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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 07:40

Oh Boy afficheOh, Boy !

Adaptation du roman de Marie-Aude Murail par Catherine Verlaguet

Mise en scène de Olivier Letellier

Avec ce soir là Lionel Lingelser

 

J’avais adoré le roman de Marie-Aude Murail qui racontait l’histoire d’une fratrie qui se retrouvait sans parents. Trois gamins placés dans un foyer en attendant de trouver une solution. La solution pouvait venir de Bart, un demi-frère homosexuel et puéril, incapable de prendre sa vie en main, alors celles des autres, vous pensez bien ! Et Josiane, la demi-sœur en mal d’enfant n’était pas mieux.

J’avais hâte de voir l’adaptation théâtrale. Comment faire passer tous ces sentiments, toutes ces aventures en à peine 1h30 et qui plus est avec un seul acteur sur scène ?

Si dans le roman l’histoire des trois jeunes est très touchante et ces trois personnages attachants, le personnage principal est bien Bart, ce grand adulescent qui va devoir accepter de grandir et s’ouvrir aux autres. C’est finalement lui que toute cette histoire bouleverse le plus.

Et c’est là que la mise en scène est habile. Olivier Letellier a pris le parti de ne montrer que le point de vue de Barthélémy. 

Bart est seul en scène. Il est à la fois Bart, son petit ami, Siméon, Morgane, Venise, l’assistante sociale, la juge.

Pour donner vie à tous les personnages, il se sert d’objets : des poupées Barbie, des play-mobil, des petites voitures…

Sur scène une armoire, une petite chaise, trois boîte noires suspendues.

Chacun de ces objets délimite un espace, évoque une personne. L’armoire devient lit d’hôpital, route, cercueil, table… Les boîtes évoquent l’école, le foyer d’accueil, l’appartement et permettent des scènes plus intimes entre Bart et chacun des enfants. La petite chaise nous donne à voir les rencontres avec le médecin ou le bureau de la juge, mais représentent ausi Venise ou Morgane.

Oh Boy armoire Oh Boy chaise Oh Boy Play mobiles

Jamais on ne se perd, entre récit et jeu, tout est clair, tout est vivant.

Avec beaucoup d’humour et d’amour, le personnage de Bart est devenu adulte sous nos yeux en moins d’1h30.

Quel magnifique spectacle ! Intelligent, sensible, drôle, émouvant.

Deux acteurs incarnent en alternance Barthélémy : Lionel Erdogan et Lionel  Lingelser. C’est Lionel Lingelser que j’ai vu. Un jeune acteur qui dégage une énergie incroyable quand il saute sur l’armoire, la porte, la déplace, mais devient délicat et très émouvant quand il manipule les petits objets. Il passe du registre de la tendresse, à l’humour en un clin d’œil. Il est tour à tour énervant, méchant, naïf, charmeur, charmant, et si drôle, parce que l’humour c’est l’arme, la carapace de Barthélémy. Il donne corps à chacun des personnages. Son jeu fait littéralement exister sous nos yeux Siméon et sa douleur sur son lit d’hôpital,  la détresse de Morgane ou le débordement d’amour  de la petite Venise.

Ce spectacle a reçu le Molière du Jeune Public, c’est un titre amplement mérité et je ne peux que vous inciter à vous précipiter au théâtre pour voir Oh, boy !  toujours en tournée.

Je n’ai trouvé que des photos avec Lionel Erdogan, l’acteur qui a créé le personnage, Lionel Lingelser venant tout juste de reprendre le rôle.

3/8 pour le challenge En Scène ! chez Bladelor.

CategorieMusset

 


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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 07:30

 

Swap printempsLe Printemps est tardif cette année, heureusement que ce swap organisé par notre Asphodèle nous aura réchauffés un peu.

Forcément on avait moins froid à courir ici et là pour trouver ce qui pourrait plaire à notre binôme (la mienne de binôme c'est Jeneen, vous savez ? Oui, oui, cette Jeneen-là. Oui, je sais...merci pour votre soutien...).

Et après il y en a qui ont dû avoir vraiment chaud à sautiller autour du paquet déjà arrivé mais qui ne devait pas être ouvert avant le retour de vacances de sa swapée (heureusement que la petite Jen est plus raisonnable que sa maman ).

Voici donc ce que j'ai trouvé en rentrant.

DSCF7196DSCF7201

 Chouette ! Du journal ! Moi qui n'ai pas suivi les infos pendant les vacances ! Mais je rêve ! Je sais que je n'ai pas le sens de l'orientation, mais de là à m'indiquer où est le dessus du paquet ! DSCF7203Voilà, après un bon coup de fer à repasser, je saurai tout sur les moeurs des Korrigannes, les constructions de dolmens, la consommation de chouchen (je rassemble tout ça et je fais un billet...enfin, peut-être pas...).

Mais venons-en aux choses sérieuses.

DSCF7207 DSCF7211

 Rhôôôô ! Du vert ! J'adore le vert ! Mais comment elle a deviné puisque paraît-il (grmlgrml) je n'avais pas été très précise dans le questionnaire ? Mais il n'y a pas que du vert, il y a toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et une belle carte (en bas à droite) dans laquelle je trouve la marche à suivre pour deviner ce que chaque couleur contient (et j'ai tout trouvé !).

DSCF7221Vous avez aussi remarqué les coccinelles, les petits oiseaux, les fleurs et les feuilles ? C'est sûr, c'est le printemps !DSCF7223Tout çaaaaaaaaa ? C'est confirmé, pour ceux qui avaient encore un doute, ma swapée est folledingue... Regardez de plus près comme j'ai été gâtée...

 DSCF7235Quatre livres, rien que ça : Toute Passion abolie de Vita Sackville-West / Les Trois Lumières de Claire Keegan / Miss Mackenzie de Anthony Trollope / Delirium tremens de Ken Bruen.

Et un film, de Kim Ki-Duk, bien dans le thème , Printemps, été, automne, hiver ...et printemps.

Mais ce n'est pas tout ! Deux jolis carnets, un superbe marque-page magnétique, et trois jolies cartes aux couleurs du printemps. And last but not least, une photo de ma Bigoudène préférée à la plage (en bas à droite, avec ses bottes et sa coiffe imperméable, vous la reconnaissez ?).

DSCF7249

 Comme si ça ne suffisait pas, il y avait aussi de superbes boucles d'oreille-oiseaux. Je vais attendre pour les mettre que le vent se calme, je ne voudrais pas me retrouver portée en haut d'un arbre par ces jolis zozios.

DSCF7260Jusque-là, le thème du printemps avait été respecté aussi avec le thé noir fraise-violette (dommage qu'on ne puisse pas photographier les odeurs, c'est un délice ! et je vais dès aujourd'hui tester la saveur, impossible de résister plus longtemps !).

Normalement, au printemps, on se prépare pour entrer dignement dans le maillot de bains, et ne pas faire honte à son entourage dès l'été venu. J'ai bien peur que les petites choses rondes et la truffade n'aident pas à suivre la tradition !  Mais qu'importe ! J'ai les papilles qui frétillent déjà !DSCF7253Merci ! merci ! merci ma swapounette ! Tu es vraiment trop ! Tu m'as gâtée-pourrie...C'est comme Noël en mai !

 Et cerise sur le gâteau...heu...je devrais plutôt dire bouquet sur le swap, samedi aux aurores, ou presque, un charmant jeune homme a apporté ça, accompagné d'un petit mot chantant (ça m'a rappelé les télégrammes chantants dans Brooklyn Boogie ) .   "Prête à faire n'importe quoi "??? Tu viens encore de le prouver...mais c'est trop mignon...j'aime...

    DSCF7261    DSCF7266

    (Désolée, je n'ai pas eu la présence d'esprit de photographier le jeune homme...qui n'a pas chanté d'ailleurs.)

Le printemps ? J'adore !

Pour aller faire un tour chez Jeneen, c'est par là.

 

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 08:08

 

Je vous ai rapporté des couleurs et du soleil en attendant

un printemps digne de ce nom dans nos contrées.

 20- Kerkouane3 bis- Hôtel Tozeur

DSCF7131

 Sidi Bou Saïd 26DSCF7179

DSCF7008

Dur, dur, le retour...     

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 09:01

 

Le premier jeudi du mois, c'est le rendez-vous avec Hérisson et Missbouquinaix.

Aujourd'hui, deux romans "animaliers". Le rapprochement est vraiment tiré par les cheveux, mais j'assume.

RatsRats – David Fermer

  Quand j'ai vu le titre, je n'ai pas eu envie plus que ça de me jeter sur ce roman jeunesse, j'avoue une répulsion incontrôlée et incontrôlable pour ces bestioles. Mais quand j'ai vu que c'était Jean-Claude Mourlevat (une référence en matière de littérature jeunesse) qui a fait la traduction, je me suis dit que ça devait être au moins un roman intéressant et bien écrit, bien construit...Vous devinez la suite.

Des orphelins découvrent que l'île où ils résident est le lieu d'expérimentation sur des poissons. Un produit les fait grossir rapidement (les poissons, pas les orphelins !) et permet de nourrir une population toujours croissante et faire ainsi plus de profit. Les rats de l'île ingèrent aussi ce produit et deviennent énormes et potentiellement dangereux. Les habitants de l'île sont évacués, mais quatre orphelins décident de rester pour élucider le mystère.

Un autre orphelin a atteint le continent et devient l'objet d'expémirentations scientifiques. Son histoire continuera dans les égoûts au milieu d'habitants des plus particuliers.

Dans ce monde dirigé par un dictateur, un jeune lieutenant trahit l'armée et organise la résistance.

Ces trois histoires vont se croiser, mais après bien des longueurs.

On retrouve les thèmes habituels de la dystopie : une dictature, la prise de conscience, la révolte, les dérives du pouvoir et de la science.

Le problème c'est que d'autres ont fait bien mieux dans le domaine (Gemma Malley notamment) et que le roman fourmille de personnages que l'auteur n'a pas pris le temps de développer, privilégiant l'action. Mais on se perd aussi dans les intrigues différentes. Je suis allée au bout mais sans enthousiasme.On passe.

Un nouveau pour le challenge Littérature jeunesse/Young adult

challenge-jeunesse-2

 

Prenez soin du chienPrenez-soin du chien – J.M Erre

 

Quatrième de couverture

Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Ruche, peintre sur coquilles d'œuf, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne... Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin ?

 

Un roman très drôle où le lecteur est confronté aux habitants de deux immeubles dans lesquels la folie monte rapidement en puissance. Tout le monde épie tout le monde, tout le monde suspecte tout le monde et tout ça va rapidement tourner à l’aigre. C’est loufoque, déjanté, et pourtant parfois pas si loin de la réalité. On se dit « c’est pas possible, jusqu’où ça va aller ? », et ça va loin, je vous l’assure. C’est très bien construit, entre récit, extraits de journaux intimes, de pseudo œuvres cinématographiques des différents personnages, de lettres. Je ne me suis pas ennuyée un instant.    

 

Chez  Hérisson: Le Monde attend derrière la porte de Pascale Maret / Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ? de Susan Nielsen

Chez  Missbouquinaix : Secret absolu de Wilkie Collins / La Délicatesse de David Foekinos / Zéro tués de Sà Moreira



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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 08:00

 

Vive les vacances !

Tozeur

A bientôt

 


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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 07:36

 

Charles A l'école des dragonsCharles à l’école des dragons - texte d'Alex Cousseau - illustrations de Philippe-Henri Turin

 

J’ai découvert cet album grâce à Jen et je ne regrette pas d’avoir écouté ses cris enthousiastes.

Cet album est d’une beauté !

Je me suis littéralement perdue dans les grandes pages, les couleurs vives et le trait délicat de l’univers proposé par Philippe-Henri Turin. Et la qualité des illustrations est rehaussée par une histoire très touchante et drôle à la fois.

Charles est un adorable dragounet, il est beau, intelligent, bref, il a toutes les qualités. Ce sont ses parents qui le disent. !

Pourtant si on veut être objectif, Charles n’est quand même pas le dragon idéal. Il a des pieds gigantesques, des ailes tout aussi grandes dont il ne sait que faire, et surtout il préfère lancer des mots plutôt que cracher du feu. Il faut être père ou mère aveuglé par l’affection pour ne pas se rendre compte qu’un dragon qui ne sait ni voler ni cracher du feu est mal parti dans la vie.

Il le sent bien Charles que ça ne va pas être facile pour lui à l’école, il redoute son premier jour. Et il a raison. Les autres se moquent de lui, de sa façon de parler, de son manque d’enthousiasme pour l’apprentissage du vol ou du lancer de flammes. Ils le traitent de « poète », quelle insulte !

Il a parfois le spleen ce gentil Charles et c'est dans la poésie qu'il trouve refuge, ce qui lui permet de supporter les moqueries et la mise à l’écart, d’exprimer ses sentiments.  J'ai le corps d'une gazelle mais je suis un dragon. Regardez bien mes ailes, écoutez mon jargon...Voyez mes pieds pareils à deux grosses pastèques. N’importe quel orteil je le transforme en steak. Il n'a rien à envier à Baudelaire, vous ne trouvez pas ?

Ce superbe album parle très bien de la différence, de la dureté des cours d’école, de l’incompréhension face à la méchanceté. Pourquoi les autres se moquent-ils de son physique alors que ses parents lui ont toujours dit qu’il était beau ? Pourquoi ne peut-on pas être différent ?

Charles 1Rassurez-vous, Charles finira par s’accepter et se faire accepter.

Vous l’aurez compris j’ai tout adoré dans cet album. La richesse des illustrations appelle le lecteur à s’y replonger et à découvrir à chaque fois de nouveaux détails. Les couleurs font pétiller les yeux et la poésie de notre dragounet chéri met le sourire au lèvres.

Charles 2J’avais prévu de l’offrir, mais il a intérêt à être très très très gentil le petiot, s’il veut que je permette à Charles de s’envoler jusque chez lui.

Bladelor aussi a adoré.


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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 07:41

 

C'est officiel  !

Ma PAL et moi, on ne perdra pas un gramme ce printemps (ni peut-être même cette année)!

Rassurez-vous je ne vous parlerai que des fluctuations de poids de ma PAL...

Elle s'était déjà arrondie lors de 2 ou 3 craquages ces dernières semaines.

Charles A l'école des dragons  La Cité - La lumière blanche Sentimento

Mais tout ça ne compte pas, hein, c'est pour offir, ça ne fait que passer...

 

Le grand mort 1 Le grand mort 2 Le grand mort 3       

Mattéo 1 couv Mattéo 2 couv

Mon frère est parti ce matin

Bon, là, j'avoue, ça va rester un moment ... Mais, moi, quand il fait froid, j'ai des envies de chocolat, et pour lutter contre ces envies et bien...j'achète des livres...et de temps en temps aussi ... du chocolat...

 

Liliba m'a donné l'occasion de faire un peu de tri et l'illusion de faire du vide, mais comme un troc c'est un troc...j'ai donc récupéré pour ma plus grande joie 

A quand les bonnes nouvelles Haute société  Le problème avec Jane  Le jeu de l'ombre

Merci Liliba

Et vous savez quoi ?

Cerise inattendue sur le gâteau que je m'interdis de toucher, la cloche vendéenne s'est égarée dans ma BAL sur son retour à Rome !  Je ne vois que ça comme explication, elle n'a plus sa tête !

Elle a déposé de belles choses pour ma PAL

Le goût des pépins de pommes  Ainsi mentent les hommes

et quelques douceurs chocolatées (elle me connait bien !) dont il ne reste déjà plus suffisamment de traces visibles pour vous les présenter (ben, oui, je vous ai dit qu'il faisait froid, et quand il fait froid...). Et un joli carnet plein de citations que j'ai très envie de mettre en pratique (Le travail est un mal nécessaire à éviter - Mark Twain) et d'autres que je pratique déjà (Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain - Alphonse Allais).

Merci à toi Asphodèle, ma gentille fée clochette, pour cette si touchante attention.

C'est donc officiel !

Ni ma PAL ni moi ne perdrons un gramme ce printemps.

Mais qu'importe, si c'est pour profiter de si bonnes choses.


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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 07:45

 

TaklamakanTaklamakan (Le Désert d'où on ne revient jamais) de Gérald Dumont

Editions Lansman – 2009

 

En 2006 le Théâtre de la Tête noire, scène conventionnée pour les écritures contemporaines (Saran – 45) a passé commande à plusieurs auteurs dans la cadre de « Partir en écriture ». Gérald Dumont a fait partie de l'aventure. Il a traversé la Russie par le transsibérien, puis la Chine entre Pékin et Kashgar. Six semaines de voyage et d'écriture, d'où naîtra la pièce

Taklamakan (Le Désert d'où on ne revient jamais), publiée en 2009. Cette pièce a reçu le prix de l'InédiThéâtre (prix des Lycéens).

 Cette pièce est en fait une fable. Elle nous raconte l'histoire de Damien, la vingtaine, qui vient de gagner une grosse somme d’argent.

Il décide de rejoindre Pékin par le transsibérien, histoire de s’éloigner de ce monde « qu’il n’aime pas »... Il partage son compartiment avec Monsieur Martin, un homme plus âgé, qui communique peu mais se dit être « Monarque du Royaume autonome et nomade de Providence » et qui part rejoindre un village dans le désert du Taklamakan. Ces deux hommes n'ont apparemment rien en commun, mais le voyage va prendre une autre allure pour tous les deux et va transformer leur vie.

 Damien est un personnage surprenant, énervant parfois, mais surtout  attachant. Il ne cesse de parler, à Monsieur Martin, à lui-même. Il filme son voyage, il se filme, témoignant de ce qu'il voit et ressent. C'est une forme de carnet de voyage qui se crée sous nos yeux, et tout en racontant son voyage, Damien se raconte et se dévoile. Taklamakan (Le Désert d'où on ne revient jamais) est l'hstoire d'un parcours initiatique, celui de Damien qui finira par trouver sa place et devenir à son tour un royaume autonome.

Extraits :  

DAMIEN :

Il est venu s’asseoir sur sa couchette, face à moi. Il a regardé dans le vide, comme d’habitude. Il ne m’avait pas encore adressé la parole.

Je n’allais pas m’offusquer. Avant, je m’offusquais.

Plus maintenant. Quand même !

Partager depuis quatre jours le même compartiment sans qu’il m’adresse la parole… quand même ! Pas la parole, rien, nada !

Il écrivait. Ça pour écrire, il écrivait !

Alors, j’ai filmé…

Il parle en filmant

Kilomètre 5200 depuis Moscou.

Cela fait maintenant longtemps que nous longeons une forêt de Berioschka. Ca veut dire « Bouleau » en russe. C’est très beau. Les arbres ont de jolies teintes automnales, comme en Bourgogne à la même saison. C’est un peu comme hier. La forêt, les bouleaux, exactement comme hier, et aussi comme avant-hier, au kilomètre 4000 à Krasnoïarsk… , mais pas pareil.

Il retourne la caméra vers lui.

Parce qu’hier, c’est jamais comme aujourd’hui, et pas pareil que demain.

MARTIN:

Vous êtes toujours comme ça ?

DAMIEN :

Comment « comme ça ? ».

MARTIN :

Con.

DAMIEN:

…Oui.

J’ai dit « oui », comme ça, sans même réfléchir. Faut être con, quand même !

J’ai dit « oui », et il est reparti, dans le couloir, un peu comme un type qui rentre chez SEDICO faire ses courses et qui ressort, satisfait, le panier plein, tranquille !

Je vous jure, j’ai failli pleurer de dégoût, de solitude et de tout d’un tas de bazar que je me trimbale depuis que je suis parti …et même d’avant que je parte.

Il m’avait offusqué. Cela faisait longtemps. Le con .

  -----------

 DAMIEN:

Le paysage défilait : Des chantiers.

Ou plutôt un seul et gigantesque chantier où des hommes et des femmes protégés de foulards semblaient errer dans une poussière opaque.

Martin me regardait.

Ses yeux passaient à travers moi.

J’étais transparent. Il ne voyait que les immeubles, les hangars et les autoroutes en construction.

C’est une sensation étrange. Être rien.

Un jour, j’aimerais raconter ma vie.

J’aimerais que l’on sache qui je suis.

Je voudrais que l’on pense forcément quelque chose de moi.

Je ne demande pas que l’on dise « quel gars bien », ou « quel type formidable ! ».

Je ne veux rien de tout ça.

Je veux juste représenter quelque chose, pour quelqu’un.

Et puis, je voudrais bien que l’on évite de m’écraser la gueule tout le temps.

Parce que c’est comme ça que je la vois, ma vie. Je ne sais jamais d’où ça va venir, mais je finis toujours pas me faire écraser la gueule.

Je demande juste que l’on fasse attention à moi. Voilà. C’est ça. Je voudrais juste que l’on fasse attention à moi.

A l’aéroport, en quittant la France, je me sentais tout seul, tout triste de quitter je ne sais pas quoi d’ailleurs.

Alors, j’ai commencé à feindre un malaise. Comme ça, pour de faux, pour que l’on s’occupe de moi. Je voulais que l’on vienne à moi, que l’on me parle. J’ai commencé à me frotter le front, comme lorsque l’on ne se sent pas bien. Je me suis un peu balancé en faisait « Ho la la ! »

Personne n’a bougé. Personne ne me regardait.

Alors, j’ai laissé tomber. Faut dire que c’était idiot comme idée.

N’empêche, si on venait à moi, alors là, je ferais des choses bien, des choses formidables, juste si on venait à moi.

On me demanderait des choses toutes simples : « Ca va ? Vous aimez quoi, dans la vie ? Parlez-moi d’une de vos passions ? ». J’adorerais parler de moi. Mais vraiment ! Pas comme quand je donne mon avis chez SEDICO sur le fromage en tube ! Non ! On me poserait de vraies questions. Et puis, j’aimerais bien ne pas répondre que « oui, je vais bien », mais parfois « non, ça va pas » et dire pourquoi. Et que l’on m’écoute, et que l’on me prenne au sérieux.

C’est con ce que je dis ! Puis je parle dans le vide !

 

taklamakanaffichewebCréation Janvier 2012

Avec Damien Olivier et Dominique Thomas

Sur scène, un capharnaüm fait de souvenirs de voyages, d'objets qui prendront tour à tour de l'importance et feront marcher l'imaginaire des personnages et du public. Un écran en fond de scène sur lequel sont projetés les « témoignages » de Damien filmés en direct, ou des gros plans de certains des objets entassés dans un coin. On est plus dans l'évocation, l'imaginaire, la poésie, que dans le magazine de voyage. 

De son périple, l'auteur a rapporté des idées, des mots, des sensations, mais il a aussi capté des sons, réutilisés sur scène (bruit de train, de gare). Les seuls sons qui nous rapprochent du réel de Damien sont les musiques rock. On passe ainsi sans cesse du souvenir ou de l'imaginaire, au réel de l'un ou l'autre des personnages. 

Scène

Le texte est magnifiquement porté par les acteurs, et particulièrement par Damien Olivier, qui passe avec bonheur du zébulon survitaminé au pierrot tendre. Il fait littéralement exister ce personnage qui porte sur le monde un regard à la fois désabusé et naïf, qui part au bout du monde sans savoir ce qu'il va y trouver et encore moins ce qu'il est parti y chercher. Ce Damien si drôle et si touchant qui n'est plus le même au bout de ces 9000 km, tout comme le regard que le spectateur porte sur lui. Si son transsibérien fait une halte près de chez vous, n'hésitez surtout pas à aller à sa rencontre.  

CategorieMusset

 A ajouter au challenge En scène ! de Bladelor

 

 

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 07:47

 

Val de Loire...On ne peut pas faire deux pas sans tomber sur un château...alors pourquoi se priver ?

Le week-end pascal fut frais, mais ensoleillé et surtout un régal pour les yeux.

Voyez par vous-même...

Tout d'abord Blois, demeure royale en plein coeur de la ville.

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   Le magnifique escalier extérieur, pour mieux voir et...être vu.DSCF6752     DSCF6751

Chacun y mettait sa marque. On est le plus grand ou on ne l'est pas !

  

Et puis un petit tour à Chambord.

 

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Chambord 1879DSCF6746 

 

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Chambord 1903 Chambord 1890

 

 Chambord 1882     Chambord 1885

 Le fameux escalier à double révolution (extérieur et intérieur)

 

Chambord 1888 Chambord 1891

Et toujours la petite touche personnelle....

Pas mal comme élément de propagande du pouvoir, non ?

Je ne suis pas sûre que les générations futures en diront autant de notre époque...

Mais sait-on jamais...

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 07:40

 

Pour ce nouveau rendez-vous avec Hérisson et Missbouquinaix, voici deux romans de Pascal Garnier.

  Lune captiveLune captive dans un œil mort Pascal Garnier

Couple sans enfant et sans problème, Martial et Odette décident de passer leur retraite au soleil. Ils se laissent tenter par une résidence de luxe pour seniors dans le sud. Aux Conviviales, tout est là pour faire passer une retraite heureuse : maisons de plain-pied et très fonctionnelles, piscine, voisins triés sur le volet, gardien, périmètre sécurisé, animatrice...le rêve.

Pourtant les débuts sont difficiles. Ils ont emménagés les premiers et passent leur premier hiver seuls et sous la pluie. Mais rien ne semble arrêter l'enthousiasme d'Odette. Quant arrivent les premiers voisins, les relations se nouent, les activités se mettent en place, tout pourrait aller à merveille. Mais ce huis-clos va mal tourner pour les désormais cinq résidents. Le gardien, ancien militaire assez inquiétant, tue un chat, Odette est poursuivie par une mouche qui la rend folle. Et une grille télécommandée qui protège des intrus c'est bien, mais quand elle tombe en panne, on devient prisonnier de sa propre résidence. Quand la chaleur suffocante s'y met, elle ne fait qu'exacerber les petits travers et les phobies de chacun. Alors quand des gitans s'installent pas loin, la paranoïa est reine.

Mettez cinq ou six personnages dans un univers clos, et ça devient vite un cauchemar, surtout quand le tout est orchestré par Pascal Garnier. Là où Odette et Martial pensaient trouver le paradis, ils vont vivre un véritable enfer.

Rien d'exceptionnel, de petits événements qui vont petit à petit mener au dérapage, une tension qui monte. C'est noir, souvent drôle, et surtout finement observé. Du grand art.

A noter dans cette réédition en poche, la préface de Jean-Bernard Pouy qui livre un très bel hommage à Pascal Garnier décédé en 2010.

 

La théorie du pandaLa Théorie du Panda – Pascal Garnier

Un homme débarque dans une petite ville de Bretagne. On ne sait rien de lui si ce n’est qu’il s’appelle Gabriel. Il s’installe dans un petit hôtel, et fait des rencontres : José, patron de bistrot, Madeleine, réceptionniste de l’hôtel, Marco et Rita, couple fatigué par la vie et la drogue.

Gabriel va les écouter, autour de petits plats qu’il leur aura cuisinés et offerts sans rien attendre en retour. Forcément on se demande ce qu’il fait là , ce qu’il veut à ces gens qu’il nourrit si généreusement. Tant de gentillesse peut éveiller les soupçons.

Mais Gabriel ne fait que les laisser parler, sans doute pour ne pas parler de lui. Il est la bouée de sauvetage à laquelle tous vont se raccrocher.

Il tente de les réconforter car il sait que personne ne pourra jamais le réconforter, lui. On se doute bien que ce personnage traîne un passé douloureux, voire même qu’il essaie de s’oublier dans son don aux autres ou même de se racheter, mais j’étais loin de deviner de quoi il s’agissait vraiment. 

Toujours avec habileté, l’auteur amène le lecteur à donner corps à ce personnage intriguant au travers de passages en italiques distillés tout au long du roman. Et le malaise ressenti tout durant la lecture trouve enfin explication.

Pascal Garnier fait preuve d’un sens du dialogue étonnant, il parsème ici et là des touches d’humour, même dans les scènes les plus noires, et la poésie n’est jamais loin.

Quelques petites phrases :

- Une pendule propose 17h18.

- Un réverbère vaporise une lumière blafarde sur une demi-douzaine de box obturés par des portes de tôle ondulée d'une même couleur indéfinissable. Au-dessus, un ciel parce qu'il en faut bien un.

- La réceptionniste s'appelle Madeleine à en croire la médaille qui pend à son cou. Sans être belle, elle n'est pas laide. Disons qu'elle hésite entre les deux.

- « Marco ? … Non, ça ne me dit rien... J'ai un Marcus, Marcus Malte. Il me fait poser des rustines sur ses baskets, vous voyez le genre, un artiste ! » (bel  hommage à Marcus Malte)

- Jamais elle n'avait été plus belle, bien plus belle que son géranium.

 

Merci à Edith/Jeneen pour ce beau livre voyageur et cette délicieuse lecture.

D’autres avis entre autres chez  Karine, Aymeline, Sharon, Bladelor

Prochain rendez-vous le 3 mai.

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Chez Hérisson : 35 kilos d'espoir de Anna Gavalda /Les enfants du dieu-soleil d’Odile Weulersse

 

  Chez Missbouquinaix : L’Agence Barnett et Cie de Maurice Leblanc/La Duchesse de Bloomsbury Street de Helen Hanff / Le Combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat

 

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