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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 07:35

 

Un été outremerUn Eté outremer – Anne Vantal

 

 Félicien, 18 ans, raconte son voyage en Algérie à la recherche de sa mère biologique.

Il a toujours su qu'il était un enfant adopté, arrivé dès l'âge de trois mois dans un foyer aimant, entre des parents sans problèmes et une jeune sœur adoptée elle aussi. Sa scolarité se passe normalement, il a des copains, tout va bien. Mais il a décidé que le jour de ses 18 ans, il demanderait à voir son dossier, c'est son droit. Toutefois, sa mère préfèrerait qu'il passe son bac tranquillement et qu'il s'occupe de ce dossier après. Mais Félicien ne peut pas attendre et il découvre qu'il est né en Algérie d'une mère algérienne.

Passée une première réaction raciste et la recherche de signes physiques qui auraient dû le mettre sur la voie de ses origines, il prend une décision, la seule possible à ses yeux, partir à la recherche de cette mère dont il n'a que le nom.

Félicien va s'organiser en secret de sa famille, après tout c'est SON histoire. Le jour de son départ il ne laissera qu'un simple mot, demandant à ses parents de ne pas s'inquiéter, disant qu'il reviendrait bientôt, sans plus d'explications. D'ailleurs pouvait-il en donner des explications, lui qui ne savait pas vraiment ce qu'il allait chercher, ce qu'il allait trouver ni comment il allait s'y prendre ?

Le jeune homme raconte, sous forme d'un journal, sa découverte d'un pays dont il ne connait rien si ce n'est quelques préjugés. Il note ses impressions, ses avancées, ses déceptions, comme s'il voulait garder la trace des moindres détails de cette nouvelle naissance, de ce chemin vers ses origines, vers lui-même. Parce que ce qu'on comprend bien c'est qu'il a un besoin vital d'être confronté avec cette mère et avec son histoire. Il n'est pas question pour lui de remplacer ses parents par cette nouvelle mère, d'ailleurs il ne l'appelle jamais que par son prénom, Samira. Une famille, il en a déjà une. Non, ce vers quoi il va n'est pas une mère, mais lui-même.

Il appréhende le pays de ses origines avec précautions, avec lenteur. Il prend le temps de la réflexion, le temps de faire des rencontres, d'éprouver des émotions, de faire des expériences olfactives, gustatives, sonores, le temps de fixer tout cela autant qu'il le peut avec son appareil photo.

La simplicité et la poésie de l'écriture participent à associer le lecteur à tout ce qu'éprouve Félicien en découvrant en même temps que lui un pays et ses habitants.

Je ne vous raconterai pas la fin, et donc pas ce qu'il advient de Félicien, mais je ne peux que vous inciter à lire ce court récit (125 p.) qui traite avec beaucoup de délicatesse du parcours d'un jeune homme en quête d'identité, et de la nécessité de guérir les blessures de l'abandon pour continuer à se construire.

     

 

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 07:00

Dès que je m'ennuieDès que je m’ennuie je sauve le monde – Guillaume Guéraud

Non, ne croyez pas que je vais vous parler de moi. Quoi que…parfois, je me dis que je ne ferais peut-être pas plus mal que certains. Mais là n’est pas le sujet, et puis, le collant bleu, la cape rouge, j'avoue...

Non, je veux vous parler d’un petit roman dont le titre m’a attirée. Et quand en plus j’ai vu que l’auteur en était Guillaume Géraud dont je n’ai lu que le très beau mais très sombre Je mouurai pas gibier , je n’ai pas résisté un seul instant. Et j’ai bien fait !

J’y ai rencontré Eugène, un petit garçon qui s’ennuie en classe. Banal, me direz-vous ! Ce qui l’est moins c’est l’univers dans lequel Eugène se réfugie pour échapper aux tables de multiplication et à la maîtresse pas franchement rigolote.

Fréquemment son esprit dérive vers des aventures où il a toujours le beau rôle. Dark Vador a la chair de poule à mon approche. Et les vampires claquent des dents quand ils me voient. Vous voyez, c’est quand même plus palpitant que la table de 7 ! Une fois parti dans sa lutte contre les monstres ou les méchants envahisseurs, il se sent tellement bien Eugène.  Certes, c’est moins génial quand la maîtresse le ramène à la réalité et que les autres se moquent de lui.

Ses parents s’inquiètent, l’emmènent consulter un psy, oui, parce que ce n’est pas normal d’être constamment dans la lune comme ça. Mais la réponse du psy ne sera pas celle que les parents attendent, et on en est bien content pour le petit Eugène .

Quand on voit tous ces gamins hyperactifs qui passent leur temps entre l’école, le conservatoire, le match de foot ou la danse, la télé, l’ordi et autres écrans, et qui au final ont un emploi du temps plus chargé que celui de leurs parents, on souhaiterait qu’ils puissent s’ennuyer un peu et devenir comme Eugène, juste un instant, sauveur du monde !

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 15:50

 

Je reprends ces rendez-vous qui me permettent de parler plus rapidement de livres lus sans avoir eu le temps ou l'envie sur le moment d'en faire un billet.

Pour ces deux derniers épisodes, c'est le temps qui m'avait manqué parce que l'envie de partager mon enthousiasme pour cette série était bien là !  

 La fin d'une série http://2.bp.blogspot.com/_IErVaPjxR-U/TUej0J8QRFI/AAAAAAAAAig/I1vIKs0gxeo/s1600/coeur54.gif

 

 

 Le Passage des lumières-EspoirLe passage des lumières - révoltes  Passage des lumières Victoires  Passage Lumières IV Passage Lumières V

 

J'avais adoré les trois premiers épisodes ( Espoirs, Révoltes, Victoires) et je me demandais vraiment comment l'auteur allait pouvoir terminer sans me décevoir. Et bien Mme Cuenca, vous m'avez encore bluffée !

Passage Lumières ill 1 

Je ne vais pas vraiment vous raconter ici les deux derniers épisodes, ce serait vous gâcher le plaisir (parce que vous allez les lire, pas vrai ? ).

Je vais me contenter de vous donner mes impressions et vous dire pourquoi cette série mérite plus que la lecture de billets ici et là.

Tout d'abord, si j'aime les romans historiques, j'en ai peu lus en littérature jeunesse qui soient aussi intelligents à la fois dans ce qu'ils apportent d'historique justement, et dans leur structure narrative (peut-être qu'il y en a plein, mais ils ne me sont jamais passés entre les mains !).

Ensuite parce que l'entrée dans l'Histoire par le fantastique permet justement aux jeunes lecteurs d'aujourd'hui d'adhérer à l'histoire romanesque et donc d'entrer avec plaisir dans l'Histoire.

Dans le premier épisode, Espoirs, Zélie, en classe de 3ème, découvre grâce à un oncle apparemment pas très mature, un passage vers le 18ème siècle et se retrouve confrontée aux premiers frissons de la Révolution française. Elle assiste à la rédaction de cahiers de doléances et ressent ses premiers émois amoureux quand elle rencontre le jeune et beau Léandre.

Passage Lumières ill 3 

Au fur et à mesure des épisodes qui correspondent à chaque fois à un retour de Zélie dans le passé, l'auteur fait vivre à son héroïne un nouvel épisode de la Révolution.

1791 et la fuite du roi dans Révoltes, 1792, la bataille de Valmy et la naissance de la Ière République dans Victoires, 1794 et la Terreur dans Révélations etTrahisons, les deux derniers épisodes.

Passage Lumières ill 2 

N'insistez pas, je ne vous raconterai pas la fin. Je peux juste vous dire que Zélie, au péril de sa vie va affronter bien des dangers pour tenter de sauver Léandre de la mort par guillotine.

Ils sont tellement mignons ces deux-là, on voudrait tellement qu'ils vivent heureux pour toujours...

Mais peut-on changer le passé ? Peut-on refaire l'Histoire ? Deux époques peuvent-elles cohabiter ?

Passage Lumières ill 5      Passage Lumières ill 4

Catherine Cuenca sait allier roman historique et roman d'aventures avec talent. Elle nous tient en haleine à chaque épisode grâce à une succession de rebondissements dignes des meilleurs romans d'aventures.

Cette série dont l'aspect visuel est également magnifique fait appel à l'intelligence des jeunes et elle ose décrire des scènes difficiles. Plus on avance dans le récit, plus l'atmosphère est pesante, dramatique, sombre.

A chaque épisode, le chapitre de fin, voire la toute dernière page, m'a scotchée !

Et ce n'était rien comparé à l'épilogue du dernier épisode !

On croyait que c'était terminé mais qui sait....

 

Pour en savoir plus sur Catherine Cuenca   

Les illustrations viennent du site de Raphaël Beugnot, l'illustrateur de la série.

 

 L'avis de Hérisson chez qui j'avais découvert ce petit bijou.   

  Le rendez-vous aussi chez MissBouquinaix   (Maurice Leblanc, Françoise Sagan, Tonino Benaquista)

 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 12:03
 
à quoi servent les clownsAu Salon du livre de jeunesse, je comptais bien voir Anne Percin et lui faire dédicacer un roman pour la petiote … ou pour moi ! Mais sur le stand il n'y avait que  Le premier été,  que j'avais déjà. D'ailleurs, j'avais déjà tous ceux qui étaient présentés, et comme je n'avais pas voulu me charger, je ne les avais pas apportés avec moi. Des livres, ce n'est pas ce qui manque au Salon... J'ai donc pris le seul que je ne connaissais pas … A quoi servent les clowns ? A priori, je n'aime pas l'univers du cirque et je trouve que la couverture est plutôt repoussante. Mais franchement je ne regrette pas d'avoir mis la main sur cette histoire.
Tout d'abord, parce que Anne Percin a fait une très jolie dédicace pour la petiote. Ensuite parce que cette histoire, encore une fois fait mouche.
 
A quoi servent les clowns ? – Anne Percin
Mélinda, presque sept ans, vit avec sa maman et sa grande sœur dans une caravane, seul refuge trouvé après l'incendie de leur immeuble. La maman travaille beaucoup, fait des heures supplémentaires à n'en plus finir pour essayer de joindre les deux bouts, et Cindy, la grande sœur, apprentie coiffeuse, veille souvent sur la petite.
De l'incendie, Mélinda n'a sauvé que son livre de lecture parce que la maîtresse avait donné des pages à lire pour le lendemain. Mais pas de chance, la voiture de maman est en panne et elle ne peut donc pas aller à l'école.
Elle avait d'autres trésors qu'elle aurait pu sauver : Tigrou, sa peluche doudou ou l'unique photo de son père qu'elle n'a jamais connu. Elle regrette.
Alors Mélinda passe son temps à jouer, à rêver. Elle oublie ainsi le quotidien.
Un jour, elle trouve un petit tigre tout doux, tout gentil, qu'elle va nourrir en dérobant de la viande à la baraque à frites de sa mère.
Ce bébé tigre s'est échappé d'un cirque et c'est la faute de Pablo. Il aide dans le cirque de ses parents qui vient s'installer tout près de la caravane de Mélinda. Bien sûr, la rencontre entre les deux enfants et les deux univers va changer la vie de Mélinda et de sa famille, et on va assister à de nombreux rebondissements.
Dans ce petit roman, Anne Percin aborde des thèmes très sombres – la précarité, l'exclusion, le racisme – autant de faits de société très actuels. Mais elle y met aussi beaucoup de poésie et elle fait de l'histoire de Mélinda un vrai conte de fée. Elle célèbre le pouvoir de l'imaginaire, du rêve, et met des couleurs et de la lumière là où on aurait bien du mal à en trouver si on était à la place de cette famille.
Elle ne s'étend pas sur la vie difficile de la mère et de ses filles, elle la suggère, nous amène à la lire entre les lignes. Elle préfère nous conduire vers autre chose, vers la capacité à rebondir, vers l'espoir, la possibilité d'entrevoir un arc-en-ciel entre les larmes et de rire malgré les difficultés. Et tout ça dans un style vivant, des dialogues toujours justes, l'ensemble du récit passant avec subtilité du rire aux larmes sans jamais tomber dans le mélo larmoyant.
L'auteur fait encore une fois preuve d'un grand sens de l'observation des ados et des enfants. Tout est juste !
Ah ! Au fait ! A quoi servent les clowns ? "Un clown, c'est quelqu'un qui te fait marrer quand tu voudrais pleurer, parce que plus ça va mal, plus c'est dur de rire, et plus t'en as besoin"


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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 18:33

Yark 1

 

Le Yark - Auteur : Bertrand Santini / Illustrateur : Laurent Gapaillard

 

Encore une fois je me félicite d'avoir suivi l'avis enthousiaste de Theoma.

J'ai accueilli le Yark chez moi et ce fut un grand moment de bonheur.

Vous ne connaissez pas le Yark ? Vous l'avez pourtant certainement rencontré dans vos pires cauchemars lorsque vous étiez enfant. Mais heureusement il n'est jamais entré dans votre chambre, sinon vous ne seriez pas là à me lire !

    Que dire de ce monstre ? Qu'il est gastronome ! Ses plats préférés : « jambon de garçon, gratin d’orphelins, purée d’écoliers, gigot de jumeaux, bébés panés  rillettes de fillettes ».

Mais il doit choisir ses plats avec prudence parce que cet énorme monstre poilu a un système digestif fragile. « Son ventre délicat ne tolère que la chair d’enfants sages, un peu comme les vieux, qui avec l’âge, ne digèrent plus que le potage ».

le yark 6 

Et de nos jours, les enfants sages, ça ne court pas les rues, alors notre horrible Yark n'est pas loin de mourir de faim.  

Ce roman illustré est une petite merveille d'humour noir. C'est jubilatoire parce que souvent immoral !

Bernard Santini lorgne du côté du conte mais en le détournant, et pour notre plus grand plaisir il nous entraîne vers des aventures inattendues.

Le petit côté « conte traditionnel » est souligné par les magnifiques illustrations de Laurent Gapaillard. Voyez-vous même, des gravures qui rappellent celles de Gustave Doré (mais en beaucoup plus drôle !)  

 

Yrak 2     yark 4

yark 8        yark 3

 Ne vous privez surtout pas de cette lecture, pour vous ou pour vos petiots !

Au fait, qu'en pensez-vous ? Vos petiots feraient-ils un bon repas pour le Yark ou lui donneraient-ils quelques embarras intestinaux ?

le yark 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 07:30

 

Mon Vaisseau Te Mènera Jeudi Sur Un Nuage – Marcus Malte

 

 http://idata.over-blog.com/0/20/28/80/amour/coeur-gif-090.gifMon vaisseau

Romain a une petite sœur, Justine, atteinte d’un cancer. Leur maman s’est installée à la Maison des Parents à l’hôpital pour être auprès de sa petite fille, et Romain et son père viennent la rejoindre le temps des vacances scolaires.

Romain va découvrir le monde de l’hôpital, et ce qu’est une Maison des Parents, et par la même occasion, il nous sert de guide.

On y rencontre des gens désespérés, inquiets. Ses propres parents craquent parfois, ils essaient de le cacher à Romain, mais il sent bien leur tristesse. On y rencontre aussi beaucoup de solidarité et il y circule beaucoup d’amour, et quelques fois même on y rit et on y chante. La vie est là, bien présente qui s’invite malgré les moments de découragement.

A l'hôpital Romain va rencontrer Alexia, une fille pas comme les autres. Ils sont très différents tous les deux. Elle connaît l’univers médical comme sa poche, parle de la maladie de son frère en employant un vocabulaire technique et professionnel comme un vrai médecin. Elle a les pieds sur terre aussi, et n’élude pas la possibilité de la mort. Romain, lui, a tout sauf les pieds sur terre ; sa passion c’est l’univers, le ciel, les planètes.

D’ailleurs, chaque chapitre commence par une information sur une des planètes du système solaire. La beauté de cet univers, cet espace infini, tout ce qu’on en connaît ou qu’on ne connaît pas encore…

J’ai beaucoup aimé ce parallèle avec les infinies possibilités que la vie peut apporter. Et j’ai beaucoup aimé que l’auteur ne nous donne pas de réponse ni de fin. Que va-t-il arriver à Justine et au frère d’Alexia ? Nous ne le savons pas, ni les parents, ni les médecins. Mais Romain et Alexia sont persuadés qu’ils vont guérir, et c’est ça l’important, l’espoir, toujours l’espoir.

La fin ouverte nous laisse réfléchir, on est comme les deux enfants, on veut y croire tout en sachant que comme dans l’univers, une étoile peut disparaître et laisser un trou, un manque…

Ce roman aurait pu être larmoyant, lourd de bons sentiments. Mais quand on dit Marcus Malte, on dit intelligence, et… poésie (pfff ! je n'ai plus aucune objectivité avec cet auteur). C’est tout simplement beau !

Un très bel hymne à la vie … et un coup de cœur pour moi.

Et n'insistez pas, je ne vous donnerai pas l'explication sur ce titre étrange et poétique.

Vous n'avez qu'à lire ce joli roman.

 

 

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:47
        
   
Qq mn après minuitQuelques minutes après minuit –(A Monster calls) - Auteur, Patrick Ness / Illustrateur, Jim Kaye / Traducteur, Bruno Krebs http://idata.over-blog.com/0/20/28/80/amour/coeur-gif-090.gif

Quand ma super libraire m'a proposé ce roman, j'ai tout d'abord été charmée par l'objet, sa couleur, ses illustrations. Et puis j'ai eu un peu peur d'être déçue parce que j'avais tellement aimé la trilogie du même auteur (Le Chaos en marche). Mais j'avais tort d'avoir des hésitations...parce que j'ai adoré encore une fois l'écriture de Patrick Ness (et bravo au traducteur).

Ici, rien à voir avec Le Chaos en marche. Il s'agit d'un conte poétique qui aborde avec une grande délicatesse le chagrin d'un jeune garçon face à la maladie de sa mère.

Il refuse longtemps d'accepter l'inéluctable et se réfugie dans le rêve, dans un autre monde.

Conor a 13 ans, il vit seul avec sa mère. Sa vie n'est pas parfaite : son père vit aux Etats-Unis avec sa nouvelle femme et leur bébé, il ne le voit plus guère, et en plus Conor se fait harceler à l'école.

Sa vie à deux avec sa mère pourrait malgré tout être agréable, mais voilà, elle est malade, et elle a des périodes difficiles quand elle essaie de nouveaux traitements. Conor s'inquiète et prend en charge beaucoup de choses pour un garçon de son âge.

Depuis quelque temps, toujours à la même heure - minuit et sept minutes précises - il fait d'affreux cauchemars qui le terrifient.

     
 L'arbre lui dit qu'il va lui raconter trois histoires et Conor devra lui aussi en raconter trois, mais ne devra dire que la vérité.
Incapable de faire disparaître ce monstre, il devra s'exécuter et arriver à dire la vérité, cette vérité que le terrifie.

Patrick Ness reprend une idée originale de Siobhan Dowd, décédée en 2007. Il en fait un roman d'une grande poésie, mêlant réalisme et fantastique.

L'émotion est très forte et on a la gorge serrée tout du long, accompagnant Conor dans cette épreuve si difficile à vivre et à admettre pour un si jeune garçon. Patrick Ness analyse très bien toutes les phases par lesquelles Conor passe – la peur, l'étonnement, l'espoir, le déni, la colère, le chagrin, la révolte. Et il nous met, nous lecteur impuissant, dans une situation délicate. Témoin de la détresse de Conor, conscient de l'issue fatale, comme l'if, nous ne voulons qu'une chose : que Conor accepte et exprime enfin son chagrin.

Un véritable coup de coeur dû aussi aux magnifiques illustrations de Jim Kay.

Voir aussi l'avis de  Theoma.

 
 
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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 08:08

chat assassin

Le Noël du chat assassin - Anne Fine - Traduit de l'anglais par Véronique Haïtse - illustrations de Véronique Deiss

 C'est fait ! J'ai fait la connaissance de Tuffy ! Depuis le temps que je le voyais passer sur les blogs...

J'ai profité du swap de Noël pour demander ce petit roman à mon Père Noël perso, j'ai nommé MTG.

Sitôt demandé, sitôt reçu, et sitôt lu !

Parce que ça se dévore une petite gourmandise comme celle-là !

Pensez donc, un chat qui nous raconte son Noël catastrophique, qui fait preuve d'une mauvaise foi comme j'ai rarement vu et qui porte un regard ironique sur le monde qui l'entoure et particulièrement sur sa « famille » humaine ! Je ne pouvais qu'aimer !

Quel aplomb il a ce Tuffy ! Je l'envie vraiment de pouvoir prétendre que rien n'est sa faute (pas comme Valmont dans Les Liaisons dangereuses, nan, nan, nan. Tuffy, lui, pense vraiment que ce n'est pas sa faute ! Aucun remord, aucune contrition !)

Il débute son récit en nous disant qu'il a passé Noël enfermé dans le garage et que ce n'est pas juste. Il finira par remonter le cours des événements pour nous faire vivre les différentes étapes qui l'ont amené … au sommet du sapin... belle étoile rousse sur la cime verte !

Très bon moment de lecture, même quand on a bien plus de 6 ans.

Si d'autres aventures de cette boule de poils passent près de moi, je prends !

 

Voir l'avis de Sharon qui a lu en anglais ! Yes, she can !

 

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 17:15

Sandra bullotLes vingt-cinq vies de Sandra Bullot – Colas Gutman   http://joliscoeurs.j.o.pic.centerblog.net/otwy3n86.gif

 

Sandra Bullot est en seconde K, elle a 16 ans et on pourrait dire qu'elle est une adolescente comme les autres. Enfin presque.

Son père est au chômage et passe son temps à manger des chips. Sa mère est actrice, ou elle le croit. Son petit frère s'appelle Ao ("A pour la première lettre de l'alphabet, O pour son groupe sanguin, en cas d'accident ce sera plus simple"), ben oui, c'est une famille qui cultive l'originalité !

Elle traîne son adolescence entre le lycée où elle ne brille pas, et ses « amies » : Désirée Rathanavana, une tête ! - Sandra pense que sa mère préfèrerait l'avoir pour fille – et Irène Lara, ou Lara Irène, personne ne sait et d'ailleurs tout le monde s'en fiche !

Et puis un jour, elle reçoit un mail d'un dénommé « endive au jambon » avec en pièce jointe, une photo de son meilleur profil : son pied droit ! Qui est ce secret admirateur ? Sandra le connait forcément mais lequel de ces idiots de garçons du lycée peut-il bien être ?

Dans ce roman tonique et souvent hilarant, l'auteurfait un portrait décapant d'une jeune fille qui ne s'aime pas beaucoup et qui traîne son adolescence de vie en vie qu'elle s'invente. Elle passe de la vie de caniche royal à celle de fourmi neurasthénique, ou de pigeon émotif mais faux-cul. Vingt-cinq vies en tout, c'est ce qu'il lui faudra pour arriver à devenir tout simplement Sandra Bullot.

Colas Gutman donne à entendre une langue très imagée, bourrée d'inventions, et toujours très drôle. Son observation des ados est juste et si la vie de Sandra Bullot est légèrement exagérée (!), elle n'est quand même pas si loin de la réalité.

Un très, très bon moment de lecture.


 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 05:32

Le faire ou mourir

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Le faire ou mourir – Claire-Lise Marguier

Quelle claque que ce roman !

Encore une fois je ne regrette pas d'avoir succombé aux billets de  Theoma et de  Bladelor.

Un court roman qui accroche, qui ne lâche plus et qui hante longtemps après.

Un court roman d'une intensité incroyable dans lequel on suit Damien/Dam, 16 ans, coincé dans sa vie d'adolescent et dans sa peau qu'il n'aime pas. Coincé aussi entre le lycée où il est harcelé par une bande de skatters, et sa famille qui passe son temps à l'humilier au profit de sa soeur aînée.

Quand tout devient trop lourd à supporter, la violence monte, mais pas contre ses agresseurs, non, contre lui-même. Et il ne trouve de soulagement que dans les scarifications qu'il s'inflige.

Dam ne se voit aucun avenir, jusqu'à ce qu'il rencontre Samy et sa bande de gothiques qui l'accueillent et l'acceptent tel qu'il est.

Mais cette nouvelle relation va bouleverser Dam au plus haut point.

Dans ce premier roman, Claire-Lise Maguier, excelle dans sa façon de dire l'intime et dans son observation de la douleur de l'adolescence. Elle nous livre celle de Dam dans un texte sans coupure, sans chapitre, comme s'il y avait urgence à dire, comme si les mots ne pouvaient plus s'arrêter. Question de survie.

Acceptation de la différence, mal-être des ados, acceptation de soi, relations parents-enfants,en peu de mots finalement, l'auteur trace un portrait bien sombre de notre société. Mais cette noirceur est portée par une écriture tellement pleine de vie, d'énergie, d'émotions.

Il m'a été difficile de laisser Dam et la fin du roman m'a complètement bouleversée, me laissant longtemps perplexe.

A lire, et à faire lire aux ados qui vous entourent.

Pour découvrir cette jeune auteure qui avoue qu'elle n'aime pas les livres !

 


 

 

 


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