de littérature états-unienne, alors pourquoi se priver ? 

Si vous voulez vous joindre à nous,

les inscriptions c'est par ici.

 

Mois américain

 

 

 

 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 07:36

 

 

Passage des lumières VictoiresLe Passage des Lumières Épisode III : Victoires – Catherine Cuenca

 

Après  Espoirs et Révoltes, voici le troisième volume de la série.

 

Zélie retourne pour la troisième fois à Basmont au 18 ème siècle, et cette fois-ci elle arrive en 1792 . Elle est impatiente de retrouver Léandre mais à son arrivée tout est bouleversé. Elle découvre que le Père Joseph a été emprisonné et que Léandre est parti combattre les Prussiens, comme la plupart des jeunes hommes du village.

 

Zélie va devoir faire face avec courage à ces événements et elle va tout faire pour faire libérer le prêtre, allant pour cela jusqu'à passer un accord terrible avec l'ignoble Juste Perrin devenu maire du village.

 

Elle va ensuite s'approcher au plus près des champs de bataille afin de retrouver son amoureux.

 

Cet épisode, toujours bien écrit et bien documenté, nous fait vivre en même temps que Zélie et ses compagnons la célèbre bataille de Valmy et la naissance de la Ière République. C'est rythmé, haletant, on ne s'ennuie pas un instant. La tonalité de ce roman est plus sombre que dans les précédents, Zélie côtoie la mort et les horreurs des champs de bataille. Elle est également amenée à faire des choix radicaux pour vivre son amour avec Léandre. Mais la fin, encore une fois bravo à l'auteur !, ne sera pas celle qu'elle avait espérée.

 

Je suis curieuse de voir comment la relation entre Zélie et le siècle des Lumières va évoluer dans cette série qui tient vraiment ses promesses.

 

Prochain épisode à sortir en septembre.

Lecture qui entre dans le challenge Littérature jeunesse/Young adult

challenge-jeunesse-2

 

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 07:51
 
Mon frère est parti ce matinMon frère est parti ce matin... Marcus Malte
J'avais envie de continuer ma découverte de l'univers de Marcus Malte, mon chemin a croisé ce petit livre (2€ ne vous en privez surtout pas !), je l'ai dévoré vous pensez bien.
Encore une fois je suis conquise par l'écriture de Marcus Malte, par sa façon d'explorer le genre humain, avec humour, avec ironie, avec noirceur parfois, souvent, avec humanité, toujours....
 
Mon frère est parti ce matin...
n'est pas vraiment un roman (trop court - 96 p.), ni une nouvelle (trop long), il s'agit en fait d'une novella (je ne connaissais pas cette classification dans la littérature française, voilà qui est fait).
 
Chenevières est un petit village tranquille de Saône-et-Loire. Tranquille jusqu'au mois de septembre 1972 où Charles B. décide de quitter ce monde en s'isolant dans sa maison. Il ne veut plus avoir affaire au monde extérieur. Il demande toutefois à son voisin de lui apporter régulièrement de quoi se nourrir et surtout, chose essentielle pour Charles B. mais étonnante pour un homme qui veut vivre en ermite, il fait promettre à ce bon voisin de lui apporter chaque jour, sans faute, le journal local.
Il calfeutre sa maison et commence une nouvelle vie pour lui, loin de ses contemporains. Cette vie - quelle vie ! - durera 27 ans.
Des raisons de cet isolement, l'auteur ne nous dit rien. Il nous donne seulement à voir l'installation de Charles B., sa lecture du journal qui devient au fil des ans la seule chose qui le fait encore se lever. Il ne lit que les faits divers et en découpe certains, macabres, qu'il colle sur les murs de sa maison. Pourquoi ceux-là ? Quel rapport avec lui ? Que cherche-t-il ? Cherche-t-il même quelque chose ? Nous n'en saurons rien, Marcus Malte nous laissant nous débrouiller avec nos propres hypothèses.
Bien sûr, le lecteur n'est pas le seul à s'étonner de la décision de Charles B., le village tout entier donne libre cours à nombre de suputations diverses et pas toutes des plus attentionnées. Il y a ceux qui s'inquiètent, ceux qui se moquent, ceux qui parient sur la durée de l'isolement...On sait ce que c'est qu'un petit village et les rumeurs qui y courrent et qui occupent les langues et tentent de tuer l'ennui. Et on connaît aussi le fonctionnement des médias qui lorsqu'ils n'ont plus rien à se mettre sous la ligne, se ruent sur le moindre micro-événement, le dissèquent, l'adaptent à leurs besoins, le font enfler au même rythme que leur audimat. Un ermite ? Il ne leur en fallait pas moins pour s'acharner sur Chenevières. Et loin de tout ce fracas, Charles B. devient la bête curieuse, le porte-parole d'un groupe anti-société de consommation, l'inspirateur de sectes (ce qui donne lieu à un passage très drôle sur un curé et des grenouilles de bénitiers)...bref, Charles B. devient célèbre bien malgré lui et le village aussi pour le plus grand plaisir de certains qui y trouvent leur moment de gloire ou qui y voient un moyen rapide et facile de s'enrichir.
A travers l'histoire simple d'un homme qui prend une décision personnelle et mûrement réfléchie, Marcus Malte dépeint la société actuelle et ses travers. C'est souvent caustique et bourré d'humour.
Tel un conteur, il nous livre là une petite histoire qui en dit long sur nous.
A déguster ...sans modération.
 
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