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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 07:37

lesconfessionsdevictoriaplumLes Confessions de Victoria Plum (Taking the Devil's advice)– Anne Fine

 

Oliver Rozen, philosophe, vit aux États-Unis, mais revient en Angleterre pour l'été. Il veut (il doit ?) passer l'été avec ses filles, et va pour cela s'installer dans son ex-maison, avec ses filles et son ex-femme, mais aussi le nouveau mari de cette dernière, leur ex-jardinier. Vous suivez ? La femme, le mari, le jardinier..., non, non, je ne vous parle pas de L'Amant de Lady Chaterley. Nous sommes là dans un roman beaucoup plus drôle.

Oliver Rozen, donc, veut profiter de cet été pour écrire son autobiographie intellectuelle. Oui, parce que rester avec ses filles, ça va un moment. Après tout ce n'est pas lui qui a voulu des enfants...

Dans la maison, il lui faut se trouver un endroit tranquille, un endroit où son esprit supérieur pourra laisser libre cours à la pensée philosophique et à la création. Il choisira la buanderie. Mais afin de mettre son œuvre hors de portée de lecture des habitants de la maisonnée, il cache son manuscrit dans un taie d'oreiller de marque Victoria Plum (d'où le titre français).

De purement intellectuelle, son autobiographie a parfois tendance à s'étoffer de réflexions sur ses seize ans de vie conjugale avec Constance. Mais peu importe, ses écrits sont bien cachés. Ce qu'il ignore en tant que philosophe vivant quasiment uniquement dans les plaisirs de la réflexion et de la pensée, c'est qu'il arrive fréquemment dans une maison de changer les draps ou autre linge de maison et Constance finit par découvrir le manuscrit. Mais elle ne fait pas que le découvrir : elle le lit, elle fulmine à la lecture de tous ces mensonges (selon elle), et ne peut s'empêcher d'apporter sa propre version des choses.

"Elle a encore mis son grain de sel dans mon autobiographie."

Ils vont ainsi s'affronter par l'intermédiaire de feuillets cachés dans une taie d'oreiller . Chacun répondant à l'autre en détaillant les souvenirs de leur vie commune. On apprend ainsi quelle vision ils ont de leur rencontre, de leur mariage, de la naissance des enfants, et de la séparation : pas vraiment la même, vous vous en doutez !

Franchement, on se demande ce qui a pris à ces deux-là de se marier.

Mais qui dit la vérité dans tout ça ? Bien difficile à dire.

La cohabitation estivale ravive les querelles et les désaccords passés, et même si la situation est souvent très tendue entre les ex-époux mais aussi entre les filles et le père, et entre le père et le nouveau mari, ce roman est vraiment très drôle.

Jamais caricaturale, Anne Fine analyse la vie conjugale avec intelligence et un humour acide et elle en fait une critique assez féroce – pour le meilleur et pour le pire, c'est bien ça ?

"J'aimerais qu'on m'explique. Comment se fait-il que, lorsqu'un couple se défait, tout ce que l'on aimait dans la relation disparaisse instantanément comme par magie, alors que toutes les petites choses que l'on détestait secrètement continuent de vous hanter après ?  "

Lu dans le cadre du Mois anglaistea2

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 07:02

 

 Du Domaine des murmuresDu Domaine des Murmures

Carole  Martinez            Coup de coeur

 

Les lycéens ont attribué cette année leur Goncourt à ce roman.

Cette nouvelle a illuminé ce triste lundi gris de novembre et m'a stimulée pour enfin écrire ce petit billet qui attendait parmi tant d'autres que je me penche sur son cas. 

 

Ce roman a largement été chroniqué par de nombreuses blogueuses, je ferai donc court.

 

Esclarmonde est une voix d’outre-tombe. Elle vient raconter sa vie de jeune fille du Moyen-âge, jeune fille qui a osé dire non à son père et à une société qui soumet les femmes aux ordres des hommes. Elle a refusé l’homme que son père lui a choisi et le jour des noces  a préféré se mutiler devant l’autel plutôt que d’être prisonnière du mariage. Quelle modernité !

Elle a préféré s’emmurer, et consacrer sa vie à la prière et à Dieu. Son père a fait construire une minuscule cellule attenante à la chapelle du domaine et renié sa fille pour son acte de rébellion. Mais est-ce seulement pour cela ?

Dans sa minuscule cellule Esclamonde va passer de l’extase au doute, mais sa foi ne faillira pas. Loin d’être isolée du monde, son histoire extraordinaire (que je ne révèlerai pas ici, lisez ce roman !) va la faire devenir une sainte pour ceux du domaine des Murmures et bien au-delà. Pas besoin pour elle de sortir pour voir le monde,  c’est le monde qui vient à elle, en longues files de croyants cherchant conseil et bénédiction.

Après quelques mois de cette vie tournée vers Dieu et vers les autres, son corps la forcera à prendre à nouveau conscience d'elle-même.

Son père ne supportera pas ce qui arrive à sa fille et fuira vers Saint-Jean d’Acre en se joignant aux croisés.

Je me suis laissé prendre par cette histoire extraordinaire, par la langue de Carole Martinez, par ses mots qui font passer de la réalité sinistre d’une époque rude au bonheur de l’extase mystique. Cette langue, si poétique, décrit avec le même talent la barbarie et la béatitude.  C’est de la broderie fine que ce texte-là.

Les personnages sont forts et il est difficile de s’en défaire. Que ce soit le père aimant qui deviendra bourreau, ou Esclamonde qui continuera envers et contre tout de servir Dieu avec ferveur sans pour autant s’aveugler sur la religion.

Un conte, comme un murmure, qui nous entraîne du côté du merveilleux.

 A lire absolument.

 

D'autres billets chez Liliba /Kathel / Sandy / Enna / Miss Alfie et ....


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 14:57

 

 

 

Le Goncourt des lycéens 2011

a été attribué à

Carole Martinez

pour

Du Domaine des murmures.

 

9782070131495

 

Ils sont bien ces jeunes, vous ne trouvez pas ?

 

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:46

Barrage contre le pacifiqueUn Barrage contre le Pacifique – Marguerite Duras

 

Difficile d'écrire sur ce roman. Parce qu'il n'est pas aisé d'avouer qu'on n'aime pas quand il s'agit d'un écrivain reconnu et qui fait référence dans la littérature française. « Est-ce que je vais aimer ? », c'est une question qui m'a traversée pendant toute ma lecture.

En fait, j'avais déjà approché Duras il y a très longtemps avec ses derniers romans, et j'avais osé dire à une fan absolue et intransigeante , que Duras aurait dû arrêter d'écrire des romans et se dédier uniquement à l'écriture de scénario, puisque ce que je venais de lire en était pour moi plus proche que du roman tel que j'avais l'habitude de lire - style très dépouillé, phrases parfois faites d'un mot, sans verbe, personnages pas caractérisés, pas de description. .Bref, j'étais passé pour une inculte, et en plus j'étais ressortie en ayant l'impression d'avoir commis un crime de lèse-majesté !

Vous comprenez pourquoi Un Barrage contre le Pacifique a séjourné des années sur une étagère – je ne sais d'ailleurs pas par quel hasard il s'est retrouvé là. Le voir attendre aussi dans la PAL de Vilvirt m'a donné des ailes, et allez hop ! Je me suis lancée, avec appréhension, mais je me suis lancée.

 

Je connaissais l'histoire, bien sûr.

En Indochine, dans les années 20, une mère et ses deux enfants Joseph, 20 ans et Suzanne, 16 ans, vivent une vie de misère après le décès du père. La mère autrefois institutrice a bien essayé de donner des cours puis elle a travaillé comme pianiste dans un cinéma (l'Eden cinéma). Elle a fait quelques économies qu'elle a totalement investies dans une concession qui ne sera jamais cultivable. Les employés du cadastre auxquels elle n'a pas donné de dessous de table lui ont octroyé une terre chaque année inondée par les eaux du Pacifique. Rien ne pousse, seule la misère s'installe. C'est l'histoire de la lutte de cette mère pour faire sortir quelque chose de cette terre.

Les illusions de la famille se perdent à chaque récolte avortée. Le désespoir s'installe et l'issue ne peut être que tragique. C'est l'histoire de l'échec de la colonisation qui entraîne la destruction d'une famille.

Si la mère s'entête à entretenir la concession, les enfants n'ont qu'une idée en tête, partir. Oui mais comment ?

Joseph n'a aucune éducation, il est violent et passe ses nerfs à la chasse dans la forêt, comme pour éviter d'user de son arme sur ses semblables. Il traficote, passe son temps à réparer une vieille voiture.

Suzanne, elle, attend au bord de la piste, seul lien avec la ville, qu'une voiture s'arrête et l'emmène. Peu importe qui sera au volant. Elle rêve. Mais quand il y en a, les voitures ne font que passer.

Un jour, la famille fait la rencontre de Monsieur Jo, fils d'un homme riche. Sa voiture avec chauffeur et le diamant qu'il porte au doigt le rendent des plus intéressant pour le trio. La mère se met en tête de marier sa fille avec Monsieur Jo, et son obsession va jusqu'à presque lui faire prostituer Suzane. La mère et ses deux enfants usent et abusent de l'attraction que Suzanne exerce sur Monsieur Jo. Il apporte des robes et du maquillage à Suzanne, un nouveau phono pour Joseph. Suzanne va même jusqu'à lui laisser regarder son corps dans la salle-de-bains pour obtenir d'autres faveurs. Les conversations tournent continuellement autour de l'argent, du coût du diamant qu'il finit par offrir à la jeune fille sans pourtant rien demander en échange. Monsieur Jo se fait berner et le sait. La mère tente désespérément de vendre le diamant pour éponger ses dettes, mais le diamant a un défaut , un « crapaud ». Il est invendable et finit par cristalliser toutes les rancœurs des personnages.

La mère sombre peu à peu dans une sorte de folie, sa santé chancelle. Devant l'impossibilité d'améliorer sa situation, elle finit par accepter que son fils parte, ce fils qu'elle aime tant, d'ailleurs au détriment de Suzanne - la jeune fille est souvent soumise à la colère et aux coups de la mère.

La misère altère tout : les relations que la mère devrait avoir avec ses enfants, le rapport des deux jeunes vis-à-vis du monde extérieur. Le monde est pourri, l'administration coloniale est corrompue. Rien ne fonctionne comme il était prévu quand la mère est arrivée dans ce pays. Elle va de désillusion en désillusion. Elle finira par renoncer et n'aura dans son acharnement pas permis à ses enfants de se préparer à affronter le monde.

On ne sait pas vraiment ce que devient Joseph, quant à Suzanne, après le départ de son frère tant aimé, elle finit par se donner à un homme qui ne l'attire que par sa vague ressemblance avec Joseph.

Finalement il m'est difficile de dire si j'ai aimé ou pas cette lecture. J'avoue être restée un peu à l'écart de ces personnages qui n'expriment quasiment rien, si ce n'est de l'indifférence ou de la haine, à défaut de pouvoir dire l'amour.  Surtout Suzanne, elle semble subir, la folie et les crises de sa mère, celles de son frère, elle semble ne rien ressentir.

 Je pense que cette lecture n'est pas tombée au bon moment. En ce moment j'ai l'esprit un peu lent, il me faut des choses légères. J'y reviendrai sans doute, plus tard.

Pardon aux fans de Duras, j'espère cette fois-ci n'avoir blessé personne.

J'espère que Vilvirt a été plus enthousiaste que moi. Billet aussi de Nathalie (Chez Mark et Marcel)

 

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 06:53

 

Juste avant – Fanny SaintenoyCoup de coeur

J'ai des tonnes de romans qui attendent un billet mais celui-ci, je voulais vous en parler tout de suite. C'était simple et évident. Une urgence, quoi !

  

Juste avantEn passant chez Jeneen, j'ai fait une très belle découverte avec ce texte court, trop court (119 p.). 

A priori, rien de bien drôle dans ce petit roman puisqu'il donne la parole alternativement à deux femmes dont l'une est en train de mourir. Mais la plume alerte de Fanny Saintenoy donne à ce moment douloureux un vrai parfum de poésie, elle donne à voir, à entendre plutôt, des récits tout simplement humains où l'humour n'est jamais bien loin.

Fanny, la narratrice, vit des galères dans sa vie sentimentale et matérielle mais tout cela est vite balayé lorsqu'elle se rend auprès de Granny, son arrière-grand-mère mourante. Elle la découvre à l'hôpital, toute ratatinée sous son drap blanc, déjà un peu partie, incapable de communiquer avec l'extérieur. Fanny ne sait pas si Granny, sa vieille pomme, l'entend ou si elle a conscience de sa présence, elle se sent gauche, ne sait quoi faire si ce n'est lui caresser les cheveux. Granny, elle, ne peut pas parler mais elle sent les choses, les présences, fait la différence entre les infirmières et se sent un peu rassurée d'avoir son arrière-petite-fille auprès d'elle. Parce qu'elle sait que c'est la fin et qu'elle a un peu peur.

Chaque chapitre donne la parole à l'une puis à l'autre. Leurs pensées cheminent et petit à petit on découvre le lien étroit entre ces deux-là, les souvenirs de petite fille auprès de cette vieille dame un peu atypique, mais aussi les souvenirs de cette presque centenaire, sa vie d'enfant, de femme et de mère. Elle n'a pas eu une vie facile Granny, mais elle s'en est toujours sortie.

Les dernières heures de Granny-Juliette voient les pensées de l'une et de l'autre se répondre, à défaut de pouvoir utiliser le langage. Les souvenirs se croisent, avec émotion, souvent avec drôlerie.

En nous parlant de mort, Fanny Saintenoy ne nous parle que de vie, et quelle vie ! Elle nous fait traverser le siècle dernier, la douleur de deux guerres, l'évolution de la société, surtout du point de vue des femmes. Jamais elle ne s'apitoie sur son sort cette Juliette, toujours de l'avant !

J'ai vraiment eu un coup de cœur pour ce roman à l'apparente simplicité, écrit tout en délicatesse, et avec beaucoup d'humour. J'ai adoré les passages où Juliette parle de la maison de retraite et de toutes ces « mémés » dont elle se fait des copines seulement pour aller regarder la télé dans leur chambre. Bon, d'accord, elle est un petit peu embêtée quand l'une d'elle meurt, mais on se demande si c'est pour la « mémé » ou pour la télé.

On ressort ému et avec le sourire de cette conversation silencieuse.

Un autre atout de mon point de vue, le soutien de Daniel Pennac dont vous pouvez consulter la lettre qu'il adresse à l'auteur en allant là www. toslog.com/fannysaintenoy.



   

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 07:37

 

Suite-francaise.jpgSuite française - Irène Némirovsky

 

Quatrième de couverture

Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard… Peu à peu l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent…


Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque Français pendant l'Occupation, enrichi de notes et de la correspondance d'Irène Némirovsky, Suite française ressuscite d'une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire.

    -------

J’ai acheté ce roman dès sa sortie en 2004 (son auteure venait d'obtenir le prix Renaudot à titre posthume). En effet, la médiatisation autour de la publication d’un texte écrit en 1940 au moment même où les événements se déroulaient, les circonstances de cette publication et le destin tragique de son auteure (déportée et assassinée à Auschwitz en 1942), m’avaient poussée à m’intéresser à Irène Némirovsky et à cette œuvre en particulier.

J’ai essayé par deux fois de le lire, en vain. L’occasion d’une lecture commune avec Syl. m’a fait penser que cette fois serait la bonne et que comme tout le monde, j’allais être bouleversée par le sujet, et par la plume.

Et voilà, je suis allée presque au bout de cette lecture mais franchement, si ça n’avait pas été pour une LC, j’aurais abandonné une troisième et dernière fois ce roman.  

Il est des rencontres qui ne se feront jamais…


Suite française est construit en deux parties, Tempête en juin qui met en scène différents types de Français lors de l’exode en 1940, et Dolce, qui met en avant le comportement des Français durant l’Occupation.

Tempête en juin : L’armée française est en déroute, la population cherche à fuir l’arrivée des Allemands. Pour certains il faut partir coûte que coûte, pour d’autres il n’y a pas nécessité de tout quitter. On croise toute une galerie de portraits, dont les Péricand, famille bourgeoise, conservatrice, catholique et pas vraiment attachée aux valeurs républicaines. Sûre d’exercer une charité chrétienne à toute épreuve et de faire œuvre de bonté, la mère est constamment condescendante avec ses domestiques. Elle est toute dévotion, tout sacrifice pour son beau-père infirme dont elle s’occupe elle-même car elle est persuadée que « …les vieillards infirment souffrent d’être touchés par les mains des domestiques ».

 Ces domestiques qui ne sont pour elle que des enfants ignares, c’est pourquoi elle leur permet exceptionnellement d’écouter la radio sur le pas de la porte du salon lors de l’annonce de la défaite française. Ou des enfants ingrats. A peine un petit remerciement d’une bonne qu’elle réveille pour lui apporter un remède en pleine nuit parce qu’elle ne pouvait pas le faire avant d’aller au théâtre.

Autre personnage détestable, Gabriel Corte, écrivain riche et capricieux. Egoïste, il ne supporte pas de côtoyer la populace qui le dégoûte. 

La plupart des personnages montrent l’aspect le moins reluisant de l’ être humain. Bassesse, compromission,  lâcheté…un bien triste portrait d’une population qui refuse d’admettre qu’elle n’est plus la meilleure du monde. Seul un couple échappe à cette description peu flatteuse, les Michaud, des gens simples et inquiets pour leur fils qui est au front.

 Même s'il s'agit d'un roman et donc de personnages fictifs, on a bien conscience qu’ils existent ces Péricant et ces Corte, et qu’à cette époque il semblait y avoir bien peu de Michaud.

Et c’est sans doute là que ça m’a posé problème : à aucun moment je n’ai cru à ces personnages. A aucun moment je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, même les Michaud. J’ai eu constamment l’impression d’avoir des caricatures sous les yeux.

Tout le monde s’accorde à dire que ce roman est un chef-d’œuvre, mais je n’arrive vraiment pas à trouver le souffle épique qui traverse ce récit.

J’ai été beaucoup plus intéressée et émue par les notes et les courriers du mari de l'auteure tentant désespérément de savoir où elle est après son arrestation, et comment la faire libérer.

De Dolce je ne dirai rien, je n’ai fait que survoler cette partie, sans que mes yeux ou mon cerveau n’accroche sur quoi que ce soit.

Déception donc, j’aurais tellement voulu aimer.

 

L'avis de Syl. ici

 



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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 07:01

 

 Les Spellman se déchaînentLes Spellman se déchaînent Lisa Lutz

  

Quatrième de couverture

Le grand retour des Spellman, détectives privés de père (et mère) en fille(s). Chez eux, savoir écouter aux portes est un talent inné, crocheter les serrures, une seconde nature, exercer un chantage, une façon très personnelle de mener des négociations. Le tout au nom de l’amour inconditionnel. Après Spellman & Associés , les nouvelles aventures, toujours aussi déjantées et hilarantes, d’Izzy et de la famille la plus cinglée de San Francisco.

 

Famille de foldingues , on ne sait pas qui dans ce volume décroche le pompon de la dinguerie entre le père et ses régimes, la mère et ses intrusions dans la vie de ses enfants, les deux parents et leurs non-vacances, Rae, la plus jeune des filles qui s'accroche à un flic – l'inspecteur Henry Stone - comme une bernique sur son rocher, ou la fille aînée et son incapacité à gérer sa vie. Il n'y a que l'embarras du choix.

 

Donc, dans cette famille de détectives où il est absolument impossible de garder un secret ou d'avoir la moindre vie privée, tout fait l'objet de suspicion. Et pour Izzy l'objet de ses recherches obsessionnelles va devenir son nouveau voisin. Pourquoi ? Elle lui trouve un comportement bizarre, rien de plus, mais c'est suffisant pour déclencher son besoin compulsif d'enquêter. Rien ne l'arrêtera, pas même quand ce charmant voisin deviendra plus proche, vraiment très proche .

 

Malgré son côté fantasque (c'est un euphémisme !) Isabel a de fidèles amis tel Mort Schilling,fringant avocat de 80 printemps, qui la sort de ses problèmes récurrents avec la justice à cause de ses tendances à enquêter hors légalité. Il y a aussi le très – apparemment – normal Henry Stone qui semble servir d'épaule, de béquille, d'oreille, et de norme à toute cette famille incapable de gérer ses conflits ou ses sentiments.

 

Une intrigue un peu plus travaillée dans ce deuxième volume, mais encore une fois, ce n'est pas à proprement parler d'un roman policier. L'intérêt, c'est cette famille de barges et l'évolution des personnages, surtout celui d'Izzy.

Comme dans Spellman et associés, le récit fonctionne en flash-backs et sous forme de journal ou de compte-rendus, mais les personnages n'appartenant pas à la famille gagnent en importance.

Les chapitres, courts, se lisent très rapidement, et j'ai encore souri à cette lecture. Malgré tout je ne sais pas si je continuerai avec les aventures d'Isabel Spellman et sa famille. J'ai l'impression que le style et les intrigues risquent de s'essouffler et de souffrir de répétition. Mais je dois dire que j'aimerais quand même bien savoir comment la relation entre Isabel et Henry Stone va évoluer. Dilemme...

 

Lecture commmune avec Syl.  

 

 

 

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 07:16

les chaussures italiennesLes Chaussures italiennes – Henning MankellCoup de coeur 

 

Fredrik Welin, ancien chirurgien de 66 ans, vit depuis une douzaine d'années dans une maison isolée sur une petite île de la Baltique. Seuls un vieux chien et un chat partagent sa vie de reclus. Il cohabite également avec une fourmilière géante qui prend de plus en plus d'espace dans le salon depuis douze ans . Ce misanthrope, bougon, s'est coupé du monde des autres humains depuis une erreur professionnelle tragique, et ses seules « conversations » se font avec le facteur de l'archipel, volubile et hypocondriaque.

Chaque matin, quel que soit le temps, il va se baigner. L'hiver, il doit creuser un trou dans la glace, mais il a besoin de cela pour se sentir encore vivant, ou pour se punir ?.

Sa vie est parfaitement rythmée, bien organisée, jusqu'au jour où Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée trente-sept ans auparavant, arrive sur son île, avec son déambulateur.

Harriet va changer sa vie. Elle vient exiger de lui qu'il tienne la promesse faite quand ils étaient jeunes, ce qu'il ne peut lui refuser car il se sent coupable de l'avoir abandonnée lâchement. De demande en demande, Harriet va l'amener à renouer avec son passé, avec le monde extérieur et avec son futur. Lui qui pensait mourir sur son île, seul et oublié, se sent regagné par l'envie de vivre et de communiquer.

Harriet et Fredrik vont partir dans une sorte de road-movie, dans une Suède glaciale et enneigée. Fredrik va devoir affronter son passé, ses responsabilités, et accepter de tisser des liens avec autrui. Grâce à Harriet et à d'autres rencontres, il va se reconstruire et redonner du sens à sa vie.

Dis comme cela, on pourrait penser qu'il s'agit d'une histoire sans grand intérêt.

Bien au contraire. Tout dans ce roman est magnifique.

Le pays tout d'abord. On sent sa présence, au même titre qu'un personnage, jamais il ne se fait oublier, que ce soit par les contours de cette île-prison, île-refuge, île-alibi, ...ou par l'importance des lacs qui relient Fredrik à son passé avec son père ou avec Harriet.« Le lac n'était pas grand. L'eau était complètement noire. Sur la rive opposée à celle où nous nous tenions il y avait quelques grands rochers, pour le reste ce n'était que la forêt compacte. Il n'y avait pas à proprement parler de rivage, aucune transition entre l'eau et les arbres. C'était comme si l'eau et et la forêt s'empoignaient mutuellement sans que l'une eut le pouvoir de renverser l'autre. »

Les descriptions de la glace, de la mer ou des brouillards des hivers nordiques mettent en évidence le rapport particulier de proximité, de bien-être mais aussi de respect craintif que les Scandinnaves semblent entretenir avec le climat. Il est un élément incontournable du récit, les personnages doivent l'affronter, ils vivent avec, l'aiment mais le redoutent.

« Je conduisais lentement à cause de la visibilité réduite. J'ai pensé à toutes les fois où je m'étais enfoncé dans une semblable nappe ouatée, près de mon île. Quand le brouillard arrivait de la mer, je posais les rames et je me laissais envelopper par la blancheur. Je l'avais toujours ressentie comme un mélange singulier de sécurité et de menace.- »

Une sorte d'hiver-bulle duquel il est difficile de s'extraire et qui appelle aussi à la lenteur. On prend son temps en Suède, tout du moins chez Mankell, et ça, j'aime.

Chez Mankell il y a aussi les personnages, pas toujours montrés sous leur meilleur jour. Fredrik n'est pas particulièrement attachant, mais l'auteur nous oblige à nous approcher de lui, lentement là encore, par petites touches, et sous la cuirasse, on découvre un homme, simplement, avec ses faiblesses et ses blessures. La première partie du roman n'est rien que le récit des petits gestes du quotidien de Fredrik, de ses activités qui lui donnent l'illusion de vivre encore. Il se contraint dans un espace restreint, son île, et à des tâches répétitives, se demandant comment les années ont pu passer sans qu'il s'en aperçoive. Il contraint son corps aussi, lui faisant subir la morsure du froid, plaisir quasi masochiste.

Quant à Hariett, si au début, on peut ressentir de la compassion, voire de la pitié pour elle, on découvre à travers le récit de sa fille qu'elle n'est pas seulement la victime qu'elle semble être.

Un magnifique roman qui malgré la noirceur apparente du sujet, ne sombre jamais dans la pathos. L'écriture est là pour magnifier toutes les émotions. 

Pas de surprise pourtant, on sait bien comment tout cela va finir. Mais c'est le chemin parcouru pour y arriver qui intéresse Mankell (et le lecteur), et pas le "où ils vont arriver".

Un roman sur la culpabilité, sur la rédemption, mais surtout sur l'amour et la vie.

Et au final, un récit très optimiste où il faut attendre les toutes dernières pages pour comprendre vraiment le titre.

Une vraie belle lecture.

 

Lecture commune avec Asphodèle, Anne (de poche en poche), Anne (des mots et des notes), ValouJeneen (livres d'Eden), Vero 

 


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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 07:26

La-Reine-des-lectices-copie-1.jpegLa Reine des lectrices Alan BennettCoup de coeur

 

Vous saviez, vous, que le bibliobus passait à Buckingham Palace, comme dans n'importe quelle petite ville de province ?

Ce sont les chiens (les fameux corgis), lâchés dans les jardins du palais, la Reine à leur suite, qui lui font découvrir le bibliobus dans une cours intérieure où bien sûr elle n'avait jamais mis ses royaux pieds.

Un peu mal à l'aise devant cette situation imprévue, et plus par correction que par envie - parce qu'elle est super bien élevée - elle prend le premier livre à sa portée et ...c'est le début d'une longue liste d'emprunts.

Dans ce bibliobus, elle rencontre Norman Seakins, employé aux cuisines royales qui va très rapidement devenir son tabellion particulier (il passe donc ses journées à lire pour pouvoir conseiller la Reine).

La Reine commence alors une nouvelle vie de lectrice apparemment difficilement conciliable avec sa fonction, le protocole et son emploi du temps super chargé.

Ses proches ne voient aucun inconvénient à cette nouvelle activité, au contraire, la Reine leur semble plus ouverte, cherchant à discuter et à échanger. Mais il en est bien autrement du Premier Ministre et des autres responsables de la politique du pays.

Depuis qu'elle passe son temps dans les livres, la Reine néglige ses devoirs - les cérémonies sont expédiées, elle-même se néglige (enfin, si on peut appeler se négliger le fait de porter le même ensemble deux fois dans la même quinzaine ! « Elle envisageait à présent avec un certain effroi l’incessante succession des tournées, des voyages officiels et des engagements qui l’attendaient, au cours des années à venir. »

Mais comment empêcher cette nouvelle passion si dérangeante ? Les fourbes ont de l'imagination : ils éloignent Norman et font disparaître des livres (pas toujours avec délicatesse ni discrétion !).

Tout au long du roman on assiste à une véritable métamorphose. Certes Elisabeth II a parcouru le monde entier, elle a rencontré les plus grands , mais elle se rend compte qu'elle n'a pas su apprécier la rencontre avec de grands écrivains. Elle aimerait tellement discuter avec eux maintenant, mais pour certains il est trop tard.

Après un certain temps, lire ne lui suffit plus, elle prend des notes, commence à écrire. Et la métamorphose continue jusqu'au final qui laisse un grand sourire sur les lèvres.

Ce roman est un vrai bonheur.

La situation incongrue ne cesse d'étonner et les péripéties sont jubilatoires.

Pas de lèse-majesté ici, rien qu'une réflexion sympathique sur la lecture.

Il ne m'était jamais venu à l'esprit avant : 1) que la Reine n'avait pas accès à une bibliothèque digne de ce nom dans son palais, 2) que je pouvais avoir autant de points communs avec sa Majesté , 3) que l'acte de lire pouvait mettre un royaume en péril, 4) que j'aurais envie de proposer à Elisabeth II d'ouvrir son blog pour qu'on puisse échanger sur nos lectures, 5) que nous sommes toutes des Reines d'Angleterre....

 

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 07:35

   

De retour en coup de vent, le temps de faire une lessive, de refaire une valise (ben oui, il faut rajouter des pulls, l'hiver est précoce cette année !) et de vous faire ce petit billet sur La Dame en blanc, magnifique roman de W. Collins lu en français, alors qu'il me semble que Céline (le blog bleu) s'est lancée en anglais pour cette lecture commune.

 

 

LLa dame en blanca Dame en blanc William Wilkie Collins

 

Voici ce qu'annonçait la quatrième de couverture des éditions Phebus (collection Libretto):

 

 

« Publié ici en version intégrale, La Dame en blanc fascinait Borges et rendit Dickens ivre de jalousie. Suspense, pièges retors, terreurs intimes et scènes inconvenantes, rien ne manque à ce chef-d'œuvre populaire où des gens irréprochables se livrent, une fois les portes closes, aux pires abjections. Vertus publiques, vices privés ! Rien de tel que la précision toute hitchcockienne des narrateurs pour que le lecteur ne puisse plus dormir... »

 

Comment résister à une telle accroche ! Alors, me direz-vous ?

Et bien, tout est vrai si on se met dans la peau d'un lecteur du 19ème siècle. Parce que pour ce qui est des « scènes inconvenantes » et des « pires abjections » derrière les portes closes, on a vu pire depuis Collins.

Mais si on décide de faire abstraction de cela, comme quand on soupire d'aise en regardant une belle adaptation BBC d'un roman de Jane Austen, je vous assure que la lecture de ces 666 pages passe très rapidement.

Ce roman (à l'origine publié sous forme de feuilleton), raconte l'histoire d'une machination à l'encontre d'une jeune et fragile jeune fille, mais un jeune homme que rien ne destinait à cela, se fera enquêteur pour sauver celle qui fait battre son cœur.

C'est cette enquête - Collins est considéré comme le précurseur des romans d'enquête - que nous allons suivre, découvrant des personnages complexes et une structure narrative qui tient effectivement en haleine.

 

Nous sommes donc dans l'Angleterre victorienne, époque où la fortune, la position sociale et les relations régissent la société. Les femmes n'y ont aucun droit et passent de la coupe de leur père à celle de leur mari.

 

Walter Hartright est un jeune professeur de dessin sans fortune à qui il est proposé de travailler chez M. Fairlie, à Limmeridge House, pour enseigner à ses deux nièces. A la veille de son départ il rencontre une étrange jeune femme tout de blanc vêtue qui lui demande son aide pour fuir un lieu et des personnes qui la terrorisent. Après l'avoir aidée, il comprend qu'elle s'est échappée d'un asile.

Arrivé à Limmeridge House, il fait connaissance de ses élèves, Marian Halcombe – très brune, une silhouette de rêve mais fort laide de visage – et sa demi-soeur Laura, blonde, douce, fragile, bref, la perfection faite femme. Walter est immédiatement sous le charme de Laura, mais également troublé par sa ressemblance avec la jeune femme en blanc rencontrée la veille.

Les journées à Limmeridge House s'organisent autour des leçons et des discussions entre Walter et les deux jeunes filles ; il n'aura guère l'occasion de rencontrer M. Fairlie, grand hypocondriaque qui passe son temps dans sa chambre à se plaindre de ses nerfs.

Au fil des jours, le jeune professeur découvre en Marian une jeune fille forte et totalement dévouée à sa jeune sœur qu'elle a protégée depuis le décès de leur mère. Elle deviendra vite une amie fidèle faisant preuve d'une grande force de caractère. Quant aux sentiments qu'il éprouve pour Laura, il finira par se rendre compte qu'ils sont partagés. Mais si leur différence de classe sociale ne lui permet pas d'envisager un avenir commun, il y a un autre obstacle plus important encore : Laura est fiancée à un baron, Sir Percival.

Petit à petit Walter comprend que Sir Percival n'est pas celui qu'il prétend être et qu'il existe un lien entre lui, Limmeridge House, et la femme en blanc.

C'est là que l'enquête même commence. Walter et Marian vont s'unir pour sauver Laura d'une machination dont l'ampleur les dépasse.

Au cours de leur enquête ils devront affronter Sir Percival bien sûr, mais aussi son grand ami le comte Fosco et sa femme.

 

Comme toujours avec ces romans victoriens, j'ai aimé les descriptions de la campagne anglaise, des mœurs d'une société engluée dans les conventions et l'importance de la correspondance à une époque où la lecture d'une lettre ou la tenue d'un journal pouvait quasiment faire basculer une vie.

La Dame en blanc, c'est cela, mais c'est encore bien plus car l'enquête menée par Walter et Marian tient véritablement en haleine, les rebondissements sont nombreux (certainement dus à la publication sous forme de feuilleton) et la narration polyphonique donne une dimension supplémentaire à l'histoire.

En effet, le récit n'est pas celui d'un narrateur unique, mais comme il est annoncé dès le début, d'une succession de « témoignages », comme si nous avions sous les yeux un rapport d'enquête.

Le lecteur est mis en position de juré ou de juge, personne extérieure qui doit se faire une opinion sur des faits à l'écoute des témoins. Ce qui est nouveau dans ce roman, c'est non seulement ce procédé , mais aussi le fait de donner une forme et un ton différent à chaque « témoignage ».

Ainsi, nous avons affaire à des extraits de journal intime, de lettres, de témoignages de personnages principaux aussi bien que secondaires. Chacun a son style, particulier. Selon qu'un événement sera relaté par tel ou tel personnage, le style changera selon sa personnalité ou son statut social. Un même événement sera donc porté à la connaissance du lecteur sous différents points de vue. Et le lecteur pourra se faire sa propre opinion des événements, quitte à être parfois trompé (manipulé ?) par l'ingéniosité de Collins.

L'intrigue tient ses promesses et le récit est d'un bout à l'autre passionnant.

Parmi les personnages principaux, il y a les « classiques » : Laura, la jeune fille fragile, blonde et belle et qui se sacrifie par sens de l'honneur et de la parole donnée, et Walter le jeune homme énamouré qui est prêt à tout pour sauver sa bien-aimée (qu'il ne connait que depuis quelques semaines !).

D'autres sont plus complexes qu'il n'en ont l'air. Sir Percival est un vrai méchant, dont la fin est à la hauteur de la noirceur de son âme. Malgré tout j'ai ressenti un (tout petit) peu de pitié pour lui quand j'ai compris qu'il était lui aussi manipulé.

Mais les personnages les plus fascinants sont le comte Fosco, cet Italien tout en rondeur, et Marian Halcombe, cette jeune fille passionnée et intrépide quand il s'agit de la vie de sa sœur. Ces deux-là sont les deux faces d'une même médaille. Tous deux sont d'une grande intelligence, et mettent la même énergie à parvenir à leurs fins. Leurs différences se trouvant dans le sens du devoir, et leur conception de l'honnêteté. Fosco tombera sous le charme de Marian en qui il trouvera un adversaire à sa hauteur.

Pour ma part j'ai retrouvé dans ce récit tout ce qui concourt à mon plaisir de lectrice : aventure, sentiments, description quasi entomologique d'une époque que j'adore, tout cela présenté sous une forme narrative variée et très maîtrisée qui rend le lecteur actif tout en le manipulant avec habileté.

De plus, à travers le personnage de Laura, Collins émet une opinion assez moderne pour un homme de son temps, et qui n'est pas pour me déplaire, puisqu'il semble dénoncer la situation des femmes de son époque obligées de se soumettre à l'autorité des hommes.

 

A ce propos, si j'avais une seule réserve à faire sur ce roman – mais peut-être ai-je mal compris – c'est sur le personnage de Marian. Elle est présentée comme l'égale d'un homme en intelligence et en courage, elle fait preuve d'autorité et d'une grande indépendance. D'ailleurs M. Fairlie semble la craindre et se repose entièrement sur elle pour toute décision. Et malgré tout cela, elle fera le choix du sacrifice (comme on entre en religion) pour être au service de sa sœur. Cela ne m'a pas semblé très cohérent. Mais peut-être que le XXIème siècle m'a rattrapée à certains moments.

Oui, c'est certainement cela parce que j'ai eu à plusieurs reprises envie de secouer cette nunuche de Laura et de lui dire d'arrêter ses enfantillages et que si elle était malheureuse, c'était bien de sa faute après tout !

 

 

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