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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 07:38

Ouasmok 2Ouasmok  ? – texte de Sylvain Levey / mise en scène de Anne Contensou / avec Géraldine Martineau et Pierre Moure

Quel beau moment ! 50 minutes, à peine une petite heure pour rencontrer deux personnages. A peine une petite heure pour rire, être ému avec eux et se résoudre difficilement à les quitter.

Le temps de quelques jours, Pierre et Léa vont tout vivre sous nos yeux une rencontre, l'amour, une cérémonie de mariage, un enfant, les disputes, le divorce . Tout cela avec une fraîcheur émouvante et un regard sur le monde que bien des adultes n'ont pas. Et pour cause : Pierre et Léa ont 10 ans !

Cette vie en accéléré c'est pour de faux bien sûr. Un jeu ! A 10 ans on joue à "quand on sera grand" , mais ils le font avec sérieux, sinon ça ne marche pas.

Les deux comédiens (Géraldine Martineau et Pierre Moure) jouent les gamins avec enthousiasme et talent et réussissent réellement à nous faire croire qu'ils ont vraiment 10 ans, sans jamais tomber dans la mièvrerie ou l'excès. On sent leur plaisir à être sur scène et à "jouer" eux aussi. Ouasmok 3

Ils ont la chance de servir au public un texte intelligent qui ne prend pas les jeunes pour des idiots et la langue est belle, drôle, poétique. Un texte qui met à nu la relation amoureuse du début à la fin comme si on avait appuyé sur la touche « accéléré ».

D'ailleurs, dans sa mise en scène, Anne Contensou met en évidence le côté cinématographique du texte. On voit défiler les scènes coupées de fondus au noir et des ralentis sur lumière stroboscopique.

Le dispositif scénique est simple, très sobre. Un échafaudage et un plan incliné tapissé de vieux 45 tours. Pas besoin de plus, on est à l'arrêt de bus, dans la maison de la grand-mère, dans la clocher de l'école... Ouasmok 1

Je ne sais pas si ce très beau spectacle tourne encore , mais si vous le voyez passer, n'hésitez pas (à partir de 8 ans).

Sinon, ruez-vous sur tous les spectacles écrits par Sylvain Levey, je peux vous assurez que vous ne serez pas déçus.

Ouasmok ? (Prix SACD de la pièce jeune public, 2005) publié aux Editions Théâtrales.

A voir et à écouter une petite vidéo où S. Levey fait l'apologie de l'ennui (comme il a raison !) et nous dit qu'"écrire un livre, c'est mettre une emprunte sur le monde"  http://vimeo.com/channels/theatralesjeunesse10ans/32175455".

 

Pour le challenge En scène chez  EimelleCategorieRacine

 

 

 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 19:00

 

la compagnie des spectres afficheLa Compagnie des spectres

d'après le roman de Lydie Salvayre

 

Au théâtre de la Gaité Montparnasse.

Une petite scène.

Une marionnette géante assise dans ce qui semble un petit appartement envahi de meubles et d'objets tous plus bancales et moches les uns que les autres.

Soudain, la marionnette s'anime, le masque et les vêtements tombent et une femme apparaît dans une petite robe à fleurs, style années 40-50. la compagnie des spectres 1

Alors commence un long récit où s'entremêlent les personnages (Louisiane, la fille, la mère qui perd la tête , la grand-mère, Pétain, Darnand et bien d'autres), les époques (aujourd'hui et l'Occupation), l'histoire familiale et l'Histoire.

 Louisiane et sa mère ont une routine bien établie, et vivent quasi recluses. Mais un jour un huissier sonne à la porte et vient faire l'inventaire de ce pauvre appartement.

 Bien malgré lui, il va déclencher une peur panique de la mère qui le prend pour un envoyé du collaborateur Darnand. Louisiane tente d'expliquer la raison du comportement de sa mère et retrace l'histoire familiale, le frère torturé et mort sous les coups, la mère humiliée, les vies brisées.

Cette mère est recluse dans le passé depuis plus de 60 ans, elle a fait de sa fille le réceptacle de sa folie et elles vivent toutes les deux en compagnies des spectres de l'Histoire.

 Dit comme ça, ce n'est pas franchement attrayant, Et pourtant !

 

Je dois avouer que j'ai mis quelques minutes à entrer dans le spectacle, parce que le personnage fait un récit, dans une langue certes fluide et belle, mais comme si elle nous contait une histoire, au passé simple. Mais rapidement, je me suis laissé emporter par cette langue, par le texte et surtout par l'interprétation de Zabou Breitman.

 Elle a adapté le texte de Lydie Salvayre qui n'était pas fait pour le théâtre, l'a mis en scène, et s'est approprié tous les rôles, femmes et hommes.

 Grâce à l'énergie de l'actrice, à la finesse et à la précision de son jeu, jamais nous n'avons été perdus. Nous savions toujours qui parlait et quelle époque était évoquée.

 Je vous l'ai déjà dit, j'aime cette actrice que ce soit au cinéma ou au théâtre. Elle porte ses personnages avec grâce, toujours avec subtilité, et ne force jamais les émotions.

 La mise en scène est parfois surprenante, notamment la scène où à travers une danse avec une marionnette à taille humaine de Pétain, elle fait ressortir le cynisme , la cruauté et l'obscénité de l'époque et de l'homme.

la compagnie des spectres 2

 

Cette pièce sera jouée début mars à Nice me semble-t-il. Peut-être qu'elle passera aussi dans d'autres régions.

Si ce n'est pas le cas, vous pouvez avoir un petit aperçu en écoutant Le grand entretien sur France Inter.  

la compagnie des spectres livre  Pour le challenge En scène chez Eimelle. CategorieRacine

 

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 19:09

 

    Petit clin d'oeil à ma copine Do et à sa robe de 1954... 

 

inventaires afficheInventaires -Philippe Mynyana – mise en scène de Robert Cantarella – avec Judith Magre, Florence Giogetti, Edith Scob et Robert Cantarella


 J'avais dis que je vous reparlerai d'une pièce de théâtre à voir absolument. Par hasard je suis tombée lundi dernier sur France Inter sur une émission qui parlait de cette pièce (« Ouvert la nuit » 28 janvier après 21h). La magnifique et très drôle Judith Magre était l'invitée et je vous engage à l'écouter parler d'Inventaires  ici .

 

Inventaires a été créée il y a 26 ans avec Judith Magre, Florence Giogetti et Edith Scob, et ce sont ces mêmes actrices qui reprennent leur rôle après toutes ces années.

J'ai eu la chance de voir cette pièce en début de saison, en tout début de reprise, et comment vous dire le bonheur que la salle a éprouvé ! Comment vous dire aussi le bonheur palpable que ces actrices avaient à se retrouver ? La complicité entre elles est réelle et les petits loupés, les petits trous de mémoire étaient rattrapés avec brio et tendresse, avec aussi beaucoup d'humour.

Incroyable ce qu'on peut rire pendant ce spectacle, et pourtant il n'y a pas de quoi !

Trois femme participent à un jeu où elles doivent parler d'un objet qui a compté dans leur vie.

Jacqueline a apporté une cuvette, Angèle sa robe de 1954 et Barbara un lampadaire. Ces objets les ont accompagnées durant leur vie, pas toujours facile, et c'est ce qu'elle vont nous raconter à leur manière, toujours avec émotion. Ce qu'elles donnent à entendre est parfois terrible. Jacqueline se donne des airs de femme qui prend la vie à la légère, mais on sent sent bien sa colère d'avoir raté sa vie. Pareil pour Angèle qui aura souffert toute sa vie de manque de reconnaissance.

inventaires2 

La parole leur est donnée par un animateur, Robert Cantarella lui-même ce jour-là, qui va les interrompre souvent, les brusquer, elles qui n'ont jamais été dans la lumière et qui une fois lancées, ne peuvent plus arrêter le flot de paroles et vont faire sortir tout ce qu'elles ont sur le cœur et en mémoire.

Le jeu est cruel, la parole doit passer de plus en plus rapidement de l'une à l'autre, le rythme s'accélère, elles sont bousculées, et elles partent, hébétées, un peu frustrées, avec leur objet, mais nous laissant dépositaires des traces de leurs vies .

La reprise de 2012 met les personnages en scène dans un cadre de jeu télévisé, comme dans une émission de télé-réalité (Minyana était visionnaire en 1987, non ?).

L'animateur manipule ces femmes simples, il les exhibe comme des animaux de foire. Cruel, je vous disais, .. comme le sont ces émissions qui se repaissent de la misère des gens simples, émissions souvent menées avec férocité par un monsieur bien peu loyal.

Heureusement que l'humour est toujours présent, dans le texte et dans le jeu des actrices, et qu'il permet au spectateur de rire et d'évacuer ainsi le trop plein d'émotion et le malaise ressenti devant ces terribles confessions. .

Barbara : On a acheté cette cochonnerie mon époux et moi aux Galeries Lafayette et cette cochonnerie c’est le témoin numéro un de ma déconfiture j’étais plus intelligente que lui il ouvrait le dictionnaire et il me disait ce mot là ça veut dire quoi ? C’étaient des mots compliqués je ne les connaissais pas il disait : tu vois bien que tu es bête… 

Jacqueline : Bonsoir je ne me suis jamais séparée de cette cuvette c’est là que j’ai craché mes poumons et ma vie a changé pourquoi j’ai craché là plutôt qu’ailleurs aux cabinets ou dans l’évier parce que c’est ma cuvette préférée j’y lavais mes légumes une pleine cuvette de sang en pleine nuit en janvier 1957 du jour au lendemain ça n’a plus été comme avant.  

Angèle : Maman je me dis toujours que c’est moi qui l’ai tuée elle avait les nerfs malades et pas toute sa tête alors je vais la voir un dimanche et je lui dis bêtement : ma petite maman qu’est-ce qu’on a déconné toutes les deux on n’a pas su s’aimer et elle elle se met à pleurer et son menton qui se met à trembler et son pauvre nez qui coulait et moi je continuais je ne pouvais plus m’arrêter je lui disais qu’elle nous avait gâché la vie à mes sœurs et à moi . 

Philippe Minyana avait écrit ces trois rôles pour ces comédiennes il y a 26 ans et après les avoir vues sur scène, je n'imagine plus voir Jacqueline, Angèle et Barbara sous d'autres traits.

 

 Pour celles et ceux qui sont sur Paris et qui veulent s'offrir une heure de pur plaisir de texte et de théâtre:

Théâtre de Poche-Montparnasse, www.theatredepoche-montparnasse.com

inventaires livre

PHILIPPE MINYANA
Ecrivain, comédien et directeur d’acteurs, il a écrit depuis 1980 une trentaine de pièces, principalement pour le théâtre, D’une œuvre à l’autre, chaque fois différemment, Philippe Minyana ne cesse de questionner l’écriture dramatique sur ses possibilités de dire le réel. Utilisant un matériau réel (faits divers, interviews), l’auteur a toujours donné la parole aux gens ordinaires, éprouvés par la vie intime, sociale ou politique. Très sensible et perméable au monde qui l’entoure, il a parfois pressenti l’apparition de phénomènes sociaux comme le reality show (Inventaires) ou traité de sujets tabous comme l’inceste (Chambres).

 

1ère participation au challenge En scène !  lancé en 2012 par Bladelor et repris cette année par Eimelle . Je m'inscris dans la catégorie Racine .   CategorieRacine

     

 

   

 

 

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 15:35

 

Chaperon livreLe Petit Chaperon rouge – Texte et mise en scène Joël Pommerat (à partir de 6 ans)

Texte publié aux éditions Actes Sud-papier collection Heyoka Jeunesse

Avec Rodolphe Martin– Isabelle Rivoal – Valérie Vinci

 

 On connaît tous l’histoire du Petit Chaperon rouge, on a tous eu peur à l’approche du loup. On a tous tremblé pour la grand-mère et rit au dialogue entre le loup/grand-mère et le Petit Chaperon rouge «  comme vous avez de grandes dents ! ».

Et bien , tout pareil !!!

Joël Pommerat s’est emparé de cette histoire venue de la tradition orale et l’a adapté pour donner à entendre et à voir un petit bijou de 45 mn. Un vrai moment de grâce !

 Comme dans le conte, il y a le Petit Chaperon rouge, la mère, la grand-mère (que des femmes !) et le loup. Et comme il s'agit d'un conte, il y a un narrateur.

Un narrateur à l'avant-scène, qui nous présente l'histoire, introduit les scènes, bien raide dans son beau costume, et le commentaire parfois ironique, souvent très pince-sans-rire.

Le Petit Chaperon rouge veut absolument sortir mais sa mère, très occupée, si occupée qu'elle a bien peu de temps pour son enfant, ne veut pas qu'elle sorte. Dehors, il y a du danger, de l'inconnu, la forêt en est pleine. Devant l'insistance de l'enfant, elle lui promet de la laisser aller voir sa grand-mère, vous connaissez la suite.

Dans les premières minutes, pas de dialogues, seul le narrateur a la parole. Ensuite les dialogues sont justes magnifiques, ils engendre rire, sourire, émotion, peur.

Joël Pommerat fait de ce conte un vrai régal pour les yeux et les oreilles.

Pas de décors inutiles, il plante une apparente simplicité. La lumière et le son véhiculent les émotions autant que les dialogues. Beaucoup de scènes sont dans une quasi obscurité, seuls les personnages sont éclairés. La forêt dangereuse existe grâce à un jeu de lumière sur le plateau, pas besoin de plus.

Chaperon forêt

La chorégraphie de certaines scènes est un vrai régal. La mère, pieds nus sur demi-pointes, se déplaçant de long en large sur le plateau, au rythme du bruit de talons aiguilles sur du parquet. Pas la peine d'en dire ou d'en montrer plus pour dire la mère pressée, affairée, lointaine.

La mise en garde de la mère sur les dangers de la forêt est brillante lorsqu'elle mime le loup pour effrayer sa fille. Cela commence comme un jeu, comme le "aller, raconte moi encore, fais moi peur !". Elle cède, comme une mère qui raconte pour la ènième fois le passage préféré d'un enfant.  Elle se penche, toujours sur demi-pointes, s'approche de plus en plus vite, et de légère elle devient terrifiante, secouant sa longue chevelure rousse, accompagnée d'un rugissement à vous clouer sur votre fauteuil. Aucun mot n'a été prononcé, juste ces gestes et ce rugissement. J'ai presque eu aussi peur que le petit garçon assis à côté de moi et qui n'en menait vraiment pas large !

mère peur 2 Mère peur

Et que dire du loup, justement ! Il joue avec la petite fille, et on a peur pour elle. Mais une fois qu'il a mangé la grand-mère et qu'il essaie d'attirer le petit chaperon rouge qui résiste, son attitude est un pur bonheur d'humour ! On croirait presque l'entendre soupirer et lever les yeux au ciel tant il n'en peut plus d'attendre !

Chaperon + loup

     

Pommerat n'illustre pas le conte, il le réinvente, tout en étant très fidèle à sa trame.

Psttt ! vous avez remarqué ? Le Petit Chaperon rouge...il n'est pas rouge !

Ils ont bien de la chance les enfants qui découvrent le théâtre avec Joël Pommerat.   

 

 

        4/8 pour le challenge en scène de Bladelor CategorieMusset

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 07:40

Oh Boy afficheOh, Boy !

Adaptation du roman de Marie-Aude Murail par Catherine Verlaguet

Mise en scène de Olivier Letellier

Avec ce soir là Lionel Lingelser

 

J’avais adoré le roman de Marie-Aude Murail qui racontait l’histoire d’une fratrie qui se retrouvait sans parents. Trois gamins placés dans un foyer en attendant de trouver une solution. La solution pouvait venir de Bart, un demi-frère homosexuel et puéril, incapable de prendre sa vie en main, alors celles des autres, vous pensez bien ! Et Josiane, la demi-sœur en mal d’enfant n’était pas mieux.

J’avais hâte de voir l’adaptation théâtrale. Comment faire passer tous ces sentiments, toutes ces aventures en à peine 1h30 et qui plus est avec un seul acteur sur scène ?

Si dans le roman l’histoire des trois jeunes est très touchante et ces trois personnages attachants, le personnage principal est bien Bart, ce grand adulescent qui va devoir accepter de grandir et s’ouvrir aux autres. C’est finalement lui que toute cette histoire bouleverse le plus.

Et c’est là que la mise en scène est habile. Olivier Letellier a pris le parti de ne montrer que le point de vue de Barthélémy. 

Bart est seul en scène. Il est à la fois Bart, son petit ami, Siméon, Morgane, Venise, l’assistante sociale, la juge.

Pour donner vie à tous les personnages, il se sert d’objets : des poupées Barbie, des play-mobil, des petites voitures…

Sur scène une armoire, une petite chaise, trois boîte noires suspendues.

Chacun de ces objets délimite un espace, évoque une personne. L’armoire devient lit d’hôpital, route, cercueil, table… Les boîtes évoquent l’école, le foyer d’accueil, l’appartement et permettent des scènes plus intimes entre Bart et chacun des enfants. La petite chaise nous donne à voir les rencontres avec le médecin ou le bureau de la juge, mais représentent ausi Venise ou Morgane.

Oh Boy armoire Oh Boy chaise Oh Boy Play mobiles

Jamais on ne se perd, entre récit et jeu, tout est clair, tout est vivant.

Avec beaucoup d’humour et d’amour, le personnage de Bart est devenu adulte sous nos yeux en moins d’1h30.

Quel magnifique spectacle ! Intelligent, sensible, drôle, émouvant.

Deux acteurs incarnent en alternance Barthélémy : Lionel Erdogan et Lionel  Lingelser. C’est Lionel Lingelser que j’ai vu. Un jeune acteur qui dégage une énergie incroyable quand il saute sur l’armoire, la porte, la déplace, mais devient délicat et très émouvant quand il manipule les petits objets. Il passe du registre de la tendresse, à l’humour en un clin d’œil. Il est tour à tour énervant, méchant, naïf, charmeur, charmant, et si drôle, parce que l’humour c’est l’arme, la carapace de Barthélémy. Il donne corps à chacun des personnages. Son jeu fait littéralement exister sous nos yeux Siméon et sa douleur sur son lit d’hôpital,  la détresse de Morgane ou le débordement d’amour  de la petite Venise.

Ce spectacle a reçu le Molière du Jeune Public, c’est un titre amplement mérité et je ne peux que vous inciter à vous précipiter au théâtre pour voir Oh, boy !  toujours en tournée.

Je n’ai trouvé que des photos avec Lionel Erdogan, l’acteur qui a créé le personnage, Lionel Lingelser venant tout juste de reprendre le rôle.

3/8 pour le challenge En Scène ! chez Bladelor.

CategorieMusset

 


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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 07:45

 

TaklamakanTaklamakan (Le Désert d'où on ne revient jamais) de Gérald Dumont

Editions Lansman – 2009

 

En 2006 le Théâtre de la Tête noire, scène conventionnée pour les écritures contemporaines (Saran – 45) a passé commande à plusieurs auteurs dans la cadre de « Partir en écriture ». Gérald Dumont a fait partie de l'aventure. Il a traversé la Russie par le transsibérien, puis la Chine entre Pékin et Kashgar. Six semaines de voyage et d'écriture, d'où naîtra la pièce

Taklamakan (Le Désert d'où on ne revient jamais), publiée en 2009. Cette pièce a reçu le prix de l'InédiThéâtre (prix des Lycéens).

 Cette pièce est en fait une fable. Elle nous raconte l'histoire de Damien, la vingtaine, qui vient de gagner une grosse somme d’argent.

Il décide de rejoindre Pékin par le transsibérien, histoire de s’éloigner de ce monde « qu’il n’aime pas »... Il partage son compartiment avec Monsieur Martin, un homme plus âgé, qui communique peu mais se dit être « Monarque du Royaume autonome et nomade de Providence » et qui part rejoindre un village dans le désert du Taklamakan. Ces deux hommes n'ont apparemment rien en commun, mais le voyage va prendre une autre allure pour tous les deux et va transformer leur vie.

 Damien est un personnage surprenant, énervant parfois, mais surtout  attachant. Il ne cesse de parler, à Monsieur Martin, à lui-même. Il filme son voyage, il se filme, témoignant de ce qu'il voit et ressent. C'est une forme de carnet de voyage qui se crée sous nos yeux, et tout en racontant son voyage, Damien se raconte et se dévoile. Taklamakan (Le Désert d'où on ne revient jamais) est l'hstoire d'un parcours initiatique, celui de Damien qui finira par trouver sa place et devenir à son tour un royaume autonome.

Extraits :  

DAMIEN :

Il est venu s’asseoir sur sa couchette, face à moi. Il a regardé dans le vide, comme d’habitude. Il ne m’avait pas encore adressé la parole.

Je n’allais pas m’offusquer. Avant, je m’offusquais.

Plus maintenant. Quand même !

Partager depuis quatre jours le même compartiment sans qu’il m’adresse la parole… quand même ! Pas la parole, rien, nada !

Il écrivait. Ça pour écrire, il écrivait !

Alors, j’ai filmé…

Il parle en filmant

Kilomètre 5200 depuis Moscou.

Cela fait maintenant longtemps que nous longeons une forêt de Berioschka. Ca veut dire « Bouleau » en russe. C’est très beau. Les arbres ont de jolies teintes automnales, comme en Bourgogne à la même saison. C’est un peu comme hier. La forêt, les bouleaux, exactement comme hier, et aussi comme avant-hier, au kilomètre 4000 à Krasnoïarsk… , mais pas pareil.

Il retourne la caméra vers lui.

Parce qu’hier, c’est jamais comme aujourd’hui, et pas pareil que demain.

MARTIN:

Vous êtes toujours comme ça ?

DAMIEN :

Comment « comme ça ? ».

MARTIN :

Con.

DAMIEN:

…Oui.

J’ai dit « oui », comme ça, sans même réfléchir. Faut être con, quand même !

J’ai dit « oui », et il est reparti, dans le couloir, un peu comme un type qui rentre chez SEDICO faire ses courses et qui ressort, satisfait, le panier plein, tranquille !

Je vous jure, j’ai failli pleurer de dégoût, de solitude et de tout d’un tas de bazar que je me trimbale depuis que je suis parti …et même d’avant que je parte.

Il m’avait offusqué. Cela faisait longtemps. Le con .

  -----------

 DAMIEN:

Le paysage défilait : Des chantiers.

Ou plutôt un seul et gigantesque chantier où des hommes et des femmes protégés de foulards semblaient errer dans une poussière opaque.

Martin me regardait.

Ses yeux passaient à travers moi.

J’étais transparent. Il ne voyait que les immeubles, les hangars et les autoroutes en construction.

C’est une sensation étrange. Être rien.

Un jour, j’aimerais raconter ma vie.

J’aimerais que l’on sache qui je suis.

Je voudrais que l’on pense forcément quelque chose de moi.

Je ne demande pas que l’on dise « quel gars bien », ou « quel type formidable ! ».

Je ne veux rien de tout ça.

Je veux juste représenter quelque chose, pour quelqu’un.

Et puis, je voudrais bien que l’on évite de m’écraser la gueule tout le temps.

Parce que c’est comme ça que je la vois, ma vie. Je ne sais jamais d’où ça va venir, mais je finis toujours pas me faire écraser la gueule.

Je demande juste que l’on fasse attention à moi. Voilà. C’est ça. Je voudrais juste que l’on fasse attention à moi.

A l’aéroport, en quittant la France, je me sentais tout seul, tout triste de quitter je ne sais pas quoi d’ailleurs.

Alors, j’ai commencé à feindre un malaise. Comme ça, pour de faux, pour que l’on s’occupe de moi. Je voulais que l’on vienne à moi, que l’on me parle. J’ai commencé à me frotter le front, comme lorsque l’on ne se sent pas bien. Je me suis un peu balancé en faisait « Ho la la ! »

Personne n’a bougé. Personne ne me regardait.

Alors, j’ai laissé tomber. Faut dire que c’était idiot comme idée.

N’empêche, si on venait à moi, alors là, je ferais des choses bien, des choses formidables, juste si on venait à moi.

On me demanderait des choses toutes simples : « Ca va ? Vous aimez quoi, dans la vie ? Parlez-moi d’une de vos passions ? ». J’adorerais parler de moi. Mais vraiment ! Pas comme quand je donne mon avis chez SEDICO sur le fromage en tube ! Non ! On me poserait de vraies questions. Et puis, j’aimerais bien ne pas répondre que « oui, je vais bien », mais parfois « non, ça va pas » et dire pourquoi. Et que l’on m’écoute, et que l’on me prenne au sérieux.

C’est con ce que je dis ! Puis je parle dans le vide !

 

taklamakanaffichewebCréation Janvier 2012

Avec Damien Olivier et Dominique Thomas

Sur scène, un capharnaüm fait de souvenirs de voyages, d'objets qui prendront tour à tour de l'importance et feront marcher l'imaginaire des personnages et du public. Un écran en fond de scène sur lequel sont projetés les « témoignages » de Damien filmés en direct, ou des gros plans de certains des objets entassés dans un coin. On est plus dans l'évocation, l'imaginaire, la poésie, que dans le magazine de voyage. 

De son périple, l'auteur a rapporté des idées, des mots, des sensations, mais il a aussi capté des sons, réutilisés sur scène (bruit de train, de gare). Les seuls sons qui nous rapprochent du réel de Damien sont les musiques rock. On passe ainsi sans cesse du souvenir ou de l'imaginaire, au réel de l'un ou l'autre des personnages. 

Scène

Le texte est magnifiquement porté par les acteurs, et particulièrement par Damien Olivier, qui passe avec bonheur du zébulon survitaminé au pierrot tendre. Il fait littéralement exister ce personnage qui porte sur le monde un regard à la fois désabusé et naïf, qui part au bout du monde sans savoir ce qu'il va y trouver et encore moins ce qu'il est parti y chercher. Ce Damien si drôle et si touchant qui n'est plus le même au bout de ces 9000 km, tout comme le regard que le spectateur porte sur lui. Si son transsibérien fait une halte près de chez vous, n'hésitez surtout pas à aller à sa rencontre.  

CategorieMusset

 A ajouter au challenge En scène ! de Bladelor

 

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 07:40

 

afficheAndré le magnifique - Comédie écrite par Isabelle Candelier, Loïc Houdré, Patrick Ligardes, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz et Rémi De Vos.

Editions Maisonneuve et Larose (1999)


Création à la Maison de la Culture de Bourges en octobre 1997

 

Nouvelle mise en scène de Didier Caron au théâtre Michel à Paris

Avec Didier Caron (André), Didier Constant (Alexis), Jean Fornerof (Norbert), Marie-Hélène Lentini (Janine), Xavier Letourneur (Jean-Pascal Faix)


Alexis, maire de Vigoule est désespéré. Le théâtre de sa petite bourgade du Gers va disparaître. Or, c'est là qu'il a rencontré Janine, sa femme. Pour sauver le théâtre, il décide d'écrire une pièce qui sera jouée par Janine, bien sûr, et, c'est là que son idée est géniale, par un comédien parisien.

Ils sont tous là , le maire, sa femme, Norbert, l'employé municipal qui aura fait les décors (et quels décors !) et qui jouera aussi un ours (et quel ours !), et André, le simplet du village, tout dévoué à Alexis et à la Sainte-Vierge, et qui fera office de gardien de nuit et de souffleur. Du bricolage amateur de bout en bout, mais tout le monde y met du coeur.

vacheIls sont tous là, à attendre LE comédien, qui, ils n'en doutent pas, leur permettra de faire revivre leur théâre.

Seulement rien ne se passera comme ils l'avaient prévu.

Jean-Pascal Faix qu'on devine comédien sur le déclin (pour accepter un rôle écrit par le maire de Vigoule, comment pourrait-il en être autrement ?), prend ses hôtes pour des ploucs, impose rapidement des changements de texte et de mise en scène à son avantage alors que le rôle principal avait été pensé pour Janine.

JP FaixCette même Janine, qui a toujours voulu être comédienne, se prend au jeu de son rôle et au jeu de J.P. Faix. Elle est sous le charme de ce beau parleur, au point qu'Alexis passe de l'enthousiasme de la création à la tristesse de voir lui échapper sa belle.

Rien ne va plus au théâtre de Vigoule, Faix montre sa vraie nature en prenant ce pauvre André en grippe et en prenant un véritable plaisir à l'humilier. Ce sera pourtant André, magnifique, qui sauvera la pièce.

Le texte -loufoque et proche du burlesque - met en jeu l'éternelle opposition Paris/province, et fait la part belle aux bons sentiments, c'est touchant et généreux.

Mais l'intérêt réside plus dans les portraits toujours à la limite de la caricature et pourtant souvent si réels. Et la palme revient à André. Personnage naïf, lunaire, intraverti mais capable de s'insurger contre l'injustice et qui, ô combien drôle et touchant, passe ses soirées très rutualisées, en grandes conversations hilarantes avec la Sante-Vierge.

 

J'avais le souvenir de la mise en scène de Denis Podalydès et du jeu subtil et tonique de Patrick Ligares en Alexis, Jean-Luc Porraz, parfait en comédien parisien, Isabelle Candelier lumineuse et surtout Michel Vuillermoz génialissime dans le rôle d'André.

C'est sans doute pourquoi j'ai été un peu déçue par cette reprise au Théâtre Michel.

Les interpètes sont tous bons (il le faut pour faire croire à l'amateurisme du jeu) mais il y a un je ne sais quoi qui ne fonctionne pas.

La mise en place est longue, très longue et la mise en scène manque cruellement de souffle. Et ce n'est que lors de la première répétition entre le professionnel jouant le Chevalier, et l'amateur jouant la princesse que le déclic se fait. Janine /princesse, tellement émue et stressée dit l'ensemble de ses répliques d'une traite, à la vitesse de la lumière, ne laissant aucune place à son partenaire, sidéré. C'est franchement hilarant, et une véritable performance de la part de la comédienne. Après cette scène, tout part en vrille et le rythme s'accélère, on commence enfin à y croire … un peu.

 

Bladelor, tu acceptes cette pièce dans le challenge ? Si oui, c'est ma première participation au challenge En scène !

CategorieMusset

Si non, j'enlève le lien. J'ai quand même eu plaisir à revoir cette pièce légère et sympathique, et à en parler.

 

 


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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 08:00

 

Coup de coeurIl y a quelques semaines j’ai eu le plaisir d’assister à un magnifique spectacle jeunesse.

 

Livre

 Ah ! Anabelle, d’après le texte de Catherine Anne  écrit pour le jeune public et  publié à L’Ecole des Loisirs – 1995.


Par la Compagnie Grizzli Philibert Tambour ( http://www.theatre-grizzli.fr/index.php)

 

Mise en scène : Christophe SAUVION

Comédiens : Odile BOUVAIS / Nicole TURPIN / Jean-Claude GAUTHIER

 

 

Louis Beaugosse est heureux. C’est le jour de son mariage. Il a rendez-vous chez Anabelle : c’est aujourd’hui qu’il la conduit devant monsieur le Maire.

Anabelle n’est pas là… Mais ses deux sœurs, que Louis ne connaissait pas, oui…

Elles sont laides, vraiment laides, et bizarres, très bizarres.

Louis est paniqué.

Les sœurs d’Anabelle le dévorent des yeux…

Agathe et Anastasie n’aiment pas les prétendants de leur jeune sœur. Tous les précédents ont subi le même sort entre leurs mains…

C’est parce qu’Anabelle a découvert le terrible secret que ses sœurs l’ont enfermée et lui ont donné à boire une fiole mystérieuse.

Pour Agathe et Anastasie, Anabelle n’existe plus. Ce nouveau prétendant se révèle donc bien embarrassant ; il n’y a plus de raison de le faire disparaître.

Pris entre les griffes acérées des deux ogresses, Louis Beaugosse parviendra-t-il à sa quête amoureuse ?

 

Sur scène, on découvre un grand fauteuil, seul élément de décor, utilisé tour à tour comme cage ou comme siège, et des panneaux – sortes de paravents qu’on devine articulés et qui serviront à situer des espaces différents – ils s’ouvriront, se refermeront, enfermeront, libèreront, au gré du récit.

Dès le début, ils servent également d’écran et annoncent, comme sur un écran de cinéma, la situation. Sur un on lit « L’air sent la cannelle », sur un autre « Un carillon retentit ». 

 

L’ambiance est posée, on nous attrape et on nous entraîne chez Murnau ou Fritz Lang.

 

Nombre des éléments de l’expressionnisme allemand y sont : un décor en noir et blanc - des écrans avec cartons qui évoquent le cinéma muet et qui proposent ici et là des jeux d’ombres -  des lumières qui font ressortir l’étrangeté des personnages et l’atmosphère étouffante de ce lieu où les deux ogresses resserrent leur étau autour ce pauvre Louis - un maquillage et un jeu d’acteurs qui forcent les traits, les mimiques et l’expressivité des corps jusqu’à faire basculer les personnages dans le fantastique.

 Ah ! Annabelle - trio

 

  Si les adultes jubilaient de reconnaître toutes ces références, les enfants dans la salle étaient eux aussi aux anges ! Ravis de l’intrigue qui suit la structure traditionnelle du conte, ravis aussi du comique des mots et  des situations. 

 

Anastasie
Vous êtes demeuré ?

Louis
Non, non, j’arrive à l’instant


Dès le début, les dialogues fusent,  le rythme ne laisse pas de répit.

 

ANASTASIE
Vous êtes ?

LOUIS
Beaugosse

ANASTASIE
Beaugosse ?

AGATHE
Lui ?

LOUIS
Oui ! Louis.

LOUIS
Anabelle a des sœurs ! Les sœurs ce serait vous ? Mais... Pas possible... Anabelle est si belle et vous êtes...

AGATHE
Agathe !

ANASTASIE
Anastasie !

 

Les enfants rient à la fois de retrouver les héros des contes populaires qu'ils connaissent bien mais aussi à la  découverte du détournement  qu'en fait Catherine Anne.


Ah ! Annabelle scène

Dans les personnages des ogresses, ils retrouvent  les sœurs de Cendrillon, jalouses de la beauté de la plus jeune – Anabelle, dont nous ne connaissons que ce que Beaugosse en dit, et dont nous ne voyons que la frêle silhouette en ombre chinoise et une paire de chaussures rouges. Ces deux horribles sœurs sont tour à tour Barbe Bleue, et l’ogresse de Hansel et Gretel, tandis que Louis se retrouve dans la position du Petit Chaperon rouge traqué par ces horribles personnages, voire dans le rôle de Hansel et de Gretel.

 

Anastasie
Je vais le faire revenir.

Agathe
Tu crois ?

Anastasie
A feu doux !

Agathe
Oh non !

Anastasie
Avec des oignons coupés en tout petits morceaux, minuscules.

Agathe
Avec une pincée de gingembre

Anastasie
Hum ! Je mangerai sa fesse gauche avec un plaisir !


C’est cruel, mais tellement drôle ! Et comme souvent dans les spectacles jeunesse, les rires des plus jeunes ne se font pas toujours entendre au même moment que celui des adultes, chacun y trouve son compte.

 

Une mise en scène rythmée et dynamique qui tout en restant fidèle au texte apporte un plus en l’ancrant dans une esthétique cinématographique et picturale particulière. Le tout porté par trois acteurs  absolument magnifiques.

 

Un spectacle qui sait intéresser les jeunes et les moins jeunes en faisant appel à l’intelligence de chacun.  C'est jubilatoire. Un vrai coup de coeur pour le texte et pour ce spectacle !

 

La compagnie Grizzli Philibert Tambour est installée en Vendée et ne tourne pas forcément dans votre région, mais si vous êtes de la région Pays-de-Loire, soyez à l’affût de ce petit bijou. Et si vos pas vous mènent vers le festival d’Avignon cet été, vous pourrez les voir tous les jours pendant toute la durée du festival. Ne vous privez pas de ce petit moment  (50 minutes) de bonheur visuel et verbal à partir de 6-7 ans jusqu’à….

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