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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 08:05

 

La Boîte noireLa Boîte noire et autres nouvelles

Tonino Benacquista

 

 

4ème de couverture

Un homme tout juste sorti du coma qui reçoit de l'infirmière la transcription de ses secrets les plus enfouis, de son passé le plus perdu. Un jeune homme sur les traces d'un amour passé pour exaucer les dernières volontés de son oncle. Un type, un peu paumé, se souvient du temps où il savait arrêter la pluie. Un mari est prêt à tout pour rencontrer sa maîtresse malgré une femme maladivement jalouse. Un journaliste pense réaliser sa meilleure interview et conquérir la femme de sa vie en une soirée. Autant de personnages bien ordinaires, confrontés à des situations extraordinaires, et qui, de petites lâchetés en mensonges minables, se retrouvent fatalement dans une position aussi intenable que réjouissante...

 

 

Une lecture rapide que ces nouvelles, toutes très différentes, si ce n’est qu’elles mettent à chaque fois un personnage ordinaire dans une situation peu banale.

 

L’ordinaire, on croit le trouver dans Un temps de blues, où un homme, pour échapper à une pluie diluvienne, vient se réfugier dans un bar. Ce bar recèle un trésor, un juke-box, et les musiques le font voyager dans le temps, un temps où il savait arrêter la pluie. Saurait-il le faire encore ?

 

Dans Transfert, une femme est persuadée que son mari a des problèmes et doit voir un psy. Devant le refus du mari qui assure ne pas avoir besoin d’aide, la situation empire et le couple est en proie à une terrible crise – le manque de confiance et la jalousie s’installent. Le mari finira par céder et voir quelqu’un, comme elle l’avait suggéré, mais est-ce bien ce que la femme voulait au départ ?

 

Quand comme dans La Volière un vieil oncle meurt en disant « Je veux être enterré près de la volière », on tente de respecter ses dernières volontés. Mais s’il n’y a aucune volière aux alentours, que faire ? C’est le début d’une incroyable recherche pour Jeannot, qui va aller de découverte en découverte. Son vieil oncle n’a pas eu la vie qu’il imaginait.

 

Un journaliste va vivre une folle journée. Alors qu’il n’a aucun avenir professionnel, une occasion en or s’offre à lui, mais il va de décision stupide en décision stupide et ruine toutes les chances qui lui sont données. (La Pétition)

 

Un jeune homme, là encore sans histoires, se retrouve à l'hôpital dans le coma à la suite d'un accident de la route. Lorsqu'il sort du coma , un coma vigile comme lui expliquera l'infirmière qui l'a veillé, cette même infirmière lui donne un petit carnet dans lequel elle a noté son délire verbal de comateux. De retour chez lui, après bien des hésitations, il ouvre cette  Boîte noire , et là commence un voyage dans son inconscient qui va transformer sa vie.

 

Les cinq nouvelles sont toutes très agréables à lire, notamment La Volière, et La Pétition, drôle et désopilante, mais La Boîte noire sort quand même du lot. Particulièrement bien construite, avec une chute surprenante, elle donne matière à réflexion sur la mémoire et sur les mystères de l'inconscient. Pas étonnant qu'elle ait donné lieu à des adaptations en BD ( Ferrandez-Benacquista) et au cinéma (R. Berry).

                BD 2        La boite noire - 4

 

 

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 10:30

Coup de coeurNeuf histoires qui pourraient rebuter car parfois empreintes de réalisme social assez dur, mais si pleines d’amour pour les personnages qu’il ne faut pas passer à côté.

 

 La Taille d’un ange – Patrice Juiff    La Taille d'un ange

 

C'est la rencontre entre autre d'une jeune fille de 13 ans, aînée d’une fratrie, encore enfant – elle fait toujours pipi au lit – et c’est elle qui, chaque dimanche matin depuis que sa mère est partie, doit désigner lequel des frères ou sœurs va subir les coups du père [Le Dimanche matin].

Dans Un Cœur en commun une autre jeune fille découvre que sa mère, qu’elle croyait morte, est handicapée mentale. Une adolescente, à peine femme, va apprendre à devenir mère dans La Taille d’un ange. Dans une autre nouvelle un homme découvre qui était celle qu’il a toujours pris pour sa grande sœur [Le premier vrai souvenir que j’ai d’elle].

 

Dans chacune de ces nouvelles la première phrase nous happe, et il n’est plus possible de lâcher ces récits de vie de gens ordinaires, perdus, un peu cabossés. Patrice Juiff a l’art de l’accroche. Il nous fait entrer dans des vies apparemment banales mais où se cache le féroce.

 

On entre chez des gens ordinaires, qu’on pourrait dire de classe moyenne, on nous balance leur désarroi et leur déchéance à la figure, on nous donne à voir derrière le rideau. A chaque histoire, l’auteur peint le drame familial.

Car c’est bien de famille dont il est question, de la difficulté d’aimer, de dire, au sein de ces familles et c’est la fragilité de ceux qui les composent qui intéresse l’auteur.

Ce qui est magnifique c’est qu’il ne porte jamais de jugement, même sur cette jeune mère qui laisse son bébé dans la nature pour aller boire un verre ou sur ce père de famille qui frappe ses enfants chaque dimanche matin. L’empathie qu’il éprouve pour ses personnages est communicative.

Une écriture qui a de la grâce. C’est émouvant, bouleversant, foudroyant.

 

Un grand coup de cœur donc et un auteur dont j’ai hâte de lire les romans.

   

  

    

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 17:58

 

J'ai tendance à préférer les gros romans dans lesquels je peux plonger plusieurs jours, me frotter aux personnages et prendre le temps de les apprivoiser. Les nouvelles sont trop vite lues. Mais il en est de belles. Daisy Miller en est une.

 

 Daisy Miller 2

Daisy Miller – Henry James

 

Winterbourne, jeune Américain en visite auprès d'une tante en Suisse, rencontre une jeune compatriote, Daisy Miller. Celle-ci sillonne l'Europe avec sa mère, femme effacée et peu autoritaire avec ses enfants, son jeune frère, capricieux qui n'a de cesse de critiquer l'Europe et ne laisse passer aucune occasion de dire qu'en Amérique tout est mieux, et un domestique qui semble avoir dans cette famille un rôle bien plus important qu'il ne devrait avoir, aux dire des gens de la bonne société.

 

Daisy Miller charme aussitôt Winterbourne par sa beauté mais également avec ses manières peu conventionnelles, son rire spontanné, sa façon de regarder droit dans les yeux, de ne pas rougir comme devrait le faire toute jeune fille issue de bonne famille et bien éduquée...Elle semble ne rêver que d'être entourée d'hommes, et le comble, c'est qu'elle ne s'en cache pas.

 

Winterbourne, conquis, l'accompagne sans chaperon (mon Dieu !) au château de Chillon. De ce jour , il idéalise cette jeune fille peu conventionnelle et se prend à espérer la retrouver à Rome où il devra à nouveau visiter sa tante en hiver, et où Daisy séjournera également avec sa famille.

 

A son arrivée à Rome il retrouve une Daisy apparemment vexée de son peu d'empressement auprès d'elle. Elle lui fait part de ses occupations italiennes, entourée de nombreux Italiens. Il y en a un particulièrement qui l'accompagne partout, avec lequel elle passe de longs moments seule, au grand dam de toutes les dames bien-pensantes qu'ils côtoient.

L'attitude de Daisy lui fera du tord car elle sera publiquement écartée lors d'une fête, punie par ses compatriotes pour ne pas vouloir rentrer dans le rang. Winterbourne qui, jusque-là, avait toujours pris sa défense, arguant qu'elle n'était qu'une jeune personne « en friche » - il avait même accepté de jouer les seconds rôles auprès de la belle - finit par douter de son innocence, et par s 'éloigner d'elle (il la traite même de garce, oui, oui, …).

Ce n'est qu'à la fin – tragique – qu'il comprendra qu'il s'était complètement trompé sur elle.

 

Dans cette longue nouvelle, Henry James aborde ses thèmes de prédilection : l'opposition entre l 'Amérique et l'Europe et le carcan dans lequel la bonne société européenne se complaît et qu'elle s'impose où qu'elle voyage.

C'est au travers du regard de Winterbourne que nous découvrons Daisy. S'il fait part de son enthousiasme, de son admiration, de ses atermoiements, on ne sait rien de la psychologie de la jeune fille. Elle vit apparemment sans se poser de questions, elle agit comme bon lui semble, mais on ne sait ce qu'elle pense vraiment. Elle donne son nom au titre de la nouvelle alors qu'on sait si peu de chose sur elle.

Comme Winterbourne, on peut être amusé par son attitude désinvolte. Mais est-elle si désinvolte que cela ? N'est-elle pas seulement capricieuse ? Tout au long du récit, à la même enseigne que Winterbourne on peut se demander si elle joue à la jeune femme émancipée ou si elle l'est vraiment, et jusqu'où. Peut-être est-elle simplement trop spontanée, manquant de l'éducation nécessaire pour survivre dans cette société étouffante. Peut-être aussi n'est-elle pas si insensible que cela à sa mise à l'écart. C'est au lecteur de se faire sa propre opinion...sans préjugés.

Quant à Winterbourne, qu'est-ce qui, dans l'attitude de Daisy, a pu attirer ce jeune homme, certes Américain, mais élevé avec les traditions et les préjugés de sa classe ? Ne serait-ce pas qu 'elle lui a donné l'illusion de sa propre liberté ?

 

Un beau portrait touchant d'une jeune femme sacrifiée par une société mortifère, engluée dans ses principes et ses codes. Et on se dit qu'on n'est finalement pas si mal à notre époque et dans ce pays quand on est femme.

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